Partager

La réunion extraordinaire du comité des chefs d’Etat-major de la CEDEAO (CCEM) a ouvert ses travaux, hier lundi 13 août, à Bamako. A l’ordre du jour, outre l’analyse sécuritaire en Côte d’Ivoire, la réunion a examiné les conclusions de la conférence finale de planification pour le déploiement de la Mission de la CEDEAO au Mali (MICEMA), tenue du 8 au 11 août 2012 dans la capitale malienne. Les travaux qui prennent fin cet-après midi devront adoptés le plan d’envoi des 3300 militaires au Mali dans le cadre d’une force d’intervention sous l’égide de la CEDEAO pour rétablir l’intégrité territoriale du Mali

Cette conférence de planification finale pour le déploiement de la Mission de la CEDEAO au Mali (MICEMA) fait suite à la réunion d’urgence du comité des chefs d’état-major de la CEDEAO, qui s’est tenue les 25 et 26 juillet 2012 à Abidjan. Ladite rencontre avait examiné le rapport et les conclusions de la mission technique d’évaluation de la CEDEAO. Une fois déployée, la MICEMA aura principalement pour but d’assurer la sécurité des autorités et des institutions de la transition, de contribuer au renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité maliennes à travers leur réorganisation et leur entraînement. De même qu’elle appuiera l’armée malienne dans la reconquête du nord du Mali occupé par des groupes rebelles islamistes.

L’ouverture des travaux a enregistré la présence des ministres de la Défense et des anciens combattants, le colonel Yamoussa Camara, de la Sécurité intérieure, Tiefing Konaté, du Chef d’Etat-major général des armées du Mali, le colonel-major Ibrahima Dahirou Dembélé, du président du comité des chefs d’Etat-major de la CEDEAO, le général de division Soumaïla Bakayogo, du Commissaire chargé des Affaires politiques, de la paix et de la sécurité de la Commission de la CEDEAO, Mme Salamatu Hussaini-Suleiman.

Dans sa présentation, le président du comité des chefs d’Etat-major de la CEDEAO, le général de division Soumaïla Bakayogo, a précisé l’objectif de la rencontre, à savoir la planification finale du concept d’opération de l’engagement au Mali de la force en attente de la CEDEAO. Il s’agit, selon lui d’arrêter les modalités pratiques pour le déploiement de la force de la mission de la CEDEAO au Mali baptisée «MICEMA».

« Après plusieurs mois de concertation, à l’issue d’une mission technique d’évaluation dépêchée sur place à Bamako, le comité des chefs d’Etat-major avec l’ensemble de ses quinze membres, a adopté les 25 et 26 juillet derniers à Abidjan un concept consensuel, initial des opérations. Nous venons achever aujourd’hui ce concept en arrêtant sur le terrain, sur place à Bamako, les dispositions concrètes du déploiement de la force de la MICEMA » a-t-il dit.

De son coté, le ministre de la Défense et des anciens combattants, le colonel Yamoussa Camara, a indiqué que l’agression dont est victime le Mali focalise l’attention de la communauté internationale. Le ministre de rappeler que les pays du champ avaient initié en son temps, des mesures visant à mutualiser les moyens et à conjurer la menace qui se précisait. Des organes furent mis en place pour conduire des opérations concertées à travers notre espace commun.

Et malheureusement, au-delà des déclarations de principe et de l’élaboration des procédures opérationnelles, très peu de chose a été fait sur le terrain, a déclaré le colonel Yamoussa Camara. Avant d’ajouter que les rares initiatives furent sans lendemain en tout cas parcellaires, plus ou moins improvisées et sans une réelle coordination entre les acteurs.

Pour lui, le mandat assigné à la Mission de la CEDEAO au Mali par la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement est une mission d’assistance et d’appui dans le cadre de la solidarité régionale. « La République du Mali est à la croisée des chemins mais l’Etat malien demeure un interlocuteur incontournable dans le cadre de la recherche de solution pour une sortie de crise. Nous ne repousserons jamais la main tendue de nos frères.

Nous l’acceptons de bon cœur, tout en vous demandant de ne pas chercher à vous substituer ni aux forces de défense et de sécurité du Mali, ni au peuple malien dont vous mesurez la sensibilité » a martelé notre ministre de la Défense. En faisant une mise en garde à l’endroit des participants, il dira en ces termes « tout ce que vous poserez comme acte, sera retenu par l’histoire, en bien ou en mal, comme jurisprudence à travers l’espace de la CEDEAO. Agissez, je ne puis résister à la tentation de le dire, comme vous aimeriez que l’on vous traite dans des circonstances similaires « .

A l’issue de cette réunion, qui prend fin aujourd’hui dans la soirée, il est attendu, dans un délai raisonnable, le déploiement des 3 300 hommes de la MICEMA. Ce qui permettra de lancer les opérations militaires contre les groupes de bandits armés qui ont déclaré la guerre à notre pays.

Ramata TEMBELY

14 Août 2012