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Les choses commencent à se préciser sur la scène politique Malienne par rapport aux élections générales de 2007. Et le week-end écoulé aura vu une très grande intensité dans les activités des formations politiques avec la signature du document dit du FDR par 14 partis politiques et deux associations, pour dit-on réaliser l’alternance . Et parmi ceux-ci, l’on retrouve le RPM du président de l’Assemblée Nationale et le Faso de l’irréductible Issa N’Diaye. Alliance de circonstance pourra t-on dire sous d’autres cieux, mais tout de même alliance pour obtenir le changement, selon ceux qui sont à la base de cette initiative.

Cependant, lorsqu’on se réfère au parcours politique de ceux qui ont constitué ce regroupement, on se rend compte que tout oppose certains responsables dudit regroupement. Le cas le plus concret est celui du président du Faso qui, naguère ne regardait pas dans la même direction que IBK, président du RPM. A la faveur des élections qui pointent à l’horizon, les deux hommes, comme pour faire maintenant table rase sur la passé, ont décidé de se réconcilier en signant ensemble le document du FDR.

Pourtant personne ne pouvait imaginer que ces deux chefs de partis, après leur rupture puissent se retrouver pour parler le même langage. Une surprise politique donc. Mais qu’à cela ne tienne peut-on affirmer que le FDR pourra être à l’abri des soubresauts à cause de la présence du Pr contestataire ? Rien n’est moins sûr, car à observer de près, on se rend compte que le président du RPM a une conception du pouvoir qui, du reste est diamétralement opposée à celle du Pr Issa N’Diaye.

Pour ceux qui ne le savent pas, ce sont Issa N’Diaye et certains dissidents de l’Adéma qui avaient lancé Alternative 2002 qui deviendra en 2001 le RPM. Mais à l’assemblée générale constitutive de ce parti, on a enregistré l’absence remarquée de Issa N’Diaye lors de la cérémonie de clôture dans la salle des spectacles du Stade Omnisports Modibo Kéita. Le professeur protestait contre le comportement pouvoiriste d’IBK. Elu secrétaire politique du RPM, il finira par quitter.

En prenant ses distances Issa N’Diaye informera l’opinion en criant gare : “Si nous avons accepté de continuer jusqu’ici malgré les méthodes de voyou utilisées contre nous, c’est sur l’insistance de bon nombre de maliennes et de maliens qui se sont engagés avec nous dans ce projet, parce qu’ils croient en nous, parce que nous constituons pour eux un espoir de sérieux, d’honnêteté, de rigueur, et de fidélité aussi bien dans la pensée que dans l’action…

Ces mots à eux seuls expliquent pourquoi le président du Faso a voulu prendre ses distances vis-à-vis de IBK et de ses camarades du RPM. Mais, si c’est le même Issa N’Diaye qui est revenu pour signer une alliance avec ce parti, il y a de quoi s’interroger sur l’avenir du FDR. Car Issa N’Diaye n’a pas tout l’air d’avoir changé dans son comportement politique .Si c’est le cas, on peut dire que c’est un marché de dupe qui est signé auquel on demande au peuple du Mali d’adhérer.

C’est pourquoi, aujourd’hui, on doit s’interroger sur la sincérité des hommes politiques qui veulent présider aux destinées de notre pays. Tant il est vrai que certains sont prêts à se renier notamment en osant faire un pacte fut-il avec le diable. Le seul but étant d’être président de la République.

Un front mal parti

Déjà, certains maliens commencent à exprimer toute leur surprise et leur étonnement face à cette alliance phagocytée par les mécontents du régime. Que peut faire le front mis en place devant l’ADP qui compte en son sein plus de trente formations politiques? Curieusement aussi, certains membres de ce front se refusent de retirer leurs ministres du gouvernement. Ce qui est sûr, c’est que le RPM, quoi qu’il dise sur le pouvoir, est aussi comptable du bilan de ce premier quinquennat d’ATT.

S’agissant d’autres partis qui se trouvent également dans le FDR, tout le monde sait que leur attitude s’explique par le seul fait qu’ils ne sont pas représentés au gouvernement. En plus, ils ne sont pas à des postes de responsabilité où ils souhaiteraient être dans l’administration malienne. C’est tout cela qui explique leur colère contre ATT. Ceci étant, ils promettent de le faire partir en 2007. Déjà, le PARENA semble pressé, car comme pour dire à ATT “ôte toi de là pour que je m’y mette”, la semaine dernière, le président Tiébilé Dramé, dans une déclaration, demandait au président de la République de partir, c’est-à-dire de renoncer à un second mandat.

C’est dire que le chef de l’Etat est en quelque sorte devenu maintenant trop gênant pour certains qui sont pressés de lui succéder, ignorant complètement que c’est au peuple malien que revient le droit de faire le choix de qui doit le diriger. Cette vérité, le FDR doit la comprendre et l’admettre pour toujours.

Alors pour pouvoir battre ATT, le front fait un ramassis d’hommes politiques qui ne sont plus des poudres de guerre. Leur seul crédit c’est d’avoir fait partie du mouvement démocratique. Il semble que c’est à ce seul titre qu’Issa N’Diaye est appelé par l’ADJ et IBK qui sont en train de vouloir devenir les rentiers de la démocratie malienne.

Laya DIARRA

28 février 2007.