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Les rebelles touaregs du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) ont pris dimanche 11 mars 2012 le contrôle d’un camp militaire à Tessalit. Un succès revendiqué par les rebelles tandis que l’armée malienne parle de « retrait stratégique ».

Les versions divergent d’ailleurs sur les conditions dans lesquelles le camp est tombé. Selon le MNLA, il y a eu plusieurs assauts, des combats, des victimes du côté de l’armée et des prisonniers. Le gouvernement affirme en revanche que les militaires ont évacué le camp en bon ordre, avec leurs familles et sans combats. Le bras de fer pour le contrôle de ce camp durait depuis plusieurs semaines.

Connue pour son célèbre festival de chameaux, la localité de Tessalit est également un poste stratégique. Ainsi, pour lutter contre l’insécurité dans le Sahel, au moins deux pays occidentaux ont voulu y installer une base militaire. Les autorités maliennes sollicitées contre espèces sonnantes et trébuchantes ont toujours répondu, fermement, par la négative.

A Tessalit, il y a une piste d’atterrissage capable de recevoir des hélicoptères mais aussi des avions gros porteurs. Et cette piste est située tout juste en face du camp militaire. Qui contrôle le camp contrôle donc cette piste qui fonctionne depuis plus de cinquante ans.

Tessalit est également un important carrefour : la localité est l’une des principales portes d’entrée vers le grand voisin du Nord, l’Algérie. Enfin, à partir de Tessalit on peut renforcer ou fragiliser le dispositif militaire du chef lieu de région, la ville de Kidal, actuellement sous contrôle de l’armée malienne.

Il n’y a pas eu de combat

Deux versions de la prise du camp militaire de Tessalit s’opposent. Tout d’abord celle du gouvernement. Joint à Alger, le ministre des Affaires étrangères, Soumeylou Boubèye Maïga, est catégorique : « Nous avons décidé de quitter le camp. Il n’y a pas eu de conquête car c’est nous mêmes qui avons décidé de faire évacuer le camp qui était assiégé depuis le 17 janvier. Nous avions tenté à plusieurs reprises de le ravitailler sans parvenir à nos fins…

La situation humanitaire se dégradait… Il fallait faire l’économie de pertes humaines inutiles d’autant plus que même si nous abandonnons le camp aujourd’hui, nous pourrons toujours le reprendre plus tard… Les militaires se sont mis en ordre d’évacuation, avec le matériel essentiel et les familles, et qu’ils sont sortis du camp sans combats… les forces adverses ayant constaté cette évacuation, elles n’ont pas engagé de combat… pour éviter les pertes humaines inutiles ».

L’Indicateur du Renouveau du 13 Mars 2012