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Alors que les négociations « avancent » à Tripoli en Libye entre les émissaires du gouvernement du Mali et ceux d’Ibrahim Ag Bahanga, la hantise de l’attaque d’un convoi militaire par les rebelles sème la peur à Kidal. Les populations craignent que la ville ne devienne un champ de bataille entre les frères ennemis. Le gouverneur pris de panique a ordonné la fermeture des services de l’Etat ainsi que les banques et les commerces. Cette mesure du chef de l’exécutif a rajouté à la confusion et obligé certains à quitter la ville pour se réfugier dans d’autres localités.

A Tripoli, la délégation du gouvernement malien et celle de la rébellion ont été reçues et entendues séparément par le médiateur libyen et pendant plusieurs jours. « Nous avons bon espoir ce mardi ou mercredi de recevoir pour la première fois, au tour d`une même table, les deux délégations maliennes », a déclaré à l’AFP un diplomate libyen, contacté par téléphone à Tripoli depuis Bamako.

Les négociations ouvertes le 28 mars à Tripoli en Libye entre les émissaires du gouvernement du Mali et ceux du chef rebelle touareg Ibrahim Ag Bahanga « avancent », selon cette source.

Ces nouvelles négociations sont consécutives à l’embrasement de la situation au nord Mali caractérisé par des accrochages entre l’armée malienne et les hommes d’Ibrahim Bahanga qui ont posé des mines antipersonnelles faisant plusieurs morts et blessés. La rébellion a également capturé des éléments de l’armée malienne qui ont été faits otages. Le dialogue ainsi renoué entre le pouvoir de Bamako et les rebelles de l’Alliance Touareg Nord Mali pour le Changement vise à rétablir le calme dans le nord-est du Mali après la reprise hostilités depuis le 13 mars dernier.

Les parties vont-elles s’en tenir au seul cadre de l’Accord de paix d’Alger, signé en juillet 2006, comme le veulent les autorités maliennes ou alors les rebelles vont-ils exiger un accord additif ? C’est la question pour la réponse de laquelle on ne peut qu’attendre la fin de la médiation libyenne.

Selon le diplomate interrogé par l’AFP, c’est la Fondation Kadhafi, présidée par un fils du guide libyen, Seif al-Islam Kadhafi, qui mène “une démarche d’apaisement et de clarification” entre les deux délégations.

Nous avons un schéma précis pour apaiser la situation : obtenir un cessez-le-feu, un arrêt définitif des hostilités, la libération immédiate -surtout- des blessés, et un engagement des deux parties à respecter et appliquer les accords d’Alger”, a expliqué cette même source.

Pendant ce temps, c’est la hantise qui règne sur Kidal où les populations ne vaquent plus à leurs occupations quotidiennes. Selon une source Rfi, le gouverneur de la région de Gao a ordonné le 31 mars, la fermeture des services de l’Etat, des banques et des commerces parce que les rebelles touaregs seraient à 5km de la ville où ils s’apprêteraient à faire barrage à un convoi militaire en provenance de Gao. En effet, comme on peut s’attendre, à la suite de telles informations, les commerçants ont, du coup, plié leurs marchandises et fermé boutiques. Certains habitants auraient abandonné la ville de Kidal.

La nouvelle devient d’autant crédible que Rfi a diffusé le témoignage d’un député de Kidal, Alghabass Ag Intallah joint au téléphone : « Ce matin (31 mars), avant juste peut-être 11h, on a reçu des informations pour dire que le gouverneur a ordonné à tous les services de l’Etat l’instruction d’être fermés. On nous a dit, il y a Ibrahim Ag Bahanga, le chef du groupe armé touareg avec son groupe qui sont à 5 km de la ville de Kidal ».

Aussitôt ces informations distillées auprès des services de l’Etat, des commerçants également ont fermé boutiques, affirme le député, et l’inquiétude a gravement atteint les populations : certains auraient choisi de fuir.

Selon Alghabass Ag Intallah sur Rfi, avec cette décision du gouverneur, les populations qui se sont senties en insécurité ont conclu que l’Etat ne contrôle plus la sécurité de la ville. Certains ont donc choisi de se réfugier dans d’autres localités face à la menace d’une attaque du groupe touareg.

Selon d’autres sources, indique le député, les rebelles attendaient un convoi militaire en provenance de Gao pour l’attaquer. Les populations n’étaient pas concernées.
Malgré le démenti de Rfi au cours du journal du soir, la hantise d’une attaque rebelle plane sur la ville de Kidal.

B.Daou

02 Avril 2008.