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En principe, c’est ce matin que le Collectif citoyen pour la restitution et le développement intégré du rail malien (Cocidirail) doit marcher de la bourse du travail à la Primature, pour marquer la journée nationale du rail malien. Si cette marche a lieu, elle pourrait se faire sans Docteur Tiécoura Traoré, Président du Cocidirail. Hier en fin de matinée, une information en provenance de Kayes faisait état de son arrestation par la police de la capitale du rail.

Selon des sources dignes de foi, Docteur Tiécoura Traoré, Président du Cocidirail, a été arrêté, hier, à Kayes par la police. Au cours de son arrestation, Docteur Tiécoura Traoré a été sérieusement molesté. Tiécoura a été licencié par Transrail SA et son dossier est pendant devant la justice. L’élucidation de cette affaire qui oppose depuis des années Tiécoura Traoré à Transrail SA est inscrite en bonne place parmi les revendications du Cocidirail.

Le collectif n’a jamais caché sa volonté d’assister à la réintégration de docteur Tiécoura Traoré dans tous ses droits. Avant son départ pour Kayes, où il a été arrêté par la police malienne, le Président de Cocidarail avait participé à la conférence de presse animée par son organisation, le mardi dernier, à la Bourse du travail. Il y avait annoncé l’organisation de la Journée nationale du rail malien prévu le 7 juin 2008.

Le Cocidirail comptait mobiliser les populations le long des rails lors de cette journée de manifestation.

Le collectif avait notamment appelé les organisations et toute l’opinion publique démocratique à participer massivement à la marche de protestation qu’il entendait organiser, aujourd’hui et qui partira de la Bourse du travail à 10 heures pour aboutir à la Primature. Le Cocidirail avait aussi prévu une conférence-débat à la Bourse du travail.

M. Cheikh Tabouré, secrétaire à l’organisation du Cocidirail et principal animateur de la conférence de presse avait déclaré, mardi dernier : “Après les succès notoires de nos cinq années de lutte et de la caravane, nous restons plus que jamais convaincus que c’est seulement un Cocidirail fort, représentatif et puissamment organisé qui pourra travailler,

pour atteindre ses objectifs, avec succès, à utiliser toutes les formes de luttes légales de masse nécessaires : déclaration, affichage, meeting, marche, protestation, campagne de pétition ou électorale, grèves, ville morte, occupation du rail etc”.

M. Tabouré avait indiqué que la lutte se poursuivra partout pour la réouverture immédiate et inconditionnelle de toutes les gares (en bonne et due forme) et le rétablissement de toutes les lignes intérieures du Mali (Bamako-Koulikoro, Bamako-Kita, Mahina-Kayes), l’augmentation du nombre de voitures pour voyageurs et de places dans les trains et la durée des haltes.

Il avait notamment déclaré : “le pouvoir démissionnaire d’ATT compte mettre en place une société commerciale pour non pas reprendre en mains et re-nationaliser totalement le chemin de fer, mais pour gérer en commerçant subalterne le trafic voyageur inévitablement déficitaire pendant qu’on rackette systématiquement les voyageurs et les cheminots”. M.

Tabouré avait aussi indiqué qu’on leur a annoncé la création d’une société commerciale qui serait chargée de diriger le trafic voyageur à côté de Transrail.

Il avait soutenu que l’Etat s’endette pour équiper Transrail et Vecturis (actionnaires franco-belges) de locomotives et voitures et les laisse tirer le profit maximum du trafic marchandise bénéficiaire à tous égards.

Il avait estimé que c’était « nationalement et socialement inadmissible » ! Ce n’est donc pas surprenant aujourd’hui que le pouvoir ATT qui ne supporte pas la critique en soit conduit à de nouveaux excès. Le Président du Cocidirail vient d’en faire les frais. Et au moment où nous mettions sous presse cette information, il était encore dans les geôles du pouvoir à Kayes.

Baba Dembélé

06 Juin 2008