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Pour respecter la tradition, le Président IBK a reçu à Koulouba le dimanche qui a été le jour de la fête du Ramadan, les traditionnels vœux des Ambassadeurs des pays musulmans en présence du Premier Ministre, du Président de l’Assemblée Nationale, le Président du Haut Conseil Islamique du Mali. Au cours de son monologue, il a parlé des choses dont certaines ne sont pas vraies notamment: lorsqu’il dit qu’aucun malien n’a dit que l’Accord d’ Alger était mauvais. Cela est faux.

En réalité les partis politiques de la majorité, de l’opposition, la société civile ont fait 13 pages d’observations sur le texte de l’accord. Ce document a été remis au Premier Ministre d’alors, qui était le haut représentant du chef de l’Etat aux négociations d’Alger avant de devenir le troisième Premier Ministre d’IBK.

A la grande surprise du peuple, aucune de ces réserves des forces vives de la nation n’a été prise en compte à Alger. Nous savons qu’elles ont été jetées à la poubelle à Alger. Au lieu, d’accuser le peuple qui dit Non, à votre projet de constitution taillé sur mesure, reconnaissez votre faiblesse et votre abdication sous la pression de Hollande, le Président français qui a eu le plus mauvais bilan. Le CNAS-FASO-HERE et le FARE AN KA WILI n’ont-ils pas dit que cet accord était l’un des plus mauvais depuis l’indépendance du Mali ?

La France a sommé IBK d’accepter le texte dans sa monture actuelle sans tarder. Ce qui fut fait à la grande déception des maliens. Au même moment les rebelles ont refusé de parapher le texte au motif qu’ils vont consulter d’abord leur population qui ne dépasse guère les 50 000 habitants. Leurs représentants aux négociations d’Alger ont eu l’idée géniale de les consulter avant de parapher l’accord. Mais le Président IBK a manqué de considération pour ses 16 millions d’habitants en ne prenant pas en compte leurs avis.

Parmi les composantes des forces vives, une bonne partie a dit que l’accord était anticonstitutionnelle y compris quelques partis de la majorité.Une petite portion de la société civile a dit qu’il vaut mieux un mauvais accord que sans accord. D’autres partis ont dit qu’ils en prenaient acte. Un dernier groupe a dit qu’il n’y a pas d’accord parfais, nulle part au monde. Nous sommes donc étonnés qu’IBK, coincé par le refus des acteurs de l’avènement de la démocratie de 1991, de la société civile et de la jeunesse malienne dans sa majorité refusent ce texte de la révision constitutionnelle.

Les maliens trouvent qu’IBK a menti au peuple malien et à la Communauté Internationale. Même si la révision constitutionnelle est une nécessité depuis Alpha jusqu’à ce jour, cela ne doit pas être une occasion pour lui de trahir l’esprit des martyrs de la révolution de 1991, à laquelle, il n’a pas participé. Le secrétaire général des nations unies Antonio Guterres dans sa présentation générale sur le Mali au mois de juin a indiqué qu’une partie du peuple a été exclue de la rédaction du texte et qu’il faille aller à un consensus dans sa relecture afin de prendre en compte le point de vue de ceux qui y sont opposés. Les raisons du report de la date du référendum sont liées à la grande manifestation anti-référendum et non à l’attente de l’avis de la Cour Constitutionnelle sur la constitution du dit texte saisie le 16 juin 2017. De cela il faut en déduire la victoire du front de refus.

Dans le cadre de la relecture, certains aspects sont à prendre en compte à savoir : l’unité et l’indivisibilité de la République en terme de souveraineté, du territoire et du peuple malien. Toutes ces caractéristiques sont des concepts juridiques de valeur constitutionnelle. Malheureusement, dans le nouveau texte, constitutionnel, les trois conditions nécessaires pour la démocratie ne sont pas respectées. Le texte devrait réaffirmer l’égalité entre tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de religion. Cela n’est pas le cas dans notre nouveau texte. Les Touaregs sont mis au même niveau que l’Etat. A cause de leur origine ils ont des droits sur les autres composantes de la Nation. Ils seront désignés Sénateurs par le Président IBK et les autres seront élus. Ils auront droit au travail dans l’administration nationale alors que les autres passeront par un concours.

Quant à la légalité, qui signifie obéissance aux règles de droit,une fois adoptée par tous, s’appliquera à tous.Concernant la liberté, elle n’existe pas au nord pour une bonne partie des populations appelées ‘’Belah’’ qui de père en fils sont au service des Touaregs, leurs maitres. Le fait que le Président s’arroge, le pouvoir de faire changer la constitution sans passer par le référendum n’est pas accepté par les démocrates. Il en est de même, de la nomination du Président de la Cour Constitutionnelle.

La Cour Constitutionnelle a un rôle important à jouer pour cette relecture. Son jugement doit être clair et précis concernant tous les points de non consensuel. Malheureusement cette cour a perdu depuis longtemps le combat de nos valeurs. Mais le peuple, lui n’a pas perdu ce combat. Il y veille toujours comme du lait sur le feu .

Badou S KOBA

Du 06 Juillet 2017