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Amadou Toumani Touré, Président du Mali, en compagnie d’Abdoulaye Wade, Président du Sénégal et de Mme Ellen Jonhson Sirleaf, Présidente du Libéria, a présidé le 16 juin 2010, au CICB, la cérémonie d’ouverture de la réunion de la 16ème reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (IDA).

De mémoire d’habitué du CICB, la grande salle de conférence n’a jamais été aussi pleine. Bien qu’aucun cadre des services rattachés au ministère de l’économie et des finances, n’ait voulu se faire raconter cette cérémonie d’ouverture, la salle a dû refuser du monde. Mais, ils avaient raison, car ce fut un véritable show de plaidoyer lobbying en faveur de l’IDA, de la Banque Mondiale et des pays pauvres dans le monde, notamment africains.

Que ce soit Sanoussi Touré, ministre de l’économie et des finances du Mali, Mme Ellen Jonhson Sirleaf, Présidente du Libéria, Abdoulaye Wade, Président du Sénégal, Amadou Toumani Touré, Président du Mali et Mme Ngozi N. Okonjo Iweala, Directrice générale de la Banque Mondiale, ils ont tous mis l’accent sur la nécessité d’aider l’IDA pour soutenir les efforts des Etats africains à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement.

Premier à prendre la parole, le ministre malien de l’économie et des finances n’est passé par quatre chemins pour inviter les pays donateurs à faire un effort exceptionnel en faveur l’IDA, malgré la crise internationale. « L’Afrique est en ce moment rivé sur vous à Bamako, chers donateurs de l’IDA, pour vous demander de faire plus que par le passé, malgré la crise financière », a-t-il martelé.

Avant de décliner en quatre points les souhaits de l’Afrique : un taux d’augmentation de ressources, au moins égal à celui de l’IDA-15, à savoir 31% ; le maintien à au moins 50% la part de l’Afrique subsaharienne dans l’enveloppe de ressources ; l’augmentation des ressources dédiées au financement de l’intégration régionale et l’assouplissement de leurs conditions de mobilisation et la validation de la proposition de création du mécanisme permanent de financement de la réponse de l’IDA aux crises.

Pour sa part, Mme Ngozi N. Okonjo Iweala, Directrice générale de la Banque Mondiale, pour sa part, a estimé que cette rencontre constitue une formidable opportunité pour soutenir les efforts des pays à atteindre les OMD, malgré le contexte international difficile. Quant à Abdoulaye Wade, Président du Sénégal, il a estimé que pour une fois les Etats africains n’étaient pas venus pour demander de l’argent à la Banque Mondiale, mais pour faire un plaidoyer pour que la banque gagne de l’argent. Après avoir plaidé pour la Sierra Léone et la Guinée Bissau, Abdoulaye Wade a estimé que le Mali est l’exemple qu’un pays peut faire pour se doter d’une économie vivace capable d’entretenir une démocratie enviée.

« La rencontre de Bamako est une bonne occasion pour montrer aux bailleurs que l’argent donné à la Banque Mondiale, n’est pas perdu. Et le Mali le démontre à souhait », a-t-il déclaré. Avant d’estimer que l’exercice est délicat dans un contexte de crise financière internationale, où les Etats donateurs ont tendance à se replier sur eux pour faire face aux problèmes de leurs populations. Abdoulaye Wade a clairement soutenu que cette façon de voir les choses était une grave erreur, pour la simple raison que le développement de l’Afrique est une composante de la croissance des pays développés. Mieux, il a rappelé qu’au plus fort de la crise, nombreuses sont les entreprises filiales du sud qui ont soutenu leurs sociétés mères en Europe.

Et pour tout cela, Abdoulaye Wade a estimé que le principe de la solidarité internationale doit soutenir une Afrique en croissance pour l’atteinte des OMD. Dans son intervention, Amadou Toumani Touré, Président du Mali, comme ses prédécesseurs a tenu à préciser que la réunion intervenait dans un contexte encore marqué par les séquelles profondes de la crise économique internationale qui a fragilisé la plupart des pays riches, bailleurs de fonds. Mais, mieux qu’eux, il a rappelé qu’elle se tenait à cinq ans de l’échéance des OMD, sur lesquels la Communauté internationale s’est volontairement engagée, il y a maintenant une décennie.

Il a ensuite rappelé tout le chemin parcouru par le Mali grâce à l’aide de l’IDA dans le domaine de l’énergie domestique et rurale, le secteur de l’eau, le secteur de la santé, dans la lutte contre le VIH/Sida et dans la protection de l’environnement. Il a estimé que comme les institutions et les infrastructures, la paix est un socle incontestable du développement. Et à rappeler que depuis quelques années, la bande sahélo-saharienne est caractérisée par des formes de menaces diverses pour les pays riverains.

ATT a estimé que la réponse sécuritaire est importante, mais la solution demeure le développement. « Il faut forger un autre environnement et créer des alternatives pour le développement humain et social », a-t-il conclu.

Assane Koné

18 Juin 2010