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La population a fini par déchanter après la promesse du chef de l’Etat, faite il y a deux ans, de bitumer l’axe Safo-Dialakorodji. La route en latérite cause des problèmes de santé publique. Les explications des techniciens pour cacher la vérité sont alambiquées.

« On vient me dire qu’il faut plus d’un milliard pour bitumer les 13 km du Banconi à Safo en passant par Dialakorodji. Moi ATT, je ferai tout pour rechercher ce montant », avait juré Amadou Toumani Touré, président de la République, au lancement de la construction en terre (latérite) de la route Dialakorodji Safo, le 16 avril 2010 à Safo.

Ce propos d’ATT, faisait suite à la demande de la population de voir bitumer le tronçon à travers le slogan « la route est une bonne chose mais le revêtement c’est encore mieux » qu’on pouvait lire sur les pancartes et banderoles déployées ce jour-là.

Pessimiste, à quelques mois de la fin du mandat du président de la République, Amadou Toumani Touré, sans aucune action du bitumage, la population des deux communes concernées (Safo et Dialakorodji) accuse les autorités locales d’avoir négligé le suivi du dossier au ministère de l’Equipement et des Transports.

Mais, selon Mamadou Naman Kéita, chef division d’étude et planification au ministère de l’Equipement et des Transports, cette situation ne découle pas de la négligence des autorités de Dialakorodji et Safo. Il ajoute que le gouvernement a pris des dispositions pour le bitumage.

Des services techniques du MET ont élaboré un document qui est soumis à l’approbation du ministère de l’Economie et des Finances pour le financement du bitumage du tronçon de Banconi en Commune I jusqu’à Nonsonbougou en passant par Dialakorodji et Safo, long de 56 km, dit-il.

Des communes poussiéreuses

Pour lui, si la gestion de la route était communale, cette fois-ci elle est nationale. Une entreprise mauritanienne ou marocaine est prête pour le préfinancement du bitumage de la route Banconi-Dialakorodji-Safo-Nonsonbougou, informe-t-il.

Oumar Guindo, maire de la Commune rurale de Dialakorodji, note que le bitumage du tronçon Banconi, Dialakorodji, Safo, est d’une importance capitale pour plus de 50 000 habitants et qu’il constituera un grand pas pour le développement de ces communes.

Cette route, faut-il le rappeler, avec sa construction en latérite rend la vie très difficile à la population résidant dans les communes qu’elle traverse, à cause de la poussière, notamment, la population riveraine.

Aux dires de Kola Bocoum, médecin au service de division hygiène et assainissement de la direction nationale de la santé, la poussière dégagée par la route provoque des infections respiratoires et augmente la fréquence de crise asthmatique chez les personnes qui en souffrent.

« La latérite contient souvent du fer, qui peut occasionner des complications au niveau de l’appareil respiratoire, sans compter les nombreux parasites que peut contenir la poussière et qui contaminent les aliments », explique-t-il. Il ajoute que les enfants et les veilles personnes sont les couches les plus exposées car, selon lui, les enfants ont des mécanismes de défense moins développés et ceux des veilles personnes sont affaiblis.

Dotigui Niaré

Le 19 Mars 2012