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Le gouvernement tunisien a prévu une réunion de crise ce lundi alors que plus de 10.000 Tunisiens ont manifesté dans la nuit pour et contre le pouvoir sur la place du Bardo (ouest de Tunis) où se trouve le siège de l’Assemblée nationale constituante, dont l’opposition réclame la dissolution. Après la dispersion brutale des manifestants dans la nuit de samedi à dimanche par la police, le ministre de l’Intérieur a promis de veiller désormais à la sécurité des manifestations pacifiques. « Le ministre nous a dit qu’il a clairement donné des ordres aux agents de ne plus utiliser la force contre les manifestants et participants au sit-in devant l’Assemblée nationale constituante » (ANC), a déclaré le député Samir Taïeb, figure connue de la contestation. Le gouvernement a prévu une réunion de crise lundi. Le président de l’ANC Mustapha Ben Jaafar a prôné « la retenue » et invité les députés à occuper leurs sièges pour “finir le travail sur la Constitution » avançant fin août comme date limite à son adoption. La contestation risque de s’amplifier avec l’appui de la puissante centrale syndicale (UGTT) qui a décrété une grève générale largement suivie vendredi. Les autorités ont désigné les auteurs de l’assassinat comme étant des salafistes jihadistes proches d’Ansar Ashariaa, une organisation dont des membres sont soupçonnés d’être liés à Al-Qaïda. Ansar Ashariaa a démenti dimanche toute implication affirmant n’avoir « aucun lien avec cet assassinat politique qui fait partie de tentatives connues pour pousser le pays vers le chaos »..AFP.