Partager

Après le départ de Ibrahim Coulibaly dit IB et de Konaté Daouda, les désertions se poursuivent à un rythme effréné dans les rangs de la rébellion ivoirienne. C’est aujourd’hui le tour du Commandant de la zone 5, le mythique et le très craint chef de guerre des départements de Séguéla et Vavoua, Koné Zakaria, d’être démis de ses fonctions après un conseil militaire tenu le dimanche 18 Mai à Séguéla.

A l’origine de la crise qui oppose le charismatique chef de guerre à sa hiérarchie, des soupçons d’activités subversives contre l’armée des forces Nouvelles à laquelle il appartient.

Selon des informations concordantes, cela fait deux mois que certains éléments des 51e et 53e bataillons du commandement de la zone 5 ont été écartés par leur chef qui les soupçonnait d’appartenir au cercle de Soro Guillaume.

Suite à ces faits, le chef de la sécurité de Vavoua du nom de « Commando », jugé de taupe, fut limogé et remplacé par un certain « Yéo Cimetière ». Ensuite l’homme fort de Ségéla et de Vavoua aurait menacé ses hommes de n’exécuter que des ordres émanant de lui.

D’autres raisons expliqueraient la mise à l’écart de l’ex-com-zone Zakaria Koné du Commandement de sa zone.

Il s’agit notamment du refus de se soumettre aux ordres de sa hiérarchie, surtout de son hostilité au regroupement des forces Nouvelles, dans le cadre du DDR le mettant, du coup en marge des accords de Ouagadougou, soutenus par Soro Guillaume, Premier Ministre et Chef suprême de l’armée des Forces Nouvelles.

C’est pourquoi, dira-t-il à ses fidèles : «celui qui s’amuse à s’associer à l’opération de regroupement va répondre de ses actes et je ne sais pas qui viendrait me demander des comptes».

D’autres sources font état de consignes données par l’Etat Major des FAFN, à chaque chef de zone de rendre compte de la gestion de son secteur et des décisions utiles prises dans le cadre du fonctionnement normal de leur zone respectives. Koné Zakaria, au lieu de respecter cette consigne, s’est muré dans un silence suspect.

Pas de compte rendu ni de point de la situation à la haute direction aussi bien militaire que politique , concernant tout ce qui se passe dans sa zone.

S’étant alors rendu compte de ce brusque changement de son allié d’hier, et ce, depuis l’annonce du désarmement de ses ex-combattants et de la mise en œuvre de l’unicité des caisses, Soro a décidé d’agir. Ainsi le limogeage de Zakaria relèverait aussi d’une question de discipline militaire.

Le fait le plus intolérable, aux yeux des Forces Nouvelles, c’est le boycott par l’ex-com-zone de la récente visite du Premier Ministre à Séguela. Comment comprendre que ce dernier vienne à Séguela pour parler de question militaire à l’absence du Com-zone ?

D’autres avant Zakaria ont ainsi été relevés de leur fonction pour indiscipline militaire, tels que l’ex-Com-zone de Odienné, Koné Amadou et celui de Boundiali, Touré Moussa, qui a perdu son grade de commandant pour devenir simple Caporal mis à la disposition de l’Etat major.

Il y a enfin le cas de Daouda Doumbia, Com-zone de Touba qui a écopé des mêmes sanctions que Koné Zakaria. Mais il est important de savoir que ces éléments n’ont pas été radiés des rangs des FAFN.

D’après un membre des Forces Nouvelles, Zakaria Koné reste un élément à part entière des FAFN, comme tous les autres qui ont subi le même sort que lui. Depuis la décision de son remplacement par le Commandant Issiaka Wattara dit Wattao, Zakaria est porté disparu du côté des Forces Nouvelles.

L’homme ayant quitté son fief depuis le 26 Avril dernier pour le mariage d’un autre com-zone, Morou Ouattara à Ouaga. Après cet événement, il se serait rendu à Abu Dabi dans le Golfe où il séjourna plusieurs jours durant.

Aux dernières nouvelles, Zakaria serait retourné au Burkina Faso, après un bref passage au Mali. Le facilitateur réussira-t-il à faire revenir l’oiseau égaré dans le nid ? Wait and see.


De GILDAS, CORRESPONDANT

du Républicain à Abidjan

26 Mai 2008