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La rébellion au Mali a prit des allures très inquiétantes ces dernières années, tant les attaques se succédaient avec des pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants. Par leurs actes, les rebelles ont constitué une menace pour les partenaires au développement et un handicape majeur au progrès socio-économique.

Par ces actes et les conséquences qui en résultaient, on ne pouvait comprendre que la question ne fut pas résolue rapidement. Pour beaucoup de Maliens, l’armée malienne ne disposait pas de moyens logistiques appropriés pour faire face aux assauts des rebelles. De l’autre côté, on refusait de croire au fait que toute une armée ne puisse faire face à des groupes de bandits armés, malgré leur mobilité sur le terrain.

Des commentaires et supputations

Il y a eu beaucoup de supputations et commentaires à ce sujet avant que les autorités du pays ne décident de prendre le taureau par les cornes. C’est justement à cause de la volonté et de la détermination persistante des plus hautes autorités du pays que la rébellion s’est prolongée depuis la reprise des hostilités à la veille des élections générales de 2007.

Enfin l’armée malienne s’est engagé résolument à mettre fin à la menace des bandits armés qui ne se battaient que pour leurs intérêts sordides, bref, leur jouissance, mais donnant l’impression de parler et d’agir au nom des communautés touarègues.

Les bases rebelles sous le contrôle de l’armée

Aujourd’hui, tout cela est relégué au passé, puisque l’armée malienne a pris ses responsabilités en mettant les rebelles hors d’état de nuire. Ainsi, toutes les bases importantes des rebelles sont sous le contrôle de la vaillante armée malienne qui veille désormais pour éviter le réveil des démons.

En effet, depuis un bon moment, les éléments de l’armée régulière ont entamé des opérations de ratissage des bases des bandits armés. Certaines ont été carrément détruites, d’autres sont sous le contrôle des forces armées. La moisson est constituée de rebelles faits prisonniers, de véhicules équipés, d’armes et de munitions. Toute chose qui démontre que les bandits armés avaient l’intention de sévir dans la durée.

Après les prouesses réalisées par notre vaillante armée dont certains avaient tendance à douter de son efficacité pour la conduite des opérations du genre, la paix est revenue dans le septentrion malien et les sceptiques ont compris que la poursuite des attaques des rebelles était moins due à l’inefficacité de l’armée malienne qu’à l’approche privilégiée par les plus hautes autorités du pays.


L’heure est à la vigilance

Cependant, il est nécessaire que les dispositions soient prises pour éviter le retour des rebelles, qui sont des gens sans foi ni loi et de surcroît hostile à tout développement des régions du nord. Leur comportement malgré la signature de l’Accord d’Alger en plus de l’existence du Pacte National en est une illustration éloquente.

Par ailleurs, certains expliquent la poursuite des hostilités des rebelles dans le septentrion malien par la pertinence de l’extraction prochaine du pétrole du sous sol malien. Cela est une donnée importante qui démontre à suffisance que l’heure est à la vigilance et au suivi afin d’éviter que les fossoyeurs de la République et de la démocratie, hostiles au progrès reprennent du service quelques mois après.

Le Mali, à l’instar d’autres pays voisins, doit tout mettre en oeuvre pour que le retour de la paix au nord soit durable dans l’intérêt de tous les Maliens. Cette insécurité a été à l’origine de vives tensions au sein de l’opinion publique nationale.

Des critiques et dénonciations, voire de la colère étaient devenues le lot quotidien, au point que certains étaient allés jusqu’à dire qu’il n’y avait plus d’autorité dans le pays. Aujourd’hui, tout cela n’est que de mauvais souvenirs que l’on doit oublier au file du temps.


Des efforts et attitudes a saluer

Aussi, il est nécessaire de saluer, en passant, les efforts soutenus des représentants des communautés dans les régions situées au nord du pays qui assurent depuis des années la médiation entre les autorités et les rebelles pour le retour de la paix dans le septentrion malien.

A ceux-ci s’ajoutent les représentants d’autres communautés qui, jusqu’ici, apprécient les efforts des autorités en faveur du développement des régions nord du pays et qui, un seul jour, n’ont pensé recourir aux armes pour revendiquer qui que ce soit.


La paix n’a pas de prix

La paix n’a pas de prix et elle est le socle du développement socio-économique harmonieux et durable, c’est pourquoi elle doit être entretenue et le seul combat qui vaut la peine d’être mené est celui contre la pauvreté, le sous développement, l’analphabétisme, les maladies, la corruption et la délinquance financière.

Avec la pérennisation de l’atmosphère qui prévaut actuellement au nord du pays, l’espoir renaît quant à la poursuite des actions de développement des différentes régions du nord dont les fonds sont d’ailleurs disponibles.

La sécurité, une condition de la multiplication des opportunités

Par la même occasion, les activités des touristes qui rapportent beaucoup fleuriront et seront de nature à attirer davantage d’investisseurs dans les régions concernées car, personne n’accepterait d’engager ses fonds pour des investissements dans les régions où règne l’insécurité, notamment avec des enlèvements fréquents de véhicules tout terrain qui étaient une prédilection des bandits armés.

Il importe donc que les efforts de toutes les composantes de la société, quelle que soit leur sensibilité, soient focalisés sur ces aspects pertinents qui sont de nature à consolider et développer les acquis pour une meilleure gouvernance démocratique au Mali.

C’est à cette condition que le Mali gagnera.


Moussa SOW

12 Février 2009