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Depuis le lendemain des élections générales, l’on ne cesse d’affirmer au sein de l’opinion publique nationale que le Rassemblement Pour le Mali (RPM) sera inéluctablement dans l’opposition. Mais, à la grande surprise des uns et des autres, ce parti est dans une position confuse. Jusque-là de par son attitude il semble que le RPM donne l’impression d’être neutre. Cela peut-il continuer?

Après l’élection du président de l’Assemblée Nationale et la mise en place du bureau de l’institution on ne connaît pas jusqu’à présent, la position du RPM malgré sa sortie récente pour clamer qu’il est dans l’opposition.

QUELLE OPPOSITION POUR LE RPM?

C’est pourquoi déjà on pose la question suivante : le RPM se réclame de quelle opposition ? De part le regroupement FDR dont il est membre, le RPM est supposé être dans l’opposition. Mais en faisant une analyse des réactions des cadres du RPM on constate qu’ils ont pendant longtemps hésité par rapport à la position à adopter.

Et pourtant, depuis plusieurs années, on considère le numéro un de ce parti comme un Kankélétigui. Donc il doit faire ce qu’il dit. Alors pourquoi attendre la réaction des partis PARENA et SADI pour ensuite se prononcer par rapport à la composition du bureau de l’Assemblée Nationale? Se demande-t-on çà et là.

VERSATILITE

Alors qu’au moment de la mise en place de ce bureau, les députés RPM, surtout son président, n’ont pas dénoncé l’absence de ces partis dans le bureau. Aussi, le RPM faisait acte de candidature pour la 6ème vice-présidence dans le bureau et qui a été retenu.

Faut-il rappeler que lors de la légisature passée, les députés RPM avaient refusé d’entrer dans le bureau de l’Institution. Mais pour cette législature, malgré que le compagnon de lutte (PARENA) ait été exclu du bureau comme ils le soulignent le colistier du président du RPM, M. Abdramane Sylla a été dans le bureau comme 6ème vice-président.

REACTION TARDIVE DU RPM

En plus, puisque le RPM ne s’est pas déclaré opposant donc, il ne pouvait prétendre au poste de président de la commission de contrôle. Et c’est ainsi que ce poste est revenu à Mme Mariko Minata Sidibé du PARENA. Alors, pourquoi le RPM ne s’est pas prononcé à temps ? Après la réaction du groupe parlementaire PARENA-SADI, le RPM a-t-il regretté son attitude ?

En tout cas, tout juste après cette réaction de ce groupe parlementaire qui se réclame de l’opposition, le RPM a fait une déclaration pour dénoncer l’exclusion du PARENA et du SADI du bureau de l’Assemblée Nationale et menacer de quitter ce bureau si réparation n’est pas faite.

En plus, lors de ses journées parlementaires en évoquant les relations de son parti avec le pouvoir en place, le président du RPM a souligné que son parti ne sera pas dans le gouvernement. Avant de préciser que leurs relations avec le président ATT et le nouveau Premier ministre vont se traduire par un dialogue franc, transparent et constructif.

UNE CHOSE ET SON CONTRAIRE ?

Mais est-ce qu’il était nécessaire pour le président du RPM de souligner que son parti ne sera pas dans le nouveau gouvernement ? De la manière dont les choses ont évolué, on peut dire sans risque de se tromper que le RPM n’a pas le choix pour adopter cette position. Car, on ne peut avoir en même temps une chose et son contraire.

On est soit dans la mouvance présidence soit dans l’opposition, même si le parti RPM a opté pour une opposition modérée différente du PARENA et du SADI qui se sont déclarés dans une opposition radicale.

Ainsi de par leurs attitudes, les responsables du RPM viennent de commettre une erreur qui peut les décrédibiliser vis-à-vis de leurs alliés et de leurs militants.

Dado CAMARA

03 octobre 2007.