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Les partenaires techniques et financiers ont exprimé leur soutien ferme aux actions de relance de l’économie et insisté sur la nécessité d’une meilleure gestion des finances publiques

Au terme de deux jours de travaux, la session technique de la Revue budgétaire conjointe Mali-PTF 2013 s’est achevée vendredi après-midi au CICB. La cérémonie de clôture était présidée par le ministre de l’Economie et des Finances, Mme Bouaré Fily Sissoko en présence des membres du gouvernement, des représentants des administrations, des partenaires financiers et techniques, de la société civile, du secteur privé et de nombreuses autres personnalités.

La revue a salué la discipline budgétaire observée par les autorités durant la crise de 2012. Mais, les PTF ont souligné la nécessité de concilier l’orientation prudente de la politique budgétaire avec la prise en charge des dépenses nécessaires à une relance de l’économie. En fait, bien que les ajustements budgétaires aient été globalement alignés sur les priorités du CSCRP, l’absence d’une réduction significative de la pauvreté reste une préoccupation. D’où la volonté du gouvernement de mettre l’accent sur la gestion axée sur les résultats en matière de dépenses publiques.

La session a examiné plusieurs questions dont la mise en œuvre de la politique budgétaire, la lutte contre la corruption, l’appui budgétaire, la mise en œuvre des réformes sur la gestion des finances publiques, le contrôle budgétaire, le renforcement du contrôle citoyen et la transparence des actions publiques. L’accent a été particulièrement mis sur l’appui budgétaire général et sa prévisibilité, la lutte contre la corruption, la transparence et la bonne gestion des finances publiques.

Dans les conclusions et recommandations issues de la réunion, le gouvernement attire l’attention sur la tendance baissière, dans la pratique de l’appui budgétaire général en 2012-2013, malgré les engagements pris antérieurement dans le cadre de la Déclaration de Paris sur l’harmonisation et l’efficacité de l’aide au développement.

En effet, le nombre de partenaires pratiquant l’appui budgétaire est passé de 10 avant la crise à cinq (Union Européenne, Banque mondiale, Banque Africaine de Développement, Agence française de développement et Danemark).

Raison pour laquelle, la partie malienne a proposé que la BAD, en tant que coordinateur du Groupe économie et finances des PTF examine dans un délai d’un mois avec les autres partenaires, les conditions de mobilisation afin qu’un maximum de PTF puisse adhérer à l’appui budgétaire. Ce travail préalable servira de base pour le dialogue politique gouvernement-PTF sur la question.

En termes de contribution au titre de l’appui budgétaire 2013 – 2014, les 5 partenaires ont fait des annonces. Ainsi, l’AFD, pour 2013, a annoncé 15 millions d’euros en appui budgétaire général soit 9,8 milliards de Fcfa et 21,6 millions ou 14,1 milliards de Fcfa. Pour 2014, l’aide est en discussion.

L’UE, au titre de 2014, entend contribuer à hauteur de 47 millions d’euros soit 30,7 milliards de Fcfa en tranches fixes et 53 millions d’euros ou 34,7 milliards de Fcfa en tranches variables.

Quant à la BAD, pour 2013, elle a annoncé 40 millions d’unités de compte et 15 millions d’unités de compte en 2014.

Le Danemark contribuera en 2013 pour 27,5 millions soit 18,01 milliards de Fcfa et en 2014 pour 22,5 millions d’euros ou 14,7 milliards de Fcfa. La Banque mondiale prévoit en 2013,

50 millions dollars ou 25 milliards de Fcfa et en 2014, 40 millions de dollars soit environ 20 milliards de Fcfa.

Notre pays a aussi insisté sur la nécessité d’une prévisibilité pluriannuelle des appuis budgétaires à travers le cadre des ressources à moyen terme. A cet égard, les deux parties ont convenu de la reprise, dans les meilleurs délais, des travaux de construction d’une matrice pluriannuelle consolidée davantage. En outre, le gouvernement souhaite désormais organiser les Revues budgétaires conjointes avant la mission budgétaire du FMI dans notre pays.

Le ministre de l’Economie et des Finances a remercié l’ensemble des partenaires pour leur appui et leur soutien constants à notre pays. Elle a souhaité aussi que les efforts conjugués du gouvernement, des PTF et de l’ensemble des acteurs sociaux et économiques du pays permettent de parvenir à une réduction significative de la pauvreté et par conséquent à l’amélioration des conditions de vie de nos populations.

Les PTF, de leur côté, ont jugé les échanges constructifs et utiles et se sont réjouis des conclusions auxquelles la revue est parvenue. Par ailleurs, ils ont attiré l’attention du gouvernement sur la nécessité d’accélérer la création de la Cour des comptes.

Sur la lutte contre la corruption, le chef de file des partenaires a fait le constat que « nos échanges ont été francs et constructifs sur les intentions du gouvernement de rendre opérationnelles les actions pour la mise en œuvre effective du plan d’action de lutte contre la corruption, la délinquance financière et la mauvaise gouvernance ».

Il convient aussi de souligner que les PT souhaitent également avoir accès aux rapports sectoriels du Bureau de Vérificateur général, mais la partie malienne a expliqué que la publication des rapports individuels (sectoriels) de contrôle pose des problèmes légaux liés aux principes de la présomption d’innocence. En conséquence, les dossiers doivent être remis à la justice qui se doit de diligenter des poursuites en cas de besoin. Le gouvernement s’est engagé à réactiver tous les dossiers au niveau des pools économiques et financiers ainsi que leur traitement diligent par les cours et tribunaux.

Pour une meilleure efficacité de l’aide, les PTF ont insisté sur la bonne gouvernance, la transparence et la bonne gestion des finances publiques, la lutte contre la corruption, mais aussi et surtout sur le rétablissement de la confiance entre le gouvernement et les partenaires au développement.

F. MAÏGA

Essor du 21 Octobre 2013