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C’est pour vérifier que le riz exonéré de taxes à l’importation est vendu au prix convenu avec les commerçant qu’une mission de contrôle du ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce était vendredi sur le terrain.

La délégation était conduite par le secrétaire général du département, Mamadou Traoré et comprenait le président de l’Association des commerçants détaillants Hama Cissé et les membres de la commission de surveillance de la mesure des exonérations dont Mme Cissouma Aïda Koné, inspecteur des services économiques. Des syndicats et associations de consommateurs étaient représentés.

Rappelons que c’est le 14 mars dernier que le gouvernement à travers un communiqué annonçait que suite à des concertations avec les partenaires sociaux, il avait décidé d’accorder des exonérations aux opérateurs économiques pour l’importation de riz.

La mesure est entrée en vigueur à compter du 1er avril et sera valable jusqu’au 30 septembre prochain. C’est ainsi que plusieurs opérateurs économiques à travers un cahier de charges se sont engagés à importer du riz pour le mettre à la disposition des commerçants détaillants à raison de 300 000 F CFA la tonne, soit 300 F CFA le kilogramme.

Ainsi, les Grands greniers du bonheur, le GDCM, la société Djigué S. A et les établissements Kouma et Frères ont mis, chacun, 1000 tonnes de riz à la disposition des commerçants détaillants. Ceux-ci se sont engagés à vendre le riz au détail à 310 Fcfa le kilogramme. Ce prix cadre avec le prix plafond fixé par le gouvernement dans le contrat signé avec les opérateurs économiques bénéficiaires de la mesure d’exonération.

Avant de se rendre sur certains marchés de la capitale, la délégation a fait un petit briefing au cours duquel les représentants de la Chambre de commerce et d’industrie avec à leur tête Hama Cissé, vice-président du CCIM, se sont plaints d’un contrôle de terrain effectué par les agents de la direction régionale du Commerce et de la Concurrence.

Ils ont estimé que cette visite n’aurait pas dû se faire sans leur implication.

« Les commerçants ont eu peur. Ils pensaient qu’il s’agissait des agents des affaires économiques« , a indiqué Hama Cissé.

En réponse, le directeur national du Commerce et de la concurrence Mahamane Assoumane Touré a expliqué que les visites sur les terrain de ses agents ont pour but de veiller à la bonne application des mesures prises concernant le riz exonéré. Ce qui entre dans leurs prérogatives.

Après ces mises au point, la délégation s’est rendue sur terrain. Elle a visité plusieurs magasins au marché Dibida, à Bagadadji, au Banconi Laïbougou. Partout, le constat a été le même. Les prix sont affichés devant les boutiques comme le prévoit le cahier de charge et leur niveau est conforme à celui retenu pour riz exonéré : 310 F CFA le kg et 31000 F CFA le sac de 100 kg.

Tout va donc bien au niveau des prix. Le problème est ailleurs. En effet, les commerçants qui vendent le riz exonéré se plaignent de la mévente du riz mis à disposition par la société GDCM.

« Les clients n’apprécient pas la qualité de ce riz. Ils préfèrent acheter le riz plus cher, mais de meilleure qualité« , a témoigné Alou Sidibé, vendeur au marché Dibida.
Autre témoignage.

Il est celui de Mariam Cissé, ménagère au Banconi : « Moi, j’achète 10 kg de riz tous les jours. Cette qualité proposée par GDCM n’est pas du tout bonne. Le riz gagne considérablement en volume après la cuisson. Mais le goût n’est pas bon. Et ce n’est pas mangeable avec la sauce à base de pâte d’arachide ».

Le chef de cabinet du ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce, Amadou Daouda Diallo a félicité les détaillants pour le respect des mesures édictées dans le cahier de charges.

Concernant la qualité du riz de GDCM, il a promis que des dispositions seraient prises pour corriger cette insuffisance au fur et à mesure que la situation du riz s’améliorera sur le marché international.

Doussou DJIRÉ

20 Mai 2008