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C’est le samedi prochain que Soumeylou Boubèye Maïga signera son retour définitif à l’Adema. Ce come-back cacherait-il le retour de l’homme dans les girons d’ATT ? De sources proches du pouvoir, le retour en trombe au bercail de l’ancien premier vice président de l’Adema, avec en plus tous les honneurs, est une décision dans laquelle ATT a joué la facilitation, parce que le président a très mal ressenti la présence dans l’opposition de l’ancien Directeur Général de la Sécurité d’Etat. La participation de Soumeylou Boubèye Maïga aux négociations de Tripoli aura été une transition qui a précipité son retour à l’Adema, au moment où certains barons s’opposaient à cette décision, malgré une décision favorable de la conférence nationale du parti.

Le retour officiel dans la Ruche de Soumeylou Boubèye Maïga, Binta Yatassaye, Issa Diarra, Oumar Ag El Mehdi et Ibrahim Kantao sera célébré samedi prochain, au siège de l’Adéma-Pasj, sous la présidence de Dioncounda Traoré. A cet effet, une manifestation culturelle sera organisée par le chef des griots de Kita à Bamako, M. Magassi Tounkara et le chef des griots du district de Bamako, M. Ousmane Soumano. Selon nos sources, tous les préalables concernant le retour de Boubèye et de ses camarades ont été levés.

Au siège de l’Adéma, hier, un cadre du parti nous a fait savoir “qu’ils n’avaient pas besoin de la manifestation de volonté de leurs militants pour les rappeler dans le parti”. Toutes choses qui indiquent que les tractations ont évolué depuis la 9ème conférence nationale des Abeilles où le président du parti, Dioncounda Traoré, avait souligné : “dans le souci d’élargir sa base politique et électorale, le parti, dans une logique de dialogue et de pardon, est prêt à reconsidérer les sanctions pour ceux qui manifestent leurs désirs de revenir dans la famille”.

La condition posée à cet effet était supprimée depuis la levée des sanctions infligées à ces militants. On se rappelle que lors de sa réunion tenue le 2 avril dernier, la direction du parti avait décidé de lever les sanctions prononcées contre les militants suspendus sans tenir compte de leur souhait de revenir dans la Ruche.

La participation de Soumeylou Boubeye Maïga aux négociations de Tripoli aura été une transition qui a précipité son retour à l’Adema, au moment où certains barons s’opposaient à cette décision, malgré celle favorable de la conférence nationale du parti. C’est le samedi prochain que Soumeylou Boubèye Maïga signera son retour définitif à l’Adema.

Ce come-back cacherait-il le retour de l’homme dans les girons d’ATT ? De sources proches du pouvoir, le retour en trombe au bercail de l’ancien premier vice président de l’Adema, avec en plus tous les honneurs, est une décision dans laquelle ATT a joué la facilitation, parce que le président a très mal ressenti la présence dans l’opposition de l’ancien Directeur Général de la Sécurité d’Etat.

Selon nos sources, des personnalités proches du pouvoir auraient fait des pressions pour que le président de Convergence 2007 ne reste pas dans l’opposition. Ses avis récemment donnés à la presse internationale sur la crise du Nord ont fini par convaincre certains hommes de Koulouba qui n’hésitent pas à dire “qu’il n’est pas recommandé qu’un ancien directeur général de la Sécurité d’Etat soit membre du Front pour la Démocratie et la République”.

Donc, le retour de Soumeylou Boubèye dans la Ruche est un enjeu impliquant diverses parties. Même si les militants de l’Adéma-Pasj sont prêts à dire qu’il a reconnu ses faiblesses, il n’en demeure pas moins qu’il reste un élément important du dispositif capable de renforcer le parti.

Nul doute qu’au-delà de l’enjeu des élections communales, le parti s’est lancé à la conquête du pouvoir. Après avoir récemment enregistré des adhésions massives dont la dernière est prévue suite aux tractations avec les membres du Rassemblement national pour la démocratie (RND), l’Adéma-Pasj ne cache pas ses intentions de reprendre la première place politique du pays avec une écrasante majorité dans les institutions de la République.

Il convient, malgré tout, de signaler que sa percée à l’intérieur du pays se fait en même temps que celle de l’Union pour la République et la Démocratie qui continue d’enregistrer de nouvelles adhésions, notamment, par le biais des actions du ministre de la Santé, M. Oumar Ibrahim Touré.

La comparaison a fait sourire un cadre de l’Adéma-Pasj qui nous a déclaré, hier: “l’Adéma ne ressemble pas aux autres partis car il n’appartient à personne”. Cette allusion est faite aux partis dont le président apparaît comme l’unique “gestionnaire”, ce qui crée des divergences profondes à l’approche des échéances décisives.

C’est à ce titre qu’un militant de la Ruche a précisé qu’il ne pouvait y avoir de candidat naturel à l’Adéma et qu’aucun cadre n’était indispensable. L’explication, nous a-t-on dit, tient compte des candidats “dissidents” qui ont reconnu leur faiblesse après avoir quitté le parti. Mandé Sidibé, Ahmed El Madani Diallo, Soumeylou Boubèye, rappelle-t-on, n’ont récolté que des scores dérisoires lors de leurs candidatures aux élections présidentielles.

Pourtant l’Adéma-Pasj n’échappe pas à cette rivalité au sommet de sa hiérarchie. Les crises successives avec la naissance du Miria, du RPM et de l’URD sont significatives. Malgré tout, certains reconnaissent l’importance d’une personnalité comme Soumeylou Boubèye Maïga, membre fondateur du parti, ancien directeur général de la Sécurité d’Etat et ancien ministre de la Défense.

Baba Dembélé

22 avril 2008.