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Après plusieurs tentatives, le président de la République semble trouver une issue heureuse pour son projet de révision constitutionnelle. IBK est parvenu à récupérer les farouches opposants au projet en leur offrant, sur un plateau d’argent, des postes juteux au sein du gouvernement et dans les cabinets ministériels au nom de l’accord politique.

La dernière tentative de révision constitutionnelle s’est heurtée au refus catégorique de certains leaders politiques, religieux et de la société civile du pays. À travers des manifestations, des meetings et sit-in, les détracteurs sont parvenus à bousculer le président de la République, qui a dû surseoir à son projet de révision constitutionnelle.

Parmi les têtes de proue du mouvement anti-révision constitutionnelle, figuraient Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition et son ex-bras droit Tiébilé Dramé, l’ancien président de l’ADP-Maliba, Amadou Thiam, et ex-président du mouvement Antè Abana.
Mais stratège qu’il est, le président IBK a minutieusement préparé un plan de désarmement de ses détracteurs. Il s’agit du fameux accord politique piloté par son Premier ministre, Dr. Boubou Cissé.

Par cet accord, plusieurs détracteurs du régime ont signé leur retour dans le gouvernement pour sauver la nation. Il s’agit de Tiébilé Drame qui a hérité du poste de ministre des Affaires Étrangères ; Amadou Thiam est chargé de conduire les réformes institutionnelles au sein du gouvernement.

Au-delà de ces deux personnalités, d’autres opposants, et pas des moindres, ont bénéficié des postes de seconde zone au sein des cabinets ministériels. Parmi ces ex-mobilisateurs contre le projet de révision, on peut citer la célèbre Kadidiatou Fofana connue par ses déclarations fracassantes contre le régime sur les réseaux sociaux. Cette dernière est nommée au poste de chargé de mission à côté de son mentor au département des Affaires Étrangères.
La société civile et les confessions religieuses ont également bénéficié de l’accord politique et sont représentés au sein du gouvernement. Beaucoup d’autres résistants ont déjà retourné leur veste en faveur de la révision constitutionnelle.

Pour autant, la résistance n’a pas été entièrement désarmée. D’autres résistants notamment Mme Sy Kadiatou Sow de l’Adema-association, le député Oumar Mariko et le chef de file de l’opposition Soumaïla Cissé sont toujours actifs. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt, la résistance contre le projet de révision, sans ses ténors comme Tiébilé et Thiam, est vouée à l’échec. Le boulevard est largement ouvert au président IBK pour faire passer son projet.

Selon des sources, des tractations sont en cours pour amadouer Mme Sy Kadiatou Sow, considérée comme l’unique rempart. Une proposition de poste d’ambassadeur lui aurait été faite. Sa réponse serait attendue dans les prochaines semaines. Si cela aboutissait, ce serait un véritable démantèlement de la base des opposants au projet de révision constitutionnelle. Le triumvirat récemment mis en place aura la lourde tâche de faire revenir à la raison certains récalcitrants afin de garantir la réussite de la révision.

Même s’il est trop tôt de crier victoire, le contexte semble favorable au régime dans son combat pour la réussite de la révision constitutionnelle, car les anciens détracteurs du projet sont désormais en première ligne pour le défendre auprès des citoyens.

Y. Doumbia
Le Débat du 26 Aout 2019