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Dans les Communes I, II, III et IV que nous avons sillonnées, le constat était le même : ouverture des bureaux de vote à 8 heures ; mise en place effective du matériel et des documents électoraux ; installation des assesseurs et délégués des partis politiques et candidats indépendants dans les bureaux. Cependant, l’affluence était très timide dans les centres de vote de 8 h jusqu’en milieu de journée. Les files d’attentes étaient quasi inexistantes devant les bureaux de vote et les électeurs venaient au compte-gouttes. Ce qui fait dire à certaines personnes que le taux de participation du 1er tour de ces élections législatives va être beaucoup plus bas que celui de la présidentielle.

LA LISTE DES CARTES DISPARUES :

Le centre de l’école fondamentale de Boulkassoumbougou est le plus grand de la Commune I avec ses 48 bureaux de vote. Tous ont ouvert leurs portes à 8 heures sous l’œil vigilant des agents de sécurité. « Tout se passe dans le calme. Les assesseurs absents ont été vite remplacés. À part çà, aucune autre anomalie n’a été constatée« , a déclaré le coordinateur du centre, Ousmane Koné.

Au bureau 28, tout le matériel électoral était en place ainsi que les assesseurs et les délégués des partis politiques et candidats indépendants. Sauf qu’encore à 8 heures et demie, aucun électeur ne s’était présenté dans ce bureau. Les électeurs n’étaient pas encore venus, mais la cour de l’école était tout de même investie par les délégués des candidats qui cherchaient à regagner leurs bureaux. Tout se passait dans un tohu-bohu indescriptible.

A l’école fondamentale de Djélibougou, le constat était le même qu’à Boulkassoumbougou. Ce centre de 35 bureaux de vote n’avait pas encore accueilli grand monde à 8 h 45. Seulement quatre personnes avaient voté dans le bureau 73. Par contre aucun électeur ne s’était encore acquitté de son devoir de citoyen dans les bureaux 49 et 56. Il y a 15 centres de vote en Commune I qui compte 155 873 électeurs et seulement 51 640 cartes avaient été enlevées lors de la présidentielle.

Les autorités municipales avaient publié à la veille du scrutin la liste des 348 cartes qui ont disparu à Djoumanzana et les 336 autres du Banconi-Plateau.
C’est à l’école de l’ancienne base aérienne de Bamako que le président de la République et son épouse ont accompli leur devoir civique. Il était 10 h 30 quand Amadou Toumani Touré glissait son bulletin dans l’urne du bureau 167 où il n’y avait que 13 électeurs qui avaient voté.

L’épouse du chef de l’État Mme Touré Lobbo Traoré a, elle, voté dans le bureau 164. Là, seulement 18 personnes avaient déjà accompli leur devoir civique.

Après avoir voté, le chef de l’État s’est adressé à la presse. « J’ai assisté aux prestations des candidats grâce aux médias. Ce qui m’a frappé, c’est le nombre élevé des candidats notamment celui des femmes et des jeunes. J’ai eu un intérêt pour les Maliennes et les Maliens qui s’intéressent aux postes de responsabilités politiques. Je souhaite que tout cela se traduise par un taux de participation honorable. La campagne s’est déroulée dans un climat bon enfant et je souhaite que les opérations de vote se passent bien et que le Mali sorte grandi au 1er tour de ces élections et s’il y a un 2ème tour je formulerai les mêmes vœux« , a-t-il déclaré.

LA FAUTE AU MODE D’INSCRIPTION :

Sur la question relative au faible taux de participation, le président Touré répondra : « c’est notre mode de vote qui nous met dans cette situation. Dans d’autres pays, l’inscription est volontaire alors qu’au Mali, elle se fait d’office et que le vote n’est pas obligatoire. Je pense que si l’on mettait notre système dans un autre contexte en le comparant aux autres, nous aurions certainement un taux de participation élevé. Je pense qu’après toutes ces élections, il faut que nous ayons le courage d’avoir une lecture claire de nos textes et de voir quelles sont nos faiblesses pour les corriger. Il faut aussi que les candidats sachent susciter l’intérêt du vote auprès des électeurs« .

Jusqu’à 10 h 40, l’affluence était encore très timide au centre de l’école de la Base aérienne et on ne comptait qu’une poignée d’électeurs devant les bureaux du centre. « Il n’y a pas d’affluence et c’est inquiétant pour le taux de participation« , a indiqué un observateur national. Le même constat a été fait par un autre observateur international celui-là.

La fièvre n’était pas encore montée au Groupe scolaire ABC du marché de Sebénikoro quand notre équipe est arrivée là aux environs de 11 heures. « L’atmosphère est sereine. Les opérations de vote ont commencé dès 8h et aucun problème n’a été signalé sauf celui de l’absence d’agents électoraux qui ont été remplacés. Cependant, l’affluence est très timide« , a noté le coordinateur du centre, Simon Pierre Diakité. Ici, les électeurs sont au nombre de 9 412 repartis entre les 19 bureaux de vote.

Dans le bureau 230 de ce centre, il n’y avait rien à signaler sauf qu’il n’y avait jusque là que 16 électeurs qui avaient accompli leur devoir civique. Il était déjà 11h 20. Ce n’était pas non plus la grande affluence au niveau de l’école du fleuve de Djicoroni-Para. « Nous avons démarré à 8 h et il n’y a que 14 votants qui sont venus« , a révélé le président du 169, Bakari Kéita avant d’indiquer qu’aucune carte n’avait été enlevée sur les 365 déposées dans son bureau. Le constat était le même dans le grand centre du lycée Mamadou Sarr de Lafiabougou avec ses 49 bureaux et 23 425 électeurs. Dans le bureau 113 où 7 délégués manquaient, seulement 19 personnes avaient voté. Parmi les 365 cartes d’électeurs déposées, deux seulement avaient été enlevées.

M. KÉITA

Rive droite : …NON PLUS


Les opérations de vote se sont déroulées partout normalement, les quelques anomalies constatées ayant été rapidement corrigées

Les électeurs de la rive droite du fleuve Niger ne se sont pas beaucoup mobilisés hier à l’occasion du 1er tour des législatives. Partout, l’affluence était plutôt fluide et tous les bureaux ont ouvert à 8 heures précises en présence des délégués de la Cour constitutionnelle et de la CENI, des observateurs, ont confié les superviseurs des centres visités. S’agissant de l’organisation matérielle, tous le matériel et documents électoraux avaient été acheminés dans les différents centres depuis samedi.

À l’école publique « A » de Torokorobougou en Commune V, le premier électeur du bureau n° 163 a voté à 8 heures 14 minutes sous le regard vigilant du responsable des lieux Mamadou Kouyaté qui avait pris soin de remplacer sur le champs tous les assesseurs absents. Avec 40 bureaux de vote, l’école publique de Sabalibougou est de loin le plus grand centre de vote de la Commune V. Ici, les opérations se déroulaient normalement au passage de notre équipe de reportage. Le seul problème constaté avait trait à l’absence de cachets dans certains bureaux de vote. Les cachets qui avaient été acheminés sur ces bureaux présentaient des anomalies qui ont nécessité leur remplacement.

La lacune a été vite corrigée car Mamadou Kanté le chef du centre a ordonné à chaque président de bureau de vote de porter sur le dos de la carte, au même emplacement la mention « a voté« . La pratique n’a duré que 30 minutes car avec l’arrivée de nouveaux cachets, les choses sont rentrés dans l’ordre. La question avait son importance par ce qu’elle évite un double usage du document au cours du même scrutin, nous ont expliqué les responsables du centre.

Le groupe scolaire de Kalaban-Coura croupissait toujours sous le poids des cartes non enlevées à notre passage. Les bureaux 41, 42, 43, 44 et 45 comptabilisaient chacun, deux heures après le démarrage des opérations de vote, plus de 200 cartes non enlevées. Le superviseur du centre Douga Sissoko estime qu’il y a encore beaucoup d’efforts à fournir à ce niveau.

« On doit réviser la stratégie de distribution des cartes d’électeur. Je suggère qu’on instaure le porte à porte qui présente l’avantage de distribuer le maximum de cartes. Il n’est pas facile pour un travailleur de s’occuper d’autre chose durant les jours ouvrables. Idem pour les week-end qui sont consacrés aux détentes« , soutient le superviseur du centre.

Les groupes scolaires de Niamakoro et Sokorodji en Commune VI se singularisaient surtout par le ballet incessant des minibus « Sotrama » qui déversaient leurs lots d’électeurs dans les centres de vote. Bourama Traoré un conducteur de minibus affirme que son véhicule a été réquisitionné pour toute la journée par un groupe de partis politiques qu’il n’a pas voulu citer.

« Le syndicat des transporteurs a servi d’intermédiaire entre nous » a-t-il expliqué. Pour le reste, il ignore tout des autres clauses du contrat qui s’est conclu entre le syndicat et les candidats en lice. À ces transports en commun s’ajoutaient quelques voitures personnelles qui se chargeaient également de transporter les « troupes« .

Dans ces deux centres, l’affluence était contrastée. Pendant que les électeurs se bousculaient devant certains bureaux, d’autres étaient réduits à compter le nombre de leurs votants sur le bout des doigts. Toutefois comme partout ailleurs, ici également les opérations ont débuté à temps dans ces centres.

Au groupe scolaire de Niamakoro, la clé de la cantine contenant les cartes non distribuées s’est égarée à l’ouverture des bureaux de vote. Les responsables du centre ont mis 30 bonnes minutes pour ouvrir la cantine de force afin d’y extraire les cartes. « Cela n’a nullement joué sur le bon déroulement des opérations de vote car entre temps aucun électeur n’est venu réclamer sa carte d’électeur » ont déclaré les responsables du centre.

Autres anomalie : sur les 20 délégués du bureau 309, seulement 11 étaient présents au démarrage des opérations de vote. Les forces de l’ordre composées des éléments de la garde et de la police ont sécurisé les opérations dans tous les centres de la rive droite. Les éléments de la protection civile étaient également là pour intervenir au cas où…

S. DOUMBIA- L’Essor

02 juillet 2007.