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La situation politique est en ce moment très confuse au Mali, au point qu’on a du mal à savoir ce qui adviendra demain. Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous sommes à l’heure de la formation des grands ensembles. Dans cette mouvance, en lieu et place des alliances électorales, on assiste plutôt à des fusions entre partis politiques.

Qu’à cela ne tienne, les rapprochements actuels ne semblent pas être basés sur des affinités que des acteurs politiques avaient auparavant avant de connaître des ruptures, excepté le cas à l’Adéma où de nombreux anciens camarades sont en train de débarquer avec armes et bagages.


L’ADEMA éssue la résistance de l’UDD

Pour autant, le parti de l’Abeille Solitaire a maille à partir avec certains de ses partenaires traditionnels comme l’UDD. C’est cela aussi la politique, puisque chaque parti politique, conformément à sa vocation, se doit de chercher à conquérir le pouvoir politique envers et contre tout.

Seulement cela se fera dans les règles de l’art, conformément aux dispositions pertinentes de la loi électorale. Pour le moment, l’Adéma, malgré ses prouesses, a encore du chemin à faire pour s’assurer qu’il parviendra à atteindre ses objectifs électoraux.

En effet, c’est à travers une déclaration que le conseil exécutif de l’UDD a été formel qu’il ne sera pas question de fondre le parti dans un autre. Ce fut un coup dûr pour l’Adéma qui avait ces temps-ci le vent en poupe.

Une décision dissuasive

Le refus de l’UDD d’être à la merci de l’Adéma ne serait-il pas de nature à dissuader certains acteurs ou partis politiques qui se préparaient à aller dans la Ruche? En tout cas cette résistance à l’Adéma a un sens. Sera-t-elle de nature à mettre fin à la vague d’adhésions qui avait cours ces temps-ci à l’Adéma pendant un bon moment?

Ce qui est sûr, c’est que chacun réfléchira mûrement et longuement avant de prendre la décision de s’allier à tel ou tel parti, surtout que dans les coulisses des rumeurs font état que les leaders de certains partis ont choisi d’aller à l’Adéma sans consulter la base. Est-ce vrai?

ADEMA anciens partenaires de l’ARD

On ne peut affirmer que l’Adéma pourra convaincre ses anciens camarades de l’ARD à venir se fondre dans lui. En effet, depuis un certain moment, plusieurs membres de l’ancienne ARD ne parlent plus le même langage ; chacun aura choisi son chemin en raison des affinités nouvelles mais surtout des intérêts partisans. Ainsi, on en trouve depuis la veille des élections générales de 2007 tant dans la mouvance présidentielle que dans l’opposition. Mais aucun d’eux excepté l’UDD n’a dit son dernier mot.

Comme nous sommes loin des prochaines élections générales de 2012, ce n’est pas à cause des élections communales qui sont proches que les uns et les autres vont forcement dévoiler leur jeu. Mais d’ici là, les calculs iront bon train.

Qu’en sera t-il pour espoir 2002?

Espoir 2002, à l’instar de l’ARD n’existe plus de fait depuis fort longtemps. En effet, ses ténors sont partagés entre la mouvance présidentielle et l’opposition. Toute chose qui n’est pas de nature pour le moment, à faciliter des retrouvailles, non pas en terme de fusion d’un parti dans un autre, mais en terme d’alliance électorale.

Ainsi, d’un côté le CNID et le MPR sont membres du regroupement politique ADP, de l’autre, le RPM qui était la locomotive du regroupement est la tête de file du regroupement politique FDR qui avait l’ambition de réaliser l’alternance politique en 2007 lors des présidentielles. Il se retrouve avec le RDR, la COPP entre autres.

Excepté le CNID et le MPR, tous les autres sont à l’opposition aujourd’hui. Ils sont tellement loin les uns des autres aujourd’hui qu’il est difficile d’envisager que les retrouvailles seront pour demain entre eux. Aussi, il y a lieu de chercher à savoir si les plaies pour les griefs à l’occasion des campagnes électorales passées sont cicatrisées. Le temps nous en dira.

Le bouleversement des rapports de forces

Mais ce qui est sûr, c’est que c’est à la veille des élections générales de 2012 que tout se jouera. Les mouvements en cours aujourd’hui sont ceux de façades. D’ailleurs en dehors des élections communales qui s’approchent grands pas, il n’est pas évident que ce liens qui se tissent aujourd’hui seront solides et durables.

En effet, c’est dans quatre ans que se tiendront les élections générales de 2012 et d’ici là, il y aura beaucoup d’évolutions dans la situation politique et socio-économique du pays. Alors, on assistera infailliblement à un renversement des tendances actuelles.

C’est justement par rapport à ces nouvelles donnes que les répositionnements sérieux et durables se feront au sein de l’échiquier politique national. Et avec cette nouvelle perspective, il y a de fortes probabilités que certains soient obligés de revenir sur leurs choix. Ne dit-on pas que le choix n’est pas permanent?


L’alternance Politique en 2012

En tout cas, la fin du second mandat d’ATT correspondra aux tractations devant conduire à la réalisation de l’alternance politique. C’est cette ambition qui guidera les différents partis dans leurs options politiques futures. Peut être qu’à ce moment il se pourrait que des anciens compagnons du regroupement politique Espoir 2002 envisagent des retrouvailles, comme pour confirmer que dans certains cas l’histoire se repète.

En effet, on se rappelle qu’à l’élection présidentielle de 2002, les partis membres d’Espoir 2002 avaient pour ambition majeure de réaliser l’alternance politique. C’est à cette même élection que ATT était le candidat indépendant le plus sérieux dans la compétition. Mais, en 2012, conformément aux textes en vigueur, ATT ne sera plus candidat à la présidentielle.


Tout peut arriver

C’est pourquoi il est étonnant d’entendre certains acteurs politiques s’agiter à ce sujet, exprimant des inquiétudes autour de l’article de la loi électorale relatif aux mandats. Donc, en l’absence d’ATT de la course, les rapports de forces vont être difficiles à évaluer avant les différentes compétitions électorales.

Ce moment sera aussi propice à de nouvelles relations où le RPM, le CNID, le MPR et certains de leurs anciens compagnons pourraient envisager comme en 2002, un bloc contre les velléités de l’Adéma de reconquérir le pouvoir politique en 2012. Sait-on jamais? En tout cas, en politique au Mali, tout peut arriver.


Moussa SOW

21 Mai 2008