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Pendant son séjour, nos deux pays ont signé plusieurs accords de partenariats. A savoir : la formation de 500 imams maliens, l’augmentation du nombre de boursiers maliens au Maroc, la reconstruction et la réhabilitation des infrastructures matérielles et immatérielles détruites par les djihadistes…

C’est après un séjour de cinq jours bien rempli, que l’invité d’honneur de l’investiture du président Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK), sa majesté le roi Mohamed VI du Maroc a quitté notre pays le dimanche dernier en début d’après midi. Premier à venir et dernier à partir, son Altesse, lors de cette visite a posé les jalons d’une véritable amitié entre son pays, le Maroc et le Mali.

Cette toute première visite du roi chérifien, dans notre pays, effectuée aux pas de charges, n’a pas été du tout une promenade au jardin d’Éden. Sa teneur et sa symbolique ont donné un coup de pinceau à la vielle et excellente relation entre les deux pays. Le roi Mohamed VI ne sait pas contenter de simple discours, prononcé devant les Chefs d’Etat, de Gouvernements et de Délégations et la marée humaine du stade du 26 mars le 19 septembre dernier. Il a matérialisé tous les engagements pris par la signature d’un protocole d’accord entre nos pays. C’est en période de grandes difficultés qu’on reconnait ses amis.

Au moment où certains pays, pas les moindres fuyaient nos murs dès les premières heures de la crise, le roi Mohamed VI à l’opposé s’est fait le devoir de voler au secours de ses frères maliens. Dès l’entame de la crise au nord, sa Majesté a dépêché à Bamako un cargo rempli de vivres, de vêtements et des médicaments pour soulager la souffrance des déplacés. Parallèlement à cette action humanitaire, il a instruit à la diplomatie marocaine aux Nations Unies de soutenir le Mali dans le vote d’une résolution condamnant les agressions contre notre pays et la prééminence de l’Unité de notre pays, contre la proclamation d’indépendance de l’Azawad prononcée par le MNLA.

Comme un prolongement de ces actions hautement humanitaires, le Roi vient d’ajouter une nouvelle corde à son arc en accordant à nos érudits islamiques, notamment les imams, une formation dans les rites malékite et de la doctrine morale. Il s’agit selon lui de poursuivre la pratique de l’islam fondé sur le juste milieu, qui caractérise la pratique de l’islam au Mali et Maroc. C’est un programme de formation de 500 imams pour un cycle de deux années répétitives. Le programme dont la tracée des contours juridiques ont fait l’objet de signature d’un protocole d’entente signée le week-end dernier entre nos pays s’étendra sur plusieurs années, a promis le Roi. L’objectif est d’éloigner notre pays des ténèbres et de l’obscurantisme entretenus par certains chefs réligieux.

Combattre l’obscurantisme dans l’islam !

Outre la formation des imams, Mohamed VI a proposé ses services dans la reconstruction et la réhabilitation des infrastructures matérielles et immatérielles détruites par les djihadistes dans le septentrion de notre pays. La sollicitude en faveur de nos érudits musulmans est guidée par une seule philosophie. Celle de favoriser l’ouverture au détriment de l’obscurantisme, digne d’une autre époque. Pour le Roi, la singularité culturelle de notre pays est qu’il constitue une composante majeure du patrimoine islamique et de l’identité africaine.

A cet effet, toute action coordonnée internationale qui n’accorderait par l’importance requise à la dimension culturelle serait vouée à l’échec. C’est pour cette raison, que le Royaume entend œuvrer en faveur de la reconstruction matérielle et immatérielle du patrimoine saccagé ou détruit par les envahisseurs, comme ce fut le cas avec les Barbares romains dans la période antique. Pour lui, il est indispensable de réparer les destructions matérielles et de soigner les blessures symboliques, par la réhabilitation des mausolées, la remise en état des manuscrits, leur préservation et la dynamisation de la vie socioculturelle.

Mohamed VI de rappeler que la tradition et la pratique de l’islam, tant au Mali qu’au Maroc, ne font qu’une. Elles se nourrissent des mêmes préceptes du « juste milieu ». Elles se réclament des mêmes valeurs de tolérance et d’ouverture à l’autre et demeurent le fondement du tissu spirituel continu qui a lié nos deux pays. C’est en se fondant sur ce socle culturel commun et conscient des enjeux de sa préservation face à toutes les dérives, que le Maroc a initié cette formation en direction des imams.

Ouvrir des perspectives de développement !

Les actions de son Altesse ne se limitent pas à la seule dimension religieuse. Elles couvrent également les domaines économiques. Il préconise une coopération économique sud-sud, fondée sur le principe de gagnant-gagnant. A cet effet, il s’est engagé à ne rien ménager pour accompagner notre pays à donner un nouveau souffle à notre économie, qui a trop souffert de la crise. Aussi, a t-il invité les investisseurs marocains à s’impliquer davantage dans la promotion des échanges et des investissements entre nos deux pays, favorisant la création des emplois, le transfert des compétences et des capitaux.

Il faut rappeler que le Maroc est très présent dans notre pays à travers plusieurs entreprises œuvrant dans les secteurs bancaires (BDM-SA, BIM-SA et Banque Atlantique), de communication (Sotelma-Malitel). Dans le domaine de la formation universitaire, grâce aux partenariats féconds entre les établissements universitaires privés des deux pays. C’est donc dans le but d’accompagner cette jeune coopération gagnant-gagnant, que sa Majesté a promis d’augmenter le nombre de boursiers maliens au Maroc entrant dans le cadre d’un appui aux divers programmes de développement humain, dont la formation des cadres et des infrastructures de base et de santé. L’installation à Bamako d’un hôpital militaire de campagne à vocation pluridisciplinaire participe de cette initiative royale. Les services qui y sont offerts aux usagers sont accompagnés par une aide médicale et humanitaire d’urgence, a expliqué le Roi, lui-même.

Dans le but de soulager la souffrance des subsahariens vivants dans son pays, Mohamed VI a promis la régularisation de leur situation administrative, notamment les Maliens qui y sont en situation irrégulière. La mesure a été favorablement accueillie par les Autorités maliennes.

Mohamed A. Diakité

Tjikan du 25 Septembre 2013