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Quels seront les nouveaux visages de l’Assemblée nationale qui sera installée à l’issue des prochaines législatives? Les habitués et autres caciques bien connus à Bagadadji pourront-ils renouveler leur bail quand on sait qu’il y a aujourd’hui une forte dynamique de changement Place de la République? Un vent de chamboulement se fait sentir à partir des primaires. Toute chose qui pourrait conduire vers la mise en place d’une Assemblée nationale monocolore.

En analysant de près ce qui se dessine dans les états-majors à travers les primaires, la constitution des listes de candidatures, la négociation des alliances, on peut parier que la nouvelle Assemblée nationale sera renouvelée à une écrasante majorité. On assistera à un véritable chamboulement de l’échiquier politique à l’Hémicycle.

En principe, c’est le 24 novembre prochain que les électeurs maliens se rendront aux urnes pour le premier tour des élections législatives de sortie de la crise sociopolitique que le Mali a connue depuis l’année dernière.

Selon les positionnements sur les listes, certains ténors du microcosme parlementaire n’auront pas la tâche aisée pour se faire réélire à Bagadadji. Or, il faut faire au moins deux mandats parlementaires pour avoir droit à la pension de retraite en tant qu’ancien député. Et l’expérience a montré que la plupart des anciens députés sombrent souvent dans un dénuement qui n’honore pas la République. Combien de fois les anciens représentants du peuple ayant joui des privilèges de leurs fonctions, se sont retrouvés dans une disette assez traumatisante ? C’est pourquoi la bataille est rude pour s’assurer un nouveau mandat au sein des députés sortants notamment en ce qui concerne les grosses pointures de la législature finissante.

Selon nos informations, les habitués de l’Hémicycle comme Assarid Ag Imbarcaouane, Me Mountaga Tall, Nock Ag Attia seraient confrontés à d’énormes difficultés pour être investis comme candidats à un nouveau mandat. Si on ajoute à cela le fait que des doyens comme Younoussi Touré (élu à Niafunké), Ousmane Ba (élu à Macina) et le jeune Moussa Oumar Diawara dit Bathy (commune I) consentent à ne pas briguer un nouveau mandat, on a là un signe que la physionomie de la nouvelle Assemblée sera bien changée. Sans compter que des honorables comme Lanceni Balla Kéita et d’autres ont été purment éjectés des listes de candidatures dans leurs circonscriptions électorales respectives… Aux dernières nouvelles, Me Mountaga Tall a été positionné comme candidat du CNID à Ségou sur une liste commune avec Dramane Dembélé de l’ADEMA, Barou Soubounou du même parti et dex autres candidats du RPDM de Cheick Modibo Diarra et de Sabati 2012.

Quand l’honorable Kassoum Tapo, actuel 4ème vice-président de l’Hémicycle, est obligé de démissionner de l’ADEMA pour se positionner comme candidat de l’UDD sur la même liste que Sidi Ahmed Diarra, l’un des députés les plus absentéistes de l’histoire du Mali, contraint lui aussi de porter les couleurs de l’ASMA de Soumeylou Boubèye Maïga, et Oumar Bocoum du PSP, il y a là matière à réflexion.

Comme on le voit, le changement intervenu au Mali avec l’arrivée d’IBK aux affaires marquera d’un sceau certain la représentation nationale.

La preuve c’est qu’on assiste à une ruée massive vers le RPM et ses partis alliés de la Coalition le Mali d’abord. On enregistre des vagues de démissions dans plusieurs états-majors au profit du parti des tisserands. Ce qui augure une majorité écrasante en faveur du nouveau président de la République. On peut même craindre la mise en place d’une Assemblée nationale quasiment monocolore où les potentielles voix discordantes seront totalement noyées. Ce qui n’est pas un bon signe pour le confort de la démocratie malienne renaissante.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 11 Octobre 2013