Partager

Décidément, RFI, jadis Radio France d’Outre-mer (RFO) ou la ‘’Voix du MNLA’’ n’arrêtera jamais sa partialité dans le traitement des informations concernant la rébellion au Mali. Après de longs mois de silence, elle récidive encore. La dernière action, assimilable à de la subversion, date de seulement hier. C’est l’interview accordée à un leader de la rébellion touareg, Zakiyatou Walett Halatine, ancien ministre de l’Artisanat et du Tourisme dans le dernier gouvernement du président Alpha Oumar Konaré, dans le but d’attirer l’attention des autorités du pays sur sa personne ainsi que celle de sa famille (son époux, ses enfants). Dans cet entretien, elle revendique clairement une réparation du préjudice subi lors du soulèvement des militaires de Kati le 1er février 2012 contre le régime d’Amadou Toumani Touré, qui avait été accusé de ‘’mollesse’’ devant la percée militaire de la rébellion touareg, qui avait éclaté un mois plus tôt et qui gagnait en intensité.

La tension était à son comble, chaque jour apportait son lot de désolation dans la ville garnison de Kati. Les informations en provenance du front dans les régions nord du pays n’étaient pas rassurantes. Et les informations diffusées par RFI en rajoutaient. C’est dans cette atmosphère électrique que le 1er février 2012, les nerfs ont fini par craquer dans les casernes. C’était à la faveur d’un mouvement spontané qui éclata à Kati et à Bamako. Il prend naissance dans les casernes des deux villes, conduit par les épouses et les enfants des militaires de Kati, dont les maris pour les femmes et les pères pour les jeunes, mourraient sous les balles des indépendantistes du MNLA sans que la Communauté dite internationale ne s’en émeuve. Très vite, le mouvement fédère à sa cause, les mecontents de la capitale et de Kati. Destination, le Palais de Koulouba avec comme objectif d’en découdre avec le locataire d’alors. Devant l’ampleur de la mobilisation, les forces de l’ordre ont cédé à la pression de la foule, qui s’était retrouvée nez à nez avec le président ATT, qui est sorti de son bureau pour les accueillir à la porte du Palais.
La foule déchaînée a versé son ‘’venin’’. Rendez-vous a été pris pour un autre jour. Une délégation désignée devrait être reçue en audience publique. Selon certains spécialistes de l’Etat, c’est là où le pouvoir a signé son acte de mort. Car, les femmes invitées ont profité pour faire entendre au Président des mots difficiles à avaler en temps normal.
L’autorité bradée et démontée a révélé à tout le monde sa faiblesse et des signes d’épuisement devant la menace qui avançait sans réponse adéquate en face.
C’est donc en désespoir de cause que les jeunes et les épouses des militaires, soutenus par la population en colère se sont attaqués à des domiciles des particuliers suspectés de connivence avec la rébellion. Les attaques étaient effectivement bien coordonnées et bien ciblés comme si les manifestants avaient une liste des soutiens dans l’ombre préétablie.
A la chute du régime d’ATT, qui a entrainé avec elle celle des trois régions du nord, les faits ont donné raison aux manifestants. Car, la plupart des propriétaires des domiciles dévastés, qui avaient fui le pays ont rejoint la rébellion, dont les quartiers généraux étaient basée à Ouagadougou au Burkina Faso de Blaise Compaoré et Nouakchott en Mauritanie.
Zakiyatou Walett Halatine, qui a tout bénéficié du Mali au nom de la discrimination positive en faveur de la minorité touareg, s’est retrouvée dans le rang du MNLA à Nouakchott. Elle a non seulement revendiqué son appartenance à ce mouvement, mais elle a accepté de figurer sur la liste des membres de son gouvernement fantoche.

Cependant, quelques jours plus tôt, elle avait adressé au président ATT une lettre très amère dans laquelle, elle a passé en revue d’autres préjudices subis par sa famille lors de la rébellion des années 90 en oubliant d’évoquer les avantages faramineux dont elle a bénéficié de la République. Pour preuve, elle a dirigé un projet de recherche sur les énergies renouvelables, financé par les américains à travers l’USAID. Dans ce projet, elle percevait un montant assez conséquent, contrairement à ses frères noirs du sud.
Selon notre source, le montant qu’elle percevait doublait sinon triplait celui d’autres collègues, des cadres comme elle, sinon professionnellement plus compétent qu’elle. A en croire notre interlocuteur, elle devait ce montant faramineux à la discrimination positive que la République a toujours accordée à cette minorité.
Mais, toutes ces informations sont passées sous silence par les manipulateurs de RFI pour ne parler que des préjudices économiques et moraux qu’elle a subis lors de cet incident malheureux.
Pourquoi soulever cette question quand sous le couvert de la Coordination des Mouvements Armés de Kidal ? Les rebelles ont empêché la tenue du vote à Tallataye et RFI n’en a pas parlé. Sur la base de quoi, Zakiatou Wallet revendique la réparation d’un préjudice au nom de l’Accord de paix lorsque ses frères et complices du MNLA violent le même accord qu’ils ont signé ? C’est dire que la revendication de cette militante du MNLA sur RFI n’est que pure manipulation juste pour faire avaler la couleuvre du comportement de ses protégés à Tallataye.
Le comble dans cette histoire est que c’est ce que la France n’accepte pas chez elle qu’elle impose à nos pays. Hier tout prêt, la Police française a procédé à l’interpellation de cinq personnes favorables aux indépendantistes corses, suspectées d’agression contre les pompiers à Noël à Ajaccio, la capitale provinciale de la Corse. Une région en rébellion contre le pouvoir central français.

Les leaders de mouvement réclament depuis des siècles l’indépendance de leur territoire, une île située en mer méditerranéenne.
Selon Wikipédia, la Corse est la quatrième île méditerranéenne de par sa superficie. Elle a fait partie durant près de quatre siècles de la République de Gênes avant de se déclarer indépendante le 30 janvier 1735 et adopter la première Constitution démocratique de l’histoire moderne (1755). Cédée par Gênes à la France le 15 mai 1768, elle est conquise militairement par le Royaume de France lors de la bataille de Pont-Novo, le 9 mai 1769. Divisée en deux départements (Corse-du-Sud et Haute-Corse), la Corse constitue une collectivité territoriale à statut particulier administrée par une Assemblée et un conseil exécutif.
Il est temps que le lobby français s’occupe du cas Corse et laisse les Maliens régler leur problème entre eux. Le Mali n’est plus une colonie française et les Maliens sont dotés de la même intelligence qui leur permet de résoudre leur différend par le dialogue.

M. A. Diakité

Le Tjikan du 2 Février 2016