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kati.jpgLa semaine dernière, la fondation Mahmoud Kati a organisé un grand forum historique à Kirchamba, localité située à une vingtaine de kilomètres de Diré. Travailler à la renaissance de la culture hispano-musulmane de la Boucle du Niger reste le principal objectif de cette rencontre.

Plus de deux cents participants, tous descendants du savant Mahmoud Kati ont pris part aux travaux.

Mahmoud Kati a laissé derrière lui plusieurs milliers de manuscrits, écrits en arabe, en hébreu et en espagnol, actuellement conservés dans la bibliothèque familiale Fondo Kati de Tombouctou. La fondation espagnole Mahmoud Kati est représentée dans notre pays par la bibliothèque Fondo Kati.

Cette bibliothèque a été créée par Mahmoud Kati, fils d’Ali Ben Ziyad et de Kadidia Sylla qui est la grande sœur de l’empereur Askia Mohamed. Elle comprend 14.000 manuscrits dont 7.000 sont déjà répertoriés. Les documents sont datés du 10è au 19è siècle. Parmi ces écrits historiques, on retrouve le manuscrit original du célèbre Tarich Elfatach dont Mahmoud Kati est le coauteur. C’est précisément en 1471 que Mahmoud Kati qui habitait la cour royale a commencé à constituer sa bibliothèque.

Grâce au forum de Kirchamba, participants ont pu connaître le lien filial qui les unissait, permettant ainsi de renforcer les relations entre frères dispersés tout le long de la Boucle du Niger.

Le forum a été principalement animé par l’historien Ismaël Diadié Haidara, président de la fondation Mahmoud Kati.

Pour Mr Haïdara « Puisque dans la pratique aucune action n’était posée, la fondation Mahmoud Kati entend informer et sensibiliser les populations concernées sur les liens séculaires qui existent entre les peuples espagnol et malien de la boucle du Niger« .

Relations de parenté entre Espagnols et Maliens, a expliqué Mr Haidara sont nées du fait
que Ali Dia Ruma, musulman espagnol a atteint le Ouagadou en 1468 et y épousa une jeune femme soninké. Le couple enfanta Kadidia, mère du célèbre chroniqueur Mahmoud Kati ou Mohamed Kota.

Ici, dans la Boucle du Niger, il est surtout connu sous le nom d’Alpha Kota. Kadidia est la sœur de l’empereur Kankou Moussa qui ramena de la Mecque l’architecte espagnol Es Sahili qui construisit la mosquée de Djingarey Ber à Tombouctou.

Mahmoud Kati, après son pèlerinage à la Mecque avec son oncle Kankou Moussa en 1496, fonda une famille à son tour. Profondément musulmane, la famille Kati longea le bord du fleuve Niger et se mêla progressivement aux habitants du Dianké, Dirma, Arkodia où repose la dépouille de Mahmoud Kati, qui mourut le 24 septembre 1593, alors qu’i avait plus de 100 ans.

Une partie de cette communauté s’est dispersée alors à Tindirma, Kirchamba et Goundam, dans la région de Tombouctou.

Cette première édition, selon les organisateurs a pris des proportions inattendues. En effet, pour les travaux en atelier, seulement une trentaine de participants étaient attendus, mais dès les premiers sons de tam-tams et de flûtes, plusieurs centaines d’habitants des environs ont pris d’assaut le village de Kirchamba. Plus de 30 villages ont ainsi été représentés au forum.

Les participants ont rendu une visite de courtoisie aux grandes familles des villages de Kirchamba et de Doullakoyra.

Pour Bouréma Ousmane Yattara maire de la commune de Kirchamba, le forum a permis aux frères descendants de la grande famille Kati de se connaître et d’envisager ensemble le futur.

Pour Mr Yattara, depuis 2001, la fondation Mahmoud Kati a restauré notre centre de santé avant de prendre en charge le salaire de ses agents, indiquera le maire. Elle a aussi distribué une importante quantité de céréales et de lait à nos populations.

En effet, cette distribution gratuite de 1800 tonnes de riz, de farine et de lait a couvert toute la région de Tombouctou. Sans oublier un don de céréales à la Fondation pour l’enfance et à la Sécurité alimentaire. Pour être plus efficace, la fondation envisage même de créer une institution qui appuiera les efforts des pouvoirs publics dans le cadre de la sécurité alimentaire.

Les travaux de trois jours, ont été sanctionnés par trois principales recommandations : La première invite à concrétiser un projet de création d’un observatoire du patrimoine des Kati., la seconde porte sur le lancement de la reconstitution de l’université de Goundam ouverte jusqu’au 19è siècle, quant à la dernière recommandation, elle concerne le démarrage de la caravane humanitaire et culturelle de la « Route des Kati » pour novembre prochain, qui débutera en Espagne et s’achèvera à Tombouctou. Elle durera deux mois. Une grande équipe de médecins, d’historiens et d’autres compétences effectuera des actions de générosité dans le Sahara, au Maroc, au pays mandingue et tout le long de la Boucle du Niger.

Promesse a été faite par Mr Haïdara que le rapport du forum sera remis aux autorités de notre pays et à l’Unesco.

03 mai 2007.