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Le président zimbabwéen Robert Mugabe a promulgué mercredi la nouvelle Constitution du pays, ouvrant la voie à l’organisation d’élections devant mettre un terme à l’inconfortable cohabitation qui l’associe à son principal opposant, le Premier ministre Morgan Tsvangirai. Le texte d’inspiration libérale, qui a désormais force de loi, avait été massivement approuvé par les électeurs lors d’un référendum le 19 mars, avant d’être entériné par le Parlement début mai. La nouvelle loi fondamentale introduit plus de démocratie sur le papier dans ce pays d’Afrique australe que dirige Robert Mugabe depuis l’indépendance il y a 33 ans. La Constitution réduit les pouvoirs du président mais n’empêche pas M. Mugabe d’être à nouveau candidat. Elle supprime parallèlement le poste du Premier ministre, qui faisait office de contre-pouvoir depuis 2009, mais renforce les pouvoirs du Parlement. Elle doit aussi protéger les Zimbabwéens contre toute forme de violence et de torture et garantir la liberté d’expression. Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai cohabitent tant bien que mal depuis 2009 au sein d’un gouvernement d’union nationale. Ce cabinet avait été formé sous la pression diplomatique, pour éviter une guerre civile après la sanglante campagne électorale de 2008. Des élections doivent cette année mettre fin à cette alliance contre nature. M. Mugabe veut qu’elles aient lieu dès que possible –il a parlé du 29 juin–, mais M. Tsvangirai exige que soient au préalable adoptées plusieurs réformes essentielles, notamment en matière de liberté de la presse. AFP.