Partager


La révision annuelle des listes électorales a commencé depuis le 1er Octobre 2008. Les communes ont effectivement démarré le processus à différents moments. En effet, certains n’ont pu le faire qu’après le vingt Octobre, d’autres bien plus tard. Malgré ces retards accumulés, les agents chargés de la révision des listes électorales ont du mal à avoir suffisamment de cahiers de recensement et autres matériels. La conséquence de ce fait est que le processus fut lent en plusieurs endroits.

Parfois, des incompréhensions avaient suscité de vives réactions. il aura fallu des échanges entre les élus communaux et les agents chargés de la révision des listes électorales pour qu’il y ait l’apaisement. Quoi qu’on dise, la balle est surtout dans le camp de la tutelle qui a donné la preuve que l’administration persévère dans ses errements.


Que font les partis?

Pourtant, paradoxalement, les efforts sont en cours depuis plusieurs mois pour la modernisation de l’administration à travers le renouveau de l’action publique. Comment peut-on continuer ainsi? Se demande-t-on.

Par ailleurs, que l’administration soit encore dans cette dynamique, on peut comprendre cela, mais il est inadmissible que les partis politiques qui sont les premiers intéressés, parce que participant aux différentes élections se montrent tout aussi indifférents à une situation qui représente un handicape sérieux pour les perspectives électorales.

C’est depuis le début du processus électoral que les acteurs politiques doivent s’impliquer s’ils veulent être sûrs que tout se fera conformément aux prévisions. Malheureusement ce n’est pas le cas à présent. A certains niveaux de révision des listes, il n’est pas sûr que tous les partis qui participent aux élections ont désigné des représentants au niveau des commissions administratives.

Une opportunité ratée

Pourtant, c’est de là que tout part dans l’organisation des élections. En ratant cette opportunité, ils ne contribuent qu’à diminuer leur chance aux élections futures. Ont-ils conscience de cela?

On se rappelle que lors des élections qui se sont déjà déroulées au Mali, le taux de participation a toujours été très bas. Ce n’est pas en travaillant ainsi qu’ils s’assurent un avenir meilleur, surtout que les électeurs comptent en leur sein des éléments qui doivent être mobilisés le jour même des élections.

Mais il y a un travail préalable qui passe par le recensement des militants, le suivi de la révision administrative des listes électorales. Malheureusement peu de partis ont mouillé le maillot par rapport à ce processus de révision des listes électorales.

S’étant montré désintéressés, le moment ultime des élections est le plus souvent choisi par eux pour monter au créneau pour dénoncer, critiquer. N’est-ce pas là le médecin après la mort?

La négligence des partis

Si les acteurs politiques continuent sur cette lancée, il y a de fortes probabilités que les indépendants, en plusieurs endroits, leur ravissent la vedette, or tel n’est pas le voeu du plus grand nombre de partis politiques qui, au contraire, pensent qu’il faut travailler à réduire la marge de manœuvre des candidats indépendants.

Au stade actuel, on ne peut soutenir que les partis politiques ont pleinement joué leur rôle et ils n’auront à se plaindre ue d’eux mêmes. En effet, pendant tout le temps qu’on parle de retard dans la mise à disposition du matériel de révision annuelle des listes électorales, les partis n’ont pas eu une réaction qui serait de nature à exiger de la tutelle de combler cette lacune.


La révision des listes, l’affaire des partis

C’est une erreur pour les acteurs politiques de croire que la révision des listes électorales se fait dans l’intérêt de l’administration. Elle est avant tout l’affaire des partis qui concourent aux suffrages universels.

A travers cette révision des listes électorales, on se rend compte que les partis, pour la plupart, ne jouent pas pleinement leur rôle de formation, d’information et de mobilisation des citoyens vers les urnes. Or, cela fait partie de leurs prérogatives.

Si rien n’est fait, les tendances enregistrées jusqu’ici risquent de se maintenir. Dans ce cas, la problématique du taux de participation aux élections se posera toujours avec une très grande acuité. Cependant, l’une des grandes faiblesses du processus électoral est le faible taux de participation aux élections.

Pour qu’il soit relevé, il faut l’implication de tous, en premier lieu des acteurs politiques qui sont au début et à la fin de tous les processus.

Moussa SOW

18 Novembre 2008