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Quelques 140 migrants maliens en provenance de la Libye ont regagné le bercail dans la nuit du mardi au mercredi. Ces candidats à l’immigration clandestine rêvaient de traverser la méditerranée pour rallier l’Europe après un séjour dans les pays de transit dans des conditions inhumaines.

Parmi ces rapatriés, 4 viennent des centres de détention. Ajouter 17 enfants dont parmi 4 bébés, 7 malades dont 2 malades mentaux. Il y avait plusieurs mineurs.
Les rapatriés dénonçaient  les mauvaises conditions dans lesquelles ils vivaient en Lybie. Plusieurs témoignages font état de mauvais traitements, d’absence de soins, et des violences à caractère raciste. A leur arrivée, les migrants ont été accueillis et soutenus par nos autorités jusqu’à leur acheminement dans leurs localités respectives.

 «Leur rapatriement a été effectué grâce aux efforts du Gouvernement du Mali et à l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) », a souligné le chargé de mission du ministre des Maliens de l’Extérieur, Salif Sidibé. D’après lui, ces migrants seraient tous venus de la Libye. Il a indiqué, par ailleurs, que ces migrants qui ont volontairement accepté de retourner au bercail, recevront pour chacun d’eux une petite enveloppe pour pouvoir rejoindre leurs familles respectives. Ajoutant que ce rapatriement massif a été motivé par le l’OIM.

«Nous travaillons actuellement avec les autorités de la Libye pour recenser les Maliens qui sont dans ce pays. Nous allons également organiser leur rapatriement», précise-t-il. Aussi, il dira qu’ils sont des milliers à partir en Libye à la recherche d’une vie meilleure en Europe, en tentant de passer clandestinement par les pays africains comme le Niger, l’Algérie, le Maroc ou la Libye.

 «Nous n’étions pas au courant de l’esclavage en Libye. Mais nos collègues basés en Tunisie nous révélaient les conditions difficiles des subsahariens dans ce pays», a affirmé un des rapatriés, aux médias pendant leur arrivée mardi soir.
En effet, rappelons que cet engagement de l’OIM et des autorités maliennes pour le retour des migrants maliens intervient dans le contexte d’une forte indignation mondiale provoquée par la diffusion d’un reportage le 14 novembre par la chaîne américaine CNN.

En effet, cette enquête a démontré que des migrants africains désireux de rejoindre les terres européennes clandestinement, avaient été vendus par leurs passeurs pour des sommes allant de 500 à 700 dinars libyens (environ 400 dollars). Un commerce inhumain, pourtant en cours dans ce pays.

Adama Diabaté
L’Indicateur du Renouveau du 31 Août 2018