Partager


Malgré les efforts déployés par les autorités, les problèmes persistent et les populations manifestent peu d’engouement à retirer leurs cartes d’électeurs.

L’heure n’est pas du tout à la mobilisation, tant souhaitée par les autorités, pour le retrait des cartes d’électeurs. On a de la peine à voir les citoyens regroupés en nombre impressionnant pour retirer le précieux sésame, qui leur permettra de départager le 29 avril prochain les huit prétendants au fauteuil de président de la République. Certains attribuent cette faible mobilisation au fait que les Maliens accordent peu de crédit au vote qui, à leurs yeux, ne changera rien à leur situation.

En attendant la grande mobilisation, ce sont les difficultés liées à la mauvaise organisation des listes électorales qui constituent la principale entrave au retrait des cartes. Par exemple, à Lafiabougou en Commune IV du district de Bamako, il y a trois centres de retrait des cartes (centre de Lafia 1, centre du Cap et le centre du terrain bélier) avec des listes différentes.

Les électeurs sont obligés de parcourir tous ces centres pour chercher leur nom et parfois sans succès. C’est pourquoi, indique Fatou Koné, présidente du centre Lafia 1, « les gens qui n’arrivent pas à voir leur nom sont consternés et hurlent sur nous sans se rappeler que ce n’est pas nous qui avons fait les listes ».

Et à Moustafa Yattara, doyen du même centre, d’ajouter que « nous recevons chaque jour des plaintes sur la disposition des cartes. Il arrive que certaines personnes trouvent leur nom dans un centre et la carte dans un autre », souligne-t-il. Ce long marathon se fait sous un soleil accablant.

A ces difficultés, il faut ajouter les erreurs de saisie, car certaines personnes ont leur nom sur la liste mais leur date de naissance, leur profession et l’identité de leurs parents sont différentes de ce qui existe sur la liste.
Au 17 avril 2007, seulement 2514 cartes sur 24 345 affectées avaient été enlevées au centre Lafia depuis le début de l’opération.

Ce retrait, hélas peu significatif, a été possible grâce à « l’opération citoyenne jusqu’au bout », (une initiative de la société civile lancée dimanche dernier par le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné) par le retrait collectif avec le carnet de famille, le porte à porte et les différentes campagnes de sensibilisation des citoyens. « Hier et avant-hier nous avons reçu beaucoup de monde et on s’est senti souvent débordé », conclut Mme Koné.

Ogopémo Ouologuem
(stagiaire)

19 mars 2007.