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De George Washington à John Kennedy en passant par Théodore Roosevelt, les présidents successifs des Etats-Unis ont toujours été animés par une volonté de grande puissance sous-tendue par une idéologie de domination hégémonique à l’échelle planétaire.

Ainsi, jusqu’aux attentats de septembre 2001, à défaut d’être invincibles, les Américains se croyaient invulnérables jusqu’au talon.

Les récents ravages causés par le cyclone Katrina principalement à la Nouvelle Orléans ont montré la vanité de la grandeur du peuple américain et l’inanité de l’orgueil de ses dirigeants.

Aujourd’hui, l’oncle Sam est meurtri jusque dans ses fondements que sont la démocratie et la liberté. Ce peuple vient d’avoir un réveil difficile en se rendant brutalement compte qu’on peut venir à bout des hommes mais pas de la nature.

Depuis l’humiliation subie au Vietnam et leur échec en Somalie, ils auraient dû se rendre compte que l’histoire est un éternel recommencement.

Il fut un temps où les Espagnols se croyaient à l’abri de toute surprise parce qu’ils écumaient les mers et les océans.

Mais au temps de la reine Victoria, la flotte anglaise sous le commandement de Sir Francis Drake, anéantit au cours d’une bataille navale mémorable les galions espagnols et ce fut la fin de « l’invincible armada ».

La civilisation commença, à proprement parler, par la Grèce qui fut dominée à son tour par les Romains. Ceux-ci forgèrent un vaste empire qui s’étendait de l’orient à l’occident mais les rivalités légendaires entre Pompée et César, Marius et Scylla, Octave et Antoine entraînèrent le déclin de ce vaste conglomérat d’hommes et de femmes assujettis aux bottes des généraux.

Autant dire que la terre tourne et le monde avec. Et si la Chine de Mao Zedong était la première puissance du 22ème siècle ? Car d’aucuns annoncent déjà le déclin de l’Amérique.

Certes, ne faut-il pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir mis par terre. Le gigantisme américain a, sans doute, encore de longs jours devant lui.

Bâti à la force du billet vert, l’impérialisme, stade suprême du capitalisme, selon la version léniniste, continuera d’être le seul gendarme du monde.

Appliquant par-ci et par-là la politique des deux poids deux mesures dans la résolution des conflits mondiaux au nom des « alliances stratégiques » et de la préservation des « intérêts vitaux » de l’Amérique.

Notamment en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien, terreau fertile au terrorisme que les dirigeants américains prétendent combattre.

Or, c’est d’une solution juste et équitable du problème palestinien que viendra le salut du peuple américain. C’est le seul conflit dans le monde qui dure depuis une éternité.

Mais, à défaut de prendre le taureau par les cornes en poussant les Juifs à abandonner les terres arabes au nom de l’idéologie désuète du « Grand Israël » (Eretz Israël) inspirée de la tradition biblique, l’Amérique ne fait que creuser davantage le nid du terrorisme.

Certes personne ne rit du sort du peuple américain en voyant ces centaines de cadavres qui jonchent le sol de la Nouvelle Orléans mais le groupe Al Qaïda et tous ces mollahs réunis en de sempiternelles prières dans les mosquées croiront quelque part à la main de Dieu.

La malédiction des mollahs frapperait-elle les Etats-Unis ? Face au désordre et à l’iniquité qui règnent actuellement dans le monde, ils ne sont pas rares aujourd’hui, ceux qui souhaitent que Dieu frappe un grand coup à l’exemple de Sodome et Gomorrhe.

Les condamnations ne suffisant plus, place aux malédictions, voire aux fatwa pour débarrasser la terre de toutes ses impuretés en vue de l’instauration d’un nouvel ordre mondial plus juste et plus humain.

Après le « tsunami » asiatique, avec « Katrina » on peut dire que l’oncle Sam a déjà eu sa dose d’avertissement. Mais les dirigeants américains l’entendront-ils de cette oreille ?

Peu sûr car après avoir, dans un premier temps, refusé l’aide internationale, George Walker Bush vient de recevoir des cadeaux empoisonnés de la part de son ennemi héréditaire … Fidel Castro.

Qui lui a envoyé plus de mille médecins pour soigner les naufragés de la Louisiane. Pour le Lider Maximo, en effet, l’internationalisme prolétarien n’est pas un vain mot même s’agissant de l’impérialisme américain.

« L’impérialisme nous donne la corde avec laquelle nous devons les pendre » avait dit Lénine. Si Castro a consommé toutes les leçons du communisme depuis la chute de la dictature de Batista, en est-il de même sur les rives du Potomac ?

Alors question à mille sous au peuple américain et à ses dirigeants : qui a réalisé le film « Apocalypse now ? ».

Mamadou Lamine DOUMBIA

08 septembre 2005.