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Depuis 2002, l’armée n’a enregistré aucun départ à la retraite de ses éléments, tous rangs et toutes grades confondus. Pourquoi ?

Explication : à cette époque des organisations syndicales sous la houlette de l’UNTM (Union nationale des travailleurs du Mali) obtenaient, après d’âpres négociations, une prolongation de l’âge de la retraite dans la fonction publique.
De leur côté, les autorités militaires ont revu à la hausse l’âge de départ à la retraite des militaires.

Une hausse intervenue après analyse et compte tenu des spécificités de l’institution militaire. En clair, fallait-il tenir compte de certaines réalités propres à l’armée et qui sont de loin différentes de celles existantes dans la fonction publique.

C’est ainsi que, dans la plupart des corps, l’âge limite de retraite a été prolongé de trois ans. Pour de nombreux sous-officiers, exceptés les musiciens, l’âge de retraite est ainsi passé de 52 ans à 55 ans.

Que dit la loi ?

Pour mettre en application ces nouvelles dispositions, l’ancienne loi
(N°95-041) du 20 avril 1995 portant statut général des militaires a été revu et corrigé. Cette loi a été remplacée par une autre loi datée du 16 décembre 2002.

Adoptée par l’Assemblée nationale et promulguée par le chef de l’Etat, et chef suprême des armées, c’est cette nouvelle loi qui régule désormais la retraite des militaires. Cette loi, en vigueur depuis 2002, comprend deux annexes : un concerne les officiers et l’autre les sous-officiers. Les deux sont relatifs à la limite d’âge du personnel des armées et des services.

Dans l’annexe 2, il est clairement indiqué l’âge limite de tous les éléments. Ainsi, pour les sous-officiers des armes de l’armée de terre, les âges de la retraite étaient initialement fixés à 52 ans, 50 ans et 47 ans, respectivement pour le major, l’adjudant et l’adjudant chef ainsi que le sergent et le sergent chef. Aujourd’hui, ils (âges de retraite) sont fixés comme suite : le major 55 ans, l’adjudant/Chef 53 ans, et le sergent/Chef 50 ans.

A l’armée de l’air, les sous-officiers (personnel non navigant) sont admis à la retraite dans les mêmes conditions qu’à l’armée de terre. Pour ce qui est des officiers (généraux, supérieurs, subalternes), c’est presque les mêmes dispositions. Pour preuve, à l’armée de l’air l’officier général est admis à 62 ans dans la nouvelle loi, contre 58 dans l’ancienne loi, l’officier supérieur va à la retraite maintenant à 60 ans et l’officier subalterne à 59 ans.

Nous le disons plus haut, depuis trois ans aucun élément n’a été admis à la retraite en application de la loi de 2002. La prolongation tire vers sa fin. En effet, les autorités militaires viennent de dresser, par arrêté (N°050647 MDAC), daté du 1er avril 2005 la liste des sous-officiers, «atteints par la limite d’âges» et qui sont appelés à faire valoir leurs droits à la retraite à partir du 31 décembre 2005. Combien de militaires sont-ils concernés ? Pour l’instant aucune réponse à cette question.

A 55 ans, ces éléments auront, pour la plupart, passé une trentaine d’années au service de la nation et de l’armée. Aussi, méritent-ils la reconnaissance de la patrie. Car, à 55 ans, ces soldats seront plus utiles ailleurs que… dans un champ de bataille.

C.H Sylla

20 avril 2005