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Du début de l’extraction de l’or au Mali à nos jours, les maliens attendent encore la couleur de leur or, en vain. L’espoir fondé autour du métal jaune s’effrite, car au delà du rang qu’occupe notre pays dans l’exportation du précieux sésame (3e pays exportateur africain après l’Afrique du sud et le Ghana), on a du mal à percevoir l’impact de l’or sur le quotidien des Maliens.

La nouvelle du retrait, par le gouvernement, de 71 permis de recherche octroyés à des sociétés minières aurait pu être favorablement accueillie par ces derniers, si tout cela avait un sens pour eux.

Au delà de cette indifférence des maliens vis-à-vis de l’or du Mali, il est impérieux, voire obligatoire que le gouvernement malien s’acquitte de son devoir d’informer le peuple sur des questions aussi sensibles que l’exploitation minière.

Or, jusque là, aucun membre du gouvernement, voire des services rattachés, comme la Direction Nationale de la Géologie et des Mines, n’a pipé un mot par rapport à l’annulation de ces permis. Même si on apprend que les sociétés incriminées sont ainsi frappées pour non-respect des clauses d’engagement.

La question qui se pose est de savoir si c’est maintenant seulement qu’on s’est rendu compte du non-respect de ces engagements. Il est difficile d’y répondre, car, pour qui connaît les rumeurs dans nos mines, tout porte à croire qu’on le savait depuis que les choses ne se déroulaient pas comme il se devait.

Le Ministre Ahmed SOW a donc hérité d’un département dont la conduite des affaires jurait avec la transparence. De ce fait, quand il était encore au département des Mines, l’ex-ministre Ahmed Diane Séméga était-il au courant que toutes les sociétés minières ne respectaient leurs engagements vis-à-vis du gouvernement malien ?

Alors, il urge qu’on établisse les responsabilités et du côté des sociétés minières, et du côté du gouvernement pour mieux assainir nos mines. De même, il faut une politique pointue de communication et d’information, puisque le droit à l’information est à la fois un des droits fondamentaux de l’Humain, et une exigence républicaine.

Et du moment que le Chef de l’Etat, en personne, a instruit au gouvernement de faire de la communication l’un des piliers de l’action gouvernementale, nul n’a encore le droit de se muer en silence pour peu qu’on a une responsabilité.

Adama S DIALLO

02 avril 2008.