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Comment l’aile dure de l’ADEMA avait rendu le Mali ingouvernable sous Alpha

A la faveur de la présentation au public de son livre intitulé “L’Etat démocratique républicain : La problématique de sa construction au Mali” le 4 septembre 2008, l’ancien Premier ministre, Me Abdoulaye Sékou Sow a fait des révélations.

L’ADEMA-PASJ qui a dirigé le Mali pendant 10 ans (1992-2002) fut confronté à d’énormes problèmes au début. Des barons du parti qui n’avaient pas encore trouvé leur compte ont juré de rendre le pays ingouvernable. Ces barons considérés comme l’aile dure de l’ADEMA ont fait démissionné deux Premiers ministres. Comment l’aile dure de l’ADEMA a rendu le Mali ingouvernable ?


L’ADEMA au commencent

L’ADEMA, en tant que parti politique est né à la suite d’un congrès constitutif convoqué pour les 25 et 26 mai 1991. Il est issu de l’association politique dénommée Alliance pour la Démocratie au Mali (A.DE.MA), créée le 24 octobre 1990. Pour marquer la différence entre l’association et le parti, il a été décidé de coller les lettres du mot ADEMA devenu un nom commun.

Le congrès a également décidé d’ajouter au sigle ADEMA le mot PASJ( Parti Africain pour la Solidarité et la Justice). A.DE.MA était présidé par feu Abderhamane Baba Touré. A partir du congrès constitutif, il a décidé de céder la place aux jeunes. C’est ainsi que Alpha Oumar Konaré a été élu président de l‘ADEMA en tant que parti politique par le congrès constitutif de mai 1991.


Comment les premiers ministres Younoussi Touré et Abdoulaye Sékou Sow ont échoué dans leur missions

Après une période transitoire de 14 mois présidée par Amadou Toumani Touré qui a organisé les premières élections démocratiques, l’ADEMA accéda au pouvoir, et Alpha Oumar Konaré a été élu président de la République du Mali. Mais, il faut souligner que l’ADEMA reconstitué est le produit d’une crise et de plusieurs associations dont le PMT et le PMRD. Dans la tendance PMT il y avait entre autres Alpha oumar Konaré, Soumeylou Boubèye Maïga, Aly Nouhoum Diallo, les membres de la famille Sy…

Dans la tendance PMRD il faut citer feu Mamadou Lamine Traoré, Tiémoko Sangaré, Cheick Pléah, Cléna Sanogo entre autres. Lors que l’ADEMA accéda à la Magistrature Suprême en 1992, on a sentis l’existence d’un accord secret entre les clans PMT et PMRD. Puisque l’un des membres du PMT, en l’occurrence Alpha Oumar Konaré est dévenu le président de la République, le clan PMRD pensait que la Primature lui revenair de droit, ce qui ne fut pas.

Cette situation a créé un malaise au sein de l’ADEMA au point que le pays était presque ingouvernable. Deux Premiers ministres ont fait les frais de cette division clanique au sein de l’ADEMA : Younoussi Touré, installé le 9 juin 1992, a démissionné le 9 avril 1993, soit 11 mois de gestion.

Son successeur, Me Abdoulaye Sékou Sow fut installé le 12 avril 1993 et a démissionné le 2 février 1994, soit à peine 10 mois d’existence. Ces deux Premiers ministres n’ont pas eu le soutien escompté des barrons de l’ ADEMA. C’est pourquoi ils ont échoué dans leurs missions.

Ce qui a fait la réussite d’ IBK

Ibrahim Boubacar KeÏta dit IBK, nommé le 4 février 1994, fut le 3ème Premier ministre du président Alpha Oumar Konaré. Quand le choix du président s’est porté sur lui, il était la 19ème personne du Comité Exécutif de l’ADEMA, l’instance dirigeante du parti de l’Abeille Solitaire, emblème de l’ADEMA.

En ce moment, il était le secrétaire aux relations extérieurs du C.E. Après la démission de Younoussi et de Me Abdoulaye Sékou Sow, tout indiquait que c’est Mamadou Lamine Traoré, alors président du parti qui allait devenir le 3ème Premier ministre du président Alpha Oumar Konaré. D’ailleurs, Me Abdoulaye Sékou Sow, en partant, a conseillé Alpha de choisir Mala comme Premier ministre.

Mais le président décida autrement puisque selon nos sources, il ne fasait pas confiance à Mamadou Lamine Traoré, qui était l’un des partisans du clan PMRD. Finalement, son choix s’est porté sur IBK, alors secrétaire aux relations extérieurs du C. E. ADEMA. Quelques instants après, un congrès extraordinaire fut convoqué pour chasser Mala de la tête de l’ADEMA et le remplacer par Ibrahim Boubacar Keïta qui devient ainsi, Premier ministre et président du parti au pouvoir.

Comme par coups de baguette magique, tous les problèmes ont trouvé leurs solutions, en tout cas, de façon temporaire. IBK venait de réussir là où ses deux prédécesseurs avaient échoué. Mais Mala n’a jamais toléré ce “coup de force”. C’est pourquoi il a démissionné en affirmant que “les frélons ont envahi la Ruche…”. Avec d’autres camarades, ils ont créé le MIRIA.


Ce qui a manqué aux prédécesseurs d’IBK

Pendant six ans, IBK a règné en maître absolu à la tête l’ADEMA et de la Primature. Pendant six ans (1994-2000), IBK a régné sans partage à la tête de l’ADEMA et à la Primature. De ce fait, il avait le soutien des députés donc du parti, puisqu’il en était le président.

C’est ce qui a manqué à ses deux prédécesseurs. Le jeudi 4 septembre 2008, lors de la cérémonie officielle de lancement de son livre intitulé “L’Etat démocratique républicain : La problématique de sa construction au Mali”, l’ancien Premier ministre, Me Abdoulaye Sékou Sow est revenu sur certaines péripéties de la gestion du pouvoir Alpha entre 1992 et 1997.

J’ai démissionné au moins trois fois avant de quitter le pouvoir. L’aile radicale de l’ADEMA a imaginé pour le Mali le scénario qui a abouti au départ de Moussa Traoré et les réunions se poursuivaient à la Bourse du Travail. En quittant la Primature, j’ai conseillé Alpha de prendre Mamadou Lamine comme Premier ministre”, a affirmé Me Abdoulaye Sékou Sow.

Daba Balla KEITA

08 Septembre 2008