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Ironie du sort. Dix huit ans après la chute de la dictature militaro- affairiste du général Moussa Traoré, les militants et les leaders du Mouvement démocratique (MD), responsables du chaos actuel du pays, se sont retrouvés samedi dernier au Centre international de conférence de Bamako, pour, dit-on, commémorer la date de la marche unitaire du 30 décembre 1990.

S’il savait qu’ils ne disposaient plus d’un capital de confiance auprès de l’écrasante majorité de la jeunesse qu’ils ont roulée dans la farine dans les années 90 pour prendre le pouvoir dans le seul but de s’accaparer du peu que le dictateur voulait léguer aux générations futures, les dirigeants du MD n’allaient plus occuper le devant de la scène. Mais peut être, c’est pour exhiber ceux qu’ils ont volé.

Cette tragi- comédie du week- end, au cours de la quelle nous avons vu défiler des responsables du MD, ressemblait plus tôt à un tribunal de la honte. Car certains se demandaient pourquoi cet évènement maintenant. Cette petite interrogation prouve à suffisance que les points n’étaient pas encore sur les i pour convoquer une telle rencontre.

Nous savons qu’à l’heure actuelle, il sera difficile pour eux de se donner la main.

Tant les rancœurs, le rejet de l’autre, la haine, la division ont visité les uns et les autres. En tout cas, ils peuvent créer un cadre de ce genre pour se défouler. Sinon, ils n’ont plus un message mobilisateur pour faire changer les avis des Maliens.

Les dix ans d’exclusion du Mouvement démocratique sont la preuve qu’ils n’étaient animés que par un seul désir : prendre le pouvoir pour faire pire que Moussa Traoré et sa bande. Les preuves ne manquent pas.

Le régime d’Alpha Oumar Konaré a produit 21 milliardaires dont 15 fonctionnaires. Les années ADEMA ont été émaillées par des scandales politico- financiers, impliquant les barons du MD.

Pire, ils ont pillé les sociétés et entreprises d’Etat avant de les acheter sous des prête noms, mettant du coup au chômage tous ceux qui pensaient en 90 que ces gens là étaient des références morales et politiques.

Comme si cela ne les suffisait pas, les démocrates pilleurs ont chassé les pauvres de leurs habitations au nom d’une viabilisation pour se caser eux mêmes. Après la ville de Bamako, ils se sont partagés les réserves foncières de la capitale et de Kati.

Il est clair aujourd’hui, qu’ils ont fait plus de mécontents que d’heureux. Donc, il n’est point intéressant d’écouter ces marchands d’illusions qui ont montré leur vrai visage au peuple. Qui n’est autre que le vol.

Maintenant que ATT les «prive» de puiser inconsciemment dans les caisses de l’Etat, le MD veut se réveiller en faisant croire qu’il est victime.
Le peuple malien a trop encaissé, il est temps de lui épargner des moqueries.

Sinon, la riposte ne saura tarder.


Y.S

12 Janvier 2009