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Le petit matin du 23 mai de l’an 2006, les populations paisibles de Kidal ont été reveillées par les bruits des armes. Les deux camps militaires de la 8 région ont été attaqués par des rebelles pour certains, des bandits armés pour d’autres. Ces attaques sont survenus à la suite des échecs de négociation entre le gouvernement et les responsables des rebelles. Les bandits ont emporté des armes et munitions avec eux et heureusement le camp de Menaka n’a pas connu le même sort grâce à la détermination des hommes de troupe.

IL Y AVAIT UN CHOIX A FAIRE

Après cette attaque, deux options s’offraient aux autorités, engager une offensive armée ou ouvrir les négociations. Après avoir pesé les tenants et les aboutissants de ces deux options, les plus hautes autorités du pays ont opté pour la voie des négociations qui ont duré quelques semaines. C’est l’Algerie qui a abrité les deux parties afin de faliciter la conclusion des négociations.

C’est après qu’est intervenu la signature d’un accord dit “Accord d’Alger pour la restauration de la paix, de la sécurité et du développement dans la région de Kidal”

Précisons que les déserteurs avaient pour principale revendication la large autonomie de la région de Kidal.

A PROPOS DE L’ACCORD

Dans le préambule de l’Accord, les deux parties ont réaffimé leur attachement à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale et elles ont manifesté leur détermination d’aller vers la paix. Le ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales Kafougouna Koné a carrément rejetté toute idée d’autonomie ou de fédéralisme.

C’est dans ce cadre que des mesures sont inscrites dans l’Accord qui prennent en compte le développement de la 8ème région relativement en retard par rapport aux autres localités. Ces mesures sont d’ordre politique, économique et sécuritaire.

Au plan politique, un conseil régional de coordination et de suivi sera crée. Il jouera le rôle traditionnellement dévoué à l’Assemblée régionale dont le président a fui avec les rebelles. Il supervisera les activités de cette chambre qui sera composée des représentants de l’Etat et des déserteurs.

Au plan économique, il est prévu la création d’un fonds spécial d’investissement pour Kidal. Ce fonds servira à mettre en oeuvre les projets de développement.

Au plan sécuritaire des unités spéciales de sécurité composées essentiellement d’éléments issus des régions normades seront mises en place. Ces unités se chargeront de veiller à la sécurité des populations en dehors de la ville. Elles seront rattachées au commandement de la zone militaire.

Après la signature de cet Accord, les partis politiques de la place ont gardé le silence. Les créneaux d’information ont, dans leur grande majorité, émis des reserves sur le contenu de l’Accord. Ils estiment que beaucoup des privilèges ont été accordés aux populations de Kidal.

L’INFORMATION PAR L’ETAT

Le gouvernement a organisé des séances de rencontres avec les différentes composantes de la nation pour leurs expliquer le contenu de l’Accord. Officiellement seule le Rassemblement pour le Mali a dénoncé ledit Accord. Son Bureau politique national, dans une déclaration publique, est longuement intervenu sur ce qui a été conclu entre le gouvernement et les rebelles. Le parti d’emblée désapprouve l’Accord. Le parti indique que ses militants se sauraient soutenir un document qui ne garantit en aucune manière la paix et la quiétude dans notre pays.

Le parti du tisserand estime que l’Accord est “contraire aux principes fondamentaux de la République”. En outre il a décrié les circonstances dans lesquelles le document a été signé. Pour IBK et sa troupe, l’Accord est dangereux pour la stabilité du pays et l’harmonie intercommunautaire, de donner à penser qu’une telle communauté, ou telle région ou ethnie serait plus digne que d’autres de traitements au relent discriminatoire. Ce qui expose ladite communauté elle même à une stigmatisation dangereuse et inutile, poursuit la déclaration.

ILS SONT DEUX PARTIS A DENONCER L’ACCORD

Le parti estime que la reférence au pacte national est totalement inapropriée en la circonstance. “Aucune espèce d’amalgame n’est possible entre les dernières rebellions et la mutinerie du 23 mai. Ceux qui ont pris les armes n’ont ni craint ni hésité à prendre leur responsabilité face à un Etat dont ils savaient la grande faiblesse de l’autorité”.

Le RPM a été rejoint par l’UNPR, donc ils ne sont que deux partis politiques pour le moment à désaprouver l’Accord.

La position du RPM ne surprend plus dans la mesure où ses militants, lors de la commémoration du 5ème anniversaire du parti, ont demandé au prince de hausser désormais le ton, de se demarquer du président de la République.

Cette déclaration du RPM est significative, elle marque une étape décisive dans les relations entre ATT et IBK.

Certainement le RPM continuera dans cette logique surtout que les élections présidentielles prévues en 2007 pointent à l’horizon.

Mamadi TOUNKARA

19 juillet 2006