Partager

Mercredi et jeudi derniers, l’armée malienne a été incapable de déloger une poignée (une quarantaine) de jihadistes qui avaient pris la mairie et le palais de justice de Gao. Malgré leur surnombre, les forces armées et de sécurité (Fas) ont dû attendre l’intervention du Serval, notamment des hélicoptères, pour avoir raison des assaillants. Et même là, pendant toutes les journées de vendredi et de samedi, les échanges de tirs ont continué. Il faut rappeler que l’armée nigérienne évolue aux côtés des Fas à Gao. Quelques jours auparavant, c’est encore l’armée française qui avait repoussé les assaillants du Mujao qui eux-mêmes résistaient vaillamment à l’armée malienne.

Pendant ce temps, le même vendredi, l’armée tchadienne subit de lourdes pertes en vie humaine (au moins quinze soldats), en matériel et en logistique, à quelques kilomètres de la frontière algérienne, dans la région de Kidal. Eux aussi ne se sauveront de l’embuscade que grâce à l’intervention de la Panthère ( nom donné à la 2è phase de l’intervention française.
Ces différentes situations démontrent à suffisance que les armées africaines, y compris malienne, ne sont pas encore en mesure de résister aux assauts des groupes islamistes. Et qu’elles doivent être assistées par l’armée française. Néanmoins, ces assauts répétés des islamistes, avec l’introduction, pour la première fois, d’attentats suicides, ont permis aux forces armées et de sécurité de comprendre que la guerre est loin d’être terminée car elle vient de se muer en guérilla contre laquelle elles ne sont pas préparées. Et qui risque de s’inscrire dans la durée, les moudjahidines ayant la possibilité de s’infiltrer assez facilement dans la ville de Gao, et de s’attaquer au dispositif militaire.

Cela est rendu possible parce que les islamistes ne sont pas bien loin de Gao et bénéficient de solides complicités au sein de la population de certains villages. En effet, depuis des décennies, dans des localités comme Kadji, Hamakouladji ou Forgho, il existe de forts courants d’intégrisme religieux. Ce sont des habitants de ces villages, plus certains de la ville de Gao même, qui ont grossi les rangs des moudjahidines pour gérer les différentes localités de la région de Gao. C’est pourquoi, contrairement à ce que craignent l’Occident et les défenseurs des droits de l’homme, aucun amalgame n’est possible car tout le monde se connait, chacun sait ce que l’autre a fait ou est susceptible d’avoir fait. Cependant, on aurait tort de croire que ces complices sont uniquement des Touareg, Arabes ou Peulhs car des Songhays aussi sont fortement impliqués, à Gao comme à Bourem ou à Ansongo où le village de Goléa, fortement intégriste, a servi de base de recrutement et d’entrainement aux jihadistes.

Ces différents villages, qui ont fourni aux groupes terroristes des hommes, et qui continuent de les abriter et de les assister dans leur guérilla, sont également connus des autorités civiles et militaires. D’où cette question: pourquoi l’armée n’envoie-t-elle pas ses troupes pour épurer ces localités ? Craindrait-elle comme l’accuse encore de commettre des exactions contre des populations civiles innocentes ? Elle ne devrait pas. Parce que si ces villageois gardent, aident et protègent des islamistes, ils sont tout autant terroristes que les moudjahidines. Et à ce titre, ils doivent être également traqués et mis hors d’état de nuire. En se rendant coupables ou complices d’actes consistant à couper des mains et des pieds, à lapider à mort et à flageller à sang, à décapiter et à égorger, ces terroristes ont démontré qu’ils n’ont plus aucune once d’humanité. Alors pourquoi les traiter comme des êtres humains, pourquoi leur concéder des droits humains ? Non, ce sont des bêtes nuisibles et particulièrement féroces pour lesquelles même Brigitte Bardot ou l’association Greenpeace ne plaideront pas le droit des animaux. Une bête féroce et nuisible à l’homme doit être traquée, capturée et éliminée. De manière expéditive ou pas.

Ceux qui parlent d’amalgame doivent se demander d’abord pourquoi certains sont ciblés et pas d’autres. Pourquoi, précisément, certains sont victimes de ce qu’ils appellent « exactions » alors que d’autres vaquent tranquillement à leurs affaires ? Parce que justement il n’y a pas d’amalgame.

Cheick Tandina

Le Prétoire du 25 Février 2013