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Sur l’échiquier politique national, les données sont en perpétuel changement en fonction des options mais aussi des intérêts de chaque parti politique. Dans le cadre des perspectives des élections générales de 2012, la configuration du paysage politique va considérablement changer.

Dans cette mouvance, le FDR ne sortira pas intact, surtout lorsqu’on se réfère au fait que les regroupements politiques sont toujours des unions de circonstance. En effet, de plus en plus on se rend compte que les deux partis politiques n’ont pas la même approche stratégique, les mêmes ambitions. Toute chose qui augure de la rupture entre les partis qui composent le FDR.


IBK ET LE RPM

Le parti du tisserand, depuis un bon moment, a pris du recul par rapport à l’animation de la vie politique, en tout cas en tant que parti de l’opposition. Certes, à l’Assemblée Nationale, il se passe souvent des débats au cours desquels chaque élu de la nation est libre de prendre la position de son choix, en fonction, bien entendu, des options du parti dont il relève.

Mais ne faut pas se faire d’illusion, chaque fois que le RPM occupe le devant de la scène politique, c’est toujours à partir des sorties de son président El Hadj Ibrahim Boubacar Kéïta. Il n’y a pas d’ambiguïté que IBK est une figure politique très influente. En témoignent les hauts postes de responsabilité qu’il a successivement assumés pendant plusieurs années.

Ce qui explique combien il est imprégné des problèmes du pays. Au regard de toutes ces considérations, quand IBK fait des sorties, des déclarations, cela focalise l’attention de l’opinion publique nationale. D’ailleurs, lorsqu’on parle d’opposants au Mali sous ATT, on fait surtout allusion à deux personnalités: IBK et Dr Oumar Mariko.


DR MARIKO DU PARTI SADI

Mais, le secrétaire général du parti SADI a une approche tout à fait différente en ce sens qu’il n’a pratiquement jamais été d’accord avec la manière dont les autorités successives ont géré et continuent de gérer les affaires publiques. Pour ainsi dire, Dr Mariko n’est pas un opposant de circonstances.

Envers et contre tout, il faut reconnaître que les principes du secrétaire général du parti SADI sont clairs. L’homme déteste les compromissions et appuie ses efforts sur une stratégie basée sur la défense exclusive des intérêts de ceux qui sont brimés ou dont les intérêts ou droits sont piétinés.

A ce rythme, il faudra simplement attendre que le parti atteigne un stade de maturité pour que Dr Mariko puisse avoir satisfaction par rapport à la gestion des affaires publiques de façon générale.

Certes, ils n’ont pas les mêmes méthodes ni les mêmes approches et stratégies politiques, mais on les prend quand même au sérieux. Cela n’est pas surprenant, lorsqu’on se réfère à leur parcours politique, à leur conviction politique et leur constance dans ce qu’ils entreprennent d’habitude jusqu’ici.

TIEBILE DRAME DU PARENA

Le PARENA est le troisième parti de l’opposition, même s’il n’est un secret pour personne qu’il s’est vu contraint de faire cette option, en raison de l’émergence de certains problèmes auxquels les ténors du parti ont donné une connotation politique.

Depuis la fin des élections générales de 2007 , IBK et Omar Mariko sont tous de l’opposition politique, à l’instar de M. Tiébilé Dramé du PARENA. Ce qui est sûr, c’est que ces trois hommes n’ont pas la même philosophie politique encore moins la même approche. C’est pourquoi ils vont depuis, en rangs dispersés, si bien qu’on a l’impression qu’ils ne se font pas confiance, même dans le cadre de ce qui les unit.


RAPPORTS SADI-RPM-PARENA

A l’Assemblée Nationale, le PARENA est avec le parti SADI et là, ils font de leur mieux dans les débats politiques sur les questions d’intérêt national. Mais au-delà, il n’y a rien de plus. Cela s’explique sans doute par le fait que le parti SADI n’est pas partie prenante au FDR contrairement au PARENA et au RPM. Aujourd’hui, peut-on affirmer que ces deux partis sont en parfaite harmonie?

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils évoluent ensemble dans le cadre du FDR, ce regroupement politique qui, depuis la veille des élections générales de 2007 aura déjà expérimenté beaucoup de stratégies sans succès.

BIENTOT LA RUPTURE ENTRE LE RPM ET LE PARENA

A certains moment, on avait l’impression que leurs relations étaient quelque peu teintées de méfiance. Mais, ils ont été contraints de se retrouver par la force des choses, dans le même regroupement politique. Par rapport aux perspectives politiques, le RPM et le PARENA ne tarderont pas à se séparer.

Cela est prévisible quand on sait que le PARENA apparaît comme un allié naturel de l’Adéma depuis le temps de la CNDP. En effet, avec la détermination de l’Adéma de reconquérir le pouvoir politique en 2012, il serait surprenant que le PARENA ne fasse pas chemin avec lui. En sera-t-il le cas pour le RPM? Cela est moins sûr pour qui connaît les ambitions que certains cadres de ce parti nourrissent également pour les perspectives électorales de 2012.

En tout cas, avec le processus de restitution par des députés au niveau de leurs bases respectives des questions qui ont été débattues à l’Assemblée Nationale, le président du RPM qui était en tournées en commune IV du District de Bamako a fait un certain nombre de déclarations qui témoignent du fait qu’il est loin de se résigner contrairement à ce que certains observateurs de la scène politique croyaient.

Dans ce cas, il faut compter également avec le RPM à l’élection présidentielle de 2012 au cours de laquelle les différentes composantes de la classe politique entendent réaliser l’alternance politique. La question que l’on se pose c’est de savoir quels seront les rapports de forces au moment opportun entre les poids lourds de l’échiquier politique national.

Moussa SOW

13 Mars 2008.