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Le 4e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), débuté mercredi 1er avril n’a pu s’achever hier mardi. Une prolongation de la durée et le maintien des agents recenseurs étaient nécessaires pour mener l’opération à terme.

Commencé le 1er avril pour une durée de 14 jours, le RGPH devait s’achever hier, mais le constat est que les agents recenseurs n’ont pu finir le travail à eux confiés dans les délais. Plusieurs raisons sont à la base de ce retard.

Pour le directeur adjoint du Cap de Torokorobougou, Mamadou Kanté, un des 3 contrôleurs DD (district de dénombrement) à Kalabancoura, si la formation s’est bien déroulée, le recensement, lui a commencé avec un léger retard surtout dans la phase de dénombrement des ménages qui devait se tenir du 28 au 31 mars. Ce qui, à ses dires, a beaucoup influé sur l’effectivité de l’opération. « Sur le terrain, 25 à 50 % des concessions n’étaient pas dénombrées au 1er avril ».

Les agents recenseurs, ajoute-t-il, ont été obligés de faire à la fois le dénombrement et le recensement. Il y a aussi le cas de certains agents qui, pour cause de maladie, ont été obligés de jeter l’éponge. A cela s’ajoute des cas d’abandon pur et simple.

« Ils disent ne pas pouvoir supporter la cadence du travail ». Toutefois, à Kalabancoura, les agents déserteurs, sous la pression de la hiérarchie, ont été contraints de reprendre. Pour pallier l’insuffisance de personnel, des enseignants à la retraite ayant l’expérience ont été recrutés, précise M. Kanté.

A Bamako, la réalité sur le terrain diffère selon les DD. A Kalabancoura, (Commune VI), Lafiabougou (Commune IV), à Bolibana, Bagadadji (communes III et II), le travail a beaucoup avancé sur le terrain. Les statistiques révèlent que plus de 75 % du travail a été accompli malgré les difficultés relevées ça ou là.

Sur 5 agents d’un secteur d’énumération (SE), 4 ont terminé leur travail, témoigne Adiarra Sanogo de la section DD-B de Kalabancoura. En Commune VI, précisément à Niamakoro, un des plus grands quartiers de la Commune VI le taux de réalisation atteint moins de 50 %.

Les difficultés, à en croire M. Kanté, ont trait à la réticence de certains ménages de se faire recenser. « Certaines familles avaient catégoriquement refusés de recevoir les agents, mais ont fini par comprendre le bien fondé de l’opération sur insistance de certains proches », dira le contrôleur Kanté.

Réticences

Dans les familles « rebelles », aucune explication n’est donnée quant à leur refus d’adhérer à l’opération. Toujours est-il que la plupart de ces ménages sont des familles sarakolés dont les époux sont hors du pays ou des citoyens qui pensent que ce recensement n’a pas pour but de recenser uniquement la population. « Il nous fallut plusieurs allers et retours et l’intervention des personnes de bonnes volontés pour qu’elles comprennent ».

Sur le terrain, des agents ont été confrontés à des difficultés logistiques (chemise, T-shirt, casquette, badge) mais surtout au problème de déplacement et de restauration. « Cela a également découragé certains agents qui n’avaient pas d’argent pour manger ». Conséquence : beaucoup de secteurs d’énumération (SE) n’ont pu être recensés dans les délais.

Si certains ont eu du mal à finir leur SE, d’autres ont pu terminer à la date indiquée. Au nom de la solidarité, il leur a été demandé de venir en aide à leurs camarades en retard. Ainsi, beaucoup ont été redéployés sur d’autres SE. « Nous avons déployé des agents qui ont pu finir et ils sont en train de prêter mains fortes aux retardataires ».

Cependant, ce redéploiement n’a pas permis de mener l’opération de recensement à terme. Dans des SE restent à quai notamment à Bamako où le taux de mobilité est très élevé alors que les agents recenseurs doivent réintégrer les classes ce matin. Parmi les 25 000 agents recenseurs recrutés la majorité est des enseignants du fondamental, exceptés ceux des classes d’examen (6e et 9e années).

Comment s’y prendre devant cette situation ? A la direction nationale de la statistique et de l’information (DNSI), on se veut clair : « Ceux qui ne pourront pas finir leurs SE ne devraient pas avoir de sous », tranche Seydou Moussa Traoré, directeur national de la DNSI. Pour M. Traoré, l’école étant aussi importante, il est impossible pour eux de s’opposer au retrait des enseignants recenseurs.

Toutefois, le DNSI est conscient que le travail ne pourra pas finir le 14 avril (entretien réalisé le 12 avril) au vu du constat sur le terrain. Il estime qu’une semaine de travail supplémentaire permettra de mener à bien à terme le RGPH. Aussi propose-t-il le maintien des enseignants qui n’auront qu’à travailler pendant 3 jours ouvrables : mercredi, jeudi vendredi.


Amadou Sidibé

15 Avril 2009