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Une menace de démission et de désagrégation plane toujours sur le RPM à Kati, à un moment où de nouveaux éléments se versent dans le dossier. En effet, après que le Secrétaire Général de la sous-section et non moins 1er Adjoint du Maire de Kati, M. Békaye Traoré et ses partisans, aient décidé de partir enfin à la lisière d’un conflit qui dure depuis quatre ans, le Bureau Politique National (BPN) du Rassemblement Pour le Mali (RPM) semble se réveiller de son sommeil.

De nos jours encore, l’avenir ne présage rien de bon pour le RPM. D’où la question : comment cette crise, qui a fini par pourrir les rapports de voisinage dans le lanterneau des Tisserands à Kati, a-t-elle pu se perpétuer dans l’espace et le temps, et cela, durant quatre bonnes années?

Le film de l’évènement

Il était une fois un certain Makan Koné qui réussit la prouesse de transiter dans quatre formations politiques différentes, avant de débarquer dans le giron du RPM à Kati. Et c’est ce transhumant dit “notoire”, épaulé par le Secrétaire Général de la section RPM de Kati, M. Djibril Dicko, et son adjointe, Mme Traoré Oumou Traoré (épouse du vice-président du BPN-RPM, M. Bakary Konimba Traoré), qui pourriraient la vie des militants Tisserands à Kati.

Tout est parti de la constitution des listes de candidature, lors des élections communales de 2004. A l’époque, les militants, entièrement acquis à la cause du sieur Békaye Traoré, se sont vus imposer Makan Koné comme tête de lice de la liste RPM à Kati. Ce dernier en fait les frais, à l’issue des scrutins.

En effet, bien que fortement implanté à Kati, le RPM est sorti de ces élections avec… seulement 3 conseillers sur 27. Une piètre prestation due au mauvais choix de la tête de liste RPM qui n’était autre que Makan Koné.

Ce mauvais choix allait être confirmer, une fois de plus, lors de la constitution du bureau communal de la Mairie de Kati. En effet, tel un orphelin, le RPM s’est vu isolé par les autres partis présents au conseil communal de Kati, au motif que Malan Koné, tête de liste RPM, n’était pas quelqu’un en qui il faut faire confiance.

A l’issue d’âpres discussions, lesdits partis laissent une chance au RPM, à condition qu’on fasse passer Békaye comme tête de proue. Ce qui fut accepté en l’absence d’autres éventualités. C’est ainsi que Békaye Traoré a été désigné comme 1er Adjoint du Maire de Kati.

Face à ce scénario spectaculaire en faveur de Békaye Traoré, le Secrétaire Général de la section, M. Djibril Dicko, prit peur et commença à user de tous les moyens, aidé en cela par l’épouse de Bakary Pionnier, pour rendre la vie infernale à cet homme qui monte en puissance, en termes de popularité.

Dans les coulisses, il aurait affirmé que s’il ne fait rien, Békaye Traoré risque de lui ravir son poste de Secrétaire Général. A croire que des hommes comme lui n’ont aucune notion de démocratie. Cela est d’autant plus vrai qu’ en démocratie, on ne s’impose pas : c’est plutôt les militants qui décident qui choisir, et pour quel poste.

Pour exécuter le dessein du Secrétaire Général de la section et de son adjointe et complice, qui d’autre donc est mieux placé que Makan Koné, celui-là même à qui Békaye Traoré, le vieux Sékou Touré et d’autres ont ouvert la porte du RPM ? Comme dit l’adage, “on n’est mieux trahi que par les siens”. Makan Koné s’adonne avec joie à cette nouvelle trouvaille. A ses commanditaires, il allait démontrer ce qu’il vaut, et ce, à la faveur du renouvellement des structures de base.

En effet, au moment où Békaye Traoré et les siens venaient juste de mettre en place leur 13è comité, une note de la section leur initima l’ordre d’arrêter les renouvellements. Et il y avait de quoi : le protégé de Djibril Dicko et de Oumou Traoré, Makan Koné, avait du mal à placer ses hommes (si toutefois il en a avec lui) dans les nouveaux comités.

Le temps que Békaye Traoré et ses camarades rendent compte de quelque chose, Makan parvint à mettre la main sur les listes de membres des 13 comités renouvelés, falsifia les données, fit croire que c’est lui qui a renouvellé lesdits comités, et par le truchement de ses mentors Djibril Dicko et Oumou Traoré, mit une coordination en place.

Békaye et ses partisans feront alors appel à l’abitrage du BPN du parti. Mais le Secrétaire Général du BPN désapprouve la méthode cavalière de Djibril et Oumou Traoré pour imposer leur protégée à la tête du RPM à Kati. Aussi, un nouveau round est organisé pour mettre en place -cette fois-ci, de façon transparente- le bureau de la sous-section. Mais coup de théâtre : Makan Koné et ses compagnons d’infortune se font inscrire aux grands abonnés absents.

Saisi de nouveau sur la question, Bocar Tréta tranche : “Trouvez une nouvelle date, trouvez un huissier de justice, et en cas d’absence constatée de l’autre clan, mettez en place le bureau de la sous-section”. Mais à ce deuxième round également, Makan et ses partisans étaient toujours absents. Aussi, sous l’oeil vigilant d’un huissier, un bureau de la sous-section, est mis en place, piloté par le 1er adjoint du Maire de Kati, M. Békaye Traoré. Et les documents y afférents sont envoyés au BPN-RPM.

A ce jour encore, le probléme persiste. Et Makan Koné, toujours avec l’aide de Djibril Dicko et de Oumou Traoré, continue de narguer les membres de la sous-section légalement constituée. Comme pour marquer finalement leur ras-le-bol, Békaye Traoré et ses partisans, soit tout le peuple RPM de Kati, menacent de démissionner. Et cela fait près d’un moins qu’en assiste à un ballet médiatico-diplomatique entre Bamako et Kati.

Nancoma Kéïta roulé dans la farine

L’ex-ministre de l’Environnement, Nancouma Keïta, est le premier dépêché à Kati. Après deux semaines de vaines tentatives pour désamorcer la bombe, Nancouma Keïta, à plusieurs reprises roulé dans la farine par Makan Koné, montra ses limites. Le hic, c’est que tout le monde s’accorde à dire que le bureau dirigé par Békaye Traoré est légal. Mais au BPN, personne ne parvient à changer la donne à Kati.

Pendant que Békaye et la quasi totalité des militants RPM s’étaient donnés rendez-vous ce samedi 20 Septembre pour notifier leur démission, et ce, après le report de deux réunions, demandé et obtenu par les médiateurs du BPN, des éléments nouveaux se versent dans le dossier : un médiateur exceptionnel, proche de El Haj Ibrahim Boubacar Keïta et personnalité influente du RPM, s’implique dans la médiation.

Une rencontre de dernière chance avec Ibrahim Boubacar Keïta lui-même est en vue. IBK saura-t-il faire valoir la fermeté en faisant en sorte que force reste à la loi, comme il aime à le dire lui-même? Quelle sera la réaction de Djibril Dicko et de Oumou Traoré, deux personnes qui se croient, dit-on, tout permis au sein du RPM? Le dernier développement de cette affaire nous en édifiera.

Toujours est-il que le RPM n’a pas droit aux mêmes erreurs des communales de 2004, quand on sait que celles de 2009 ont déjà frappé à nos portes. Aussi, wait and see, dirait l’autre.

Adama S. DIALLO

24 Septembre 2008