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Le mercredi, à son quartier général au camp Soundiata de Kati, le président du Comité national de redressement de la démocratie et de restauration de l’Etat (CNRDRE), le capitaine Amadou Haya Sanogo parlait du démarrage des travaux de la convention nationale ce jeudi 5 avril.

Dans sa déclaration face à la presse, le chef de la junte invitait les partis politiques légalement constitués et les acteurs de la société civile à se retrouver pour discuter de l’avenir du pays. Les conclusions de la convention nationale adoptées de façon consensuelle, devaient être déterminantes pour la conduite des affaires de l’Etat, selon le capitaine Sanogo.

La rencontre tant attendue n’aura finalement pas lieu au jour indiqué. Sa convocation est remise en cause par le Front pour la République et la démocratie (FDR). Celle-ci mise sur le retour immédiat à la vie constitutionnelle avec le retour des institutions de la République et le transfert du pouvoir au président de l’Assemblée nationale. Le FDR ne reconnaît pas au CNRDRE la compétence pour organiser un tel regroupement qui va consister à le légitimer.
Le CNRDRE a dû revoir sa copie en annulant purement et simplement la convention nationale du jeudi. Le motif invoqué est sa meilleure organisation pour une participation de tous les Maliens aux travaux. Aucune date ultérieure n’a été prévue pour sa tenue. D’aucuns doutent si cette rencontre n’est pas remise aux calendes grecs.

Après plus de deux semaines à la tête de l’Etat, les putschistes peinent à doter le pays d’organes dirigeants alors qu’ils refusent le retour des institutions républicaines. Dans le même temps, les Maliens souffrent avec l’embargo total décrété par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) entré en application le 2 avril 2012 à Dakar. La communauté internationale dont l’Onu emboîte le pas à la Cédéao en demandant le retour des institutions légitimes.

Abdrahamane Dicko

5 avril 2012