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nio.jpgFinancée sur le 9è Fonds européen de développement (FED), la route a coûté plus de 11,601 milliards de Fcfa, sur une prévision de 13,4 milliards de Fcfa. D’une longueur totale de 93,4 km (96,5 km étaient prévus à la conception du projet), la route Nioro-Diéma met fin au calvaire des voyageurs. L’économie réalisée sur l’enveloppe prévisionnelle (1,8 milliard de Fcfa) a permis de construire d’une part, le pont qui enjambe le cours d’eau qui scinde la ville en deux pour un montant total de 300 millions de Fcfa et d’autre part de constituer un report de 1,5 milliard de Fcfa au bénéfice du projet de route Kati-Kita qui connaît un gap de financement.

La nouvelle route affiche 10 mètres de large : 7m de chaussée, et 2 fois 1,5m d’accotement. Le revêtement de la chaussée est en enduit superficiel bicouche et les accotements en enduit superficiel monocouche. Plusieurs mesures environnementales ont été prises : la plantation de 625 arbres par hectare dans toutes les localités traversées et sur les sites des emprunts de terrassement et des carrières latéritiques, la réalisation de 15 forages productifs équipés de pompes manuelles remis aux populations et la réalisation d’aires de pompage en béton avec des abreuvoirs pour les animaux.

La route neuve désenclave 21 villages, allège les coûts de transport et conférera à Nioro une position centrale lui permettant de communiquer à la fois avec l’intérieur du pays et le reste du monde grâce aux ports de Nouakchott et de Dakar, auxquels elle est reliée par des routes entièrement bitumées. Par ailleurs, la voie aura une influence positive sur le tourisme religieux à destination de Nioro.

Le représentant de l’UE relèvera que la nouvelle route concrétise la construction du corridor Bamako-Nouakchott, une alternative réelle au corridor Bamako-Dakar, en voie de saturation. Elle constitue également une opportunité tant pour notre pays que pour le voisin mauritanien. « Les contraintes de surcharge de la route et du port de Dakar pourraient être vues comme une opportunité par les autorités mauritaniennes pour développer le transit, via leur territoire et installations portuaires. Nioro ne manquerait pas d’en tirer également avantage« , a t-il analysé.

Franco Tranquilli a insisté sur l’entretien de la route et le strict respect du Code de la route. « Cette route et les ouvrages associés représentent des investissements très lourds, rendus possibles grâce à la coopération entre l’UE et le Mali. Les accords de financement établis à cet effet indiquent des engagements de part et d’autre. Je voudrai saisir l’occasion pour attirer l’attention du gouvernement du Mali, sur la nécessité du respect de la réglementation sur les charges à l’essieu des gros porteurs. Des investissements conséquents ont été consentis pour l’installation de système de contrôle, mais à ce jour, ce système n’est pas encore opérationnel« , a-t-il regretté.

Déjà, les surcharges ont fait des dégâts sur la route Kayes-Diéma après seulement deux ans de service, a déploré Franco Tranquilli.

Abondant dans le même sens, le président Amadou Toumani Touré a invité les usagers au strict respect du Code de la route.

C’est très heureux que le maire de Nioro, Abba Sylla, a adressé au chef de l’État les remerciements de tous les Niorois : « En novembre 2004 dans mon discours de bienvenue je disais que faire des éloges gratuitement n’est pas conforme à notre éducation et à notre éthique. Au nom de ces mêmes valeurs nous avons obligation de reconnaître et de vous remercier pour tout ce que, vous et votre gouvernement, avez fait pour les populations de Nioro. C’est du concret« .

Source : A.O. DIALLO, O. DIOP/Essor

29 mars 07