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IBK sera disponible aux prochaines assises du Rpm en janvier 2007 pour être investi candidat à l’élection présidentielle. Lors du meeting de son parti, tenu le samedi sur la pelouse du Stade omnisports, IBK s’est dit trahi par le pouvoir ATT qui lui a dénié le fait majoritaire à l’Assemblée nationale.

Le Mali entre déjà dans la ferveur des pré-campagnes. « Et je vous ai compris ce soir. Le parti ira en assises en janvier 2007 et en ce moment je m’en remettrai à Dieu et je m’en remettrai entre vos mains. Je serai votre homme« , a déclaré le président du Rpm, Ibrahim Boubacar Kéïta, paraphrasant le général De Gaule à Alger.

Par cette déclaration, à la faveur du meeting organisé par le Rassemblement pour le Mali (Rpm), le 9 décembre 2006 sur la pelouse du Stade Omnisports Modibo Kéïta, le président du parti du Tisserand ne laisse plus aucun doute sur sa candidature à la prochaine présidentielle qui se déroulera dans moins d’un semestre.

Cet après-midi au stade Omnisports, avec une tribune noire de monde, en son côté Ouest, on pouvait lire au tableau d’affichage : « le Rpm dit non à la diversion« . L’ensemble instrumental du Mali, d’un côté, et l’orchestre de Abdoulaye Diabaté de l’autre étaient là.

A son arrivée à 16 h, IBK fait le tour de la pelouse au milieu d’une foule de militants. Ce 9 décembre est un jour historique pour le Rpm, où le président du parti Ibrahim Boubacar Kéïta (également président de l’Assemblée nationale) a décidé de rompre le silence qu’il a longtemps gardé sur la question.

Certes, ses compagnons de lutte comme le secrétaire politique, Bakary Koniba Traoré ; le secrétaire général, Bocary Tréta ont maintes fois affirmé la candidature de celui qu’ils ont suivi en claquant la porte de l’Adéma pour créer Alternative 2002 puis le Rpm le 30 juin 2001.

Certes, le Rpm a vu le jour avec plusieurs députés qui ont tous quitté l’Adéma, mais la véritable consécration du parti a eu lieu lors des élections de 2002 où à la présidentielle IBK arrive troisième après le candidat indépendant ATT et celui de l’Adéma, Soumaïla Cissé.

Et surtout aux élections législatives où le Rpm a eu le plus grand nombre de députés. Depuis, les responsables du parti n’ont pas cessé de revendiquer la majorité des suffrages du peuple. Parmi les partis qui devaient départager les candidats au second tour, seul le Rpm avait obtenu les 20 % et il fut d’ailleurs le seul à être remboursé à partir du seuil de 5 %.

Le soutien du Rpm a été déterminant au second tour et les élections législatives n’ont fait que confirmer ce résultat du parti du tisserand. « Nous avons accepté en sa demande d’accorder la victoire au deuxième tour, au pouvoir actuel… Nous avons soutenu un candidat au second tour, le président ATT qui a maintes fois affirmé qu’il respectera le choix du peuple. Nous l’avons remporté mais le discours a changé« .

Selon IBK, le fait majoritaire et la victoire du Rpm ont été noyés par le pouvoir ATT. Le Rpm a été profondément troublé et trahi par le pouvoir qu’il a contribué à asseoir, estime-t-il. Malgré ce reproche de taille, cependant le Rpm n’a pas consenti à rompre tout de suite pour des raisons liées au processus de développement du pays et des relations avec les partenaires au développement.

Cependant « nous nous sommes tellement tus que les partenaires ont déclaré le Mali, un modèle idyllique« . Aussi poursuit IBK, leur propos est tronqué au niveau des médias d’Etat, si la parole ne leur est pas refusée. Ainsi en l’absence de toute notion de média public s’est développé un « système de gestion néo-patrimonialiste par le président ATT« , indique le président du Rpm.

Il a réaffirmé la position du parti sur l’accord d’Alger qu’il rejette. S’agissant de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP), IBK a qualifié certains de ses signataires de ceux qui vont négocier leur propre sort en laissant leur peuple derrière. « Le ridicule ne tue plus, hélas. En tout cas, en tant que parti politique légal, et première force à l’Assemblée nationale, nous assumerons notre responsabilité et notre destin. Votre président ne négociera jamais en votre dos car je ne connais pas la trahison« , a martelé IBK, en présence des représentants d’une vingtaine de partis politiques dont le Parena, l’Adéma, le Rdt, le Mpr, la Sadi, le Morena, le Pudp, le Pari, le PER, l’Us-Rda, le Bdia, la Cds.

Les femmes du parti, dans leur déclaration lue par Néné Assétou, ont accusé le régime en place d’encourager la malversation, le trafic d’influence, le clientélisme, la criminalité, le chômage. « Le pays se dépolitise au nom de l’unanimisme… où les médias publics sont au service exclusif du pouvoir« , selon Assétou Néné.

De son avis, le panier de la ménagère est vide et le dernier rapport du Pnud sur le Mali n’est guère fortuit. L’opération 3 millions de femmes pour IBK qui vise à assurer au président du Rpm 3 millions de voix aux élections à venir permettra de sauver le Mali d’une « descente aux enfers« , estime-t-elle.

Les femmes du Rpm exigent la transparence aux élections et y veilleront comme sur la prunelle de leurs yeux. Selon le président de l’Union des jeunes du Rpm, Moussa Timbiné, par la constitution de la Ceni qui viole tous les textes, le pouvoir a négocié le principe de la non participation du Rpm aux élections. « Cependant nous irons aux élections car notre victoire est certaine et cette fois-ci nous allons la préserver« , affirme-t-il.


Boukary Daou

11 décembre 2006.