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A la veille de l’anniversaire de Sa Majesté la reine Elizabeth, fêtée le 17 juin, l’ambassadeur de Grande-Bretagne au Mali, S. E. Nick Griffiths, a bien voulu nous entretenir sur la coopération entre le Mali et le Royaume-Uni et les perspectives qui s’offrent à elle. Tout en
Les Echos : Depuis quand la coopération Mali/Royaume-Uni existe-t-elle et comment se porte-t-elle aujourd’hui ?

Nick Griffiths : Le Royaume-Uni et le Mali entretiennent de bonnes relations depuis l’accession du Mali à l’indépendance. L’ouverture effective d’une ambassade à Bamako nous permettra d’approfondir ces relations fructueuses.


Les Echos :
Quels sont les domaines dans lesquels Bamako et Londres envisagent de collaborer le plus ? Et qu’est-ce qui motive ce ou ces choix ?

N. G. : Nos deux pays échangent des points de vue sur divers aspects des relations internationales et régionales. Bien que le Royaume-Uni ne soit pas un des principaux bailleurs bilatéraux du Mali, nous demeurons cependant un des plus grands contributeurs du budget de l’Union européenne, dont le Mali est l’un des premiers bénéficiaires. Nous partageons le souci du gouvernement de la République du Mali en ce qui concerne la sécurité dans la bande sahélo-sahélienne et nous sommes disposés à soutenir les efforts du Mali dans ce sens.

Les Echos : Faut-il s’attendre à un changement de cap avec l’arrivée du gouvernement Cameron ? Si non quelle est explicitement la politique africaine du gouvernement britanique?

N. G. : Le gouvernement de Sa Majesté souhaite une Afrique d’Etats souverains, épris de paix et déterminés pour s’engager dans des échanges mutuels en vue d’affronter les problèmes communs. Nous ferons notre possible pour soutenir une telle vision.

Le nouveau gouvernement à Londres désirerait une réduction de la pauvreté en Afrique et reste déterminé à honorer ses engagements internationaux comme l’atteinte de l’objectif d’octroyer 0.7 % du PIB à l’aide au développement. Nous encourageons nos autres partenaires à faire de même. Le gouvernement attache beaucoup d’importance aux mesures de prévention des conflits et travaillera activement avec l’Union européenne dans ce domaine. La place de l’Afrique dans le commerce international est cruciale dans la lutte contre la pauvreté. Le gouvernement de Sa Majesté encouragera donc la réduction des barrières commerciales afin que l’Afrique puisse bénéficier de la croissance mondiale.

Les Echos : Dans un contexte de globalisation, la qualité des ressources humaines sera essentielle pour les pays du Sud. Est-ce que le Royaume-Uni peut aider le Mali à rehausser le niveau de la formation et comment ?

N. G. : En tant que nouveau venu sur l’arène diplomatique de Bamako, notre ambassade se consacrera tout d’abord à la connaissance de l’environnement avant d’explorer de manière approfondie des idées qui permettront au Royaume-Uni de s’investir davantage à l’avenir. Ces idées comprennent le sujet des ressources humaines.

Les Echos : Quelle appréciation le diplomate britannique fait-il des cinquante ans d’indépendance de quelques dix-sept pays africains ? Quels conseils pouvez-vous leur prodiguer, en particulier au Mali ?
N. G. : Nous félicitons le peuple malien pour l’atteinte de ce tournant important de l’histoire et nous vous souhaitons une joyeuse fête. Le gouvernement de Sa Majesté espère que le Mali continuera sur la voie tracée depuis son indépendance et à être un modèle de démocratie dans l’intérêt de ses citoyens.

Propos recueillis par

Abdoul M. Thiam

18 Juin 2010