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Dans quelques jours s’ouvrira à Alger une rencontre déterminante entre l’Etat malien et la rébellion du nord Mali. En prévision à ce rendez-vous, le Médiateur algérien Abdelkrim Gheraieb doit relever un défi : celui d’amener les différentes composantes de la rébellion à parler le même langage, à libérer les otages et à inscrire toutes leurs actions dans l’Accord d’Alger dont le signataire est l’Alliance du 23 mai.

C’est pourquoi tous les chefs rebelles sont réunis à Alger et devront parler dans un bref délai avec leurs frères de Bamako. La marche vers la paix a commencé.

Ils sont enfin à Alger pour négocier la paix. Le médiateur algérien qui a repris le dossier, il y a un mois, aura réussi à mettre les belligérants autour de la table de négociations. Cette rencontre est le résultat de plusieurs semaines de diplomatie, aussi bien auprès des autorités de Bamako que des rebelles constitués de plusieurs groupes depuis l’assassinat du Commandant Barka le 11 avril dernier.

C’est à partir de cette date que les militaires touareg dans les unités spéciales ont quitté l’armée pour se reconstituer rebelles. Les unités spéciales ont été mises en place en application de l’Accord d’Alger du 4 juillet 2006, signé par l’Etat malien, la rébellion et le Médiateur, à savoir l’Ambassadeur algérien au Mali, Abdelkrim Gheraieb.

Depuis l’assassinat du Commandant Barka et de celui de l’Imam Mohamed Ag Mossa par des éléments jusque là non identifiés, ce fut la désintégration des unités spéciales et la constitution de plusieurs groupes rebelles qui ne se réclament pas de l’Alliance Touareg du chef rebelle Ibrahim Ag Bahanga. C’est dans ce contexte que surviennent les attaques de Aguelhoc, de Diabaly, de Goundam et celle très sanglante d’Abeibara où beaucoup d’éléments de notre vaillante armée sont tombés.

Face à la multiplicité des groupes rebelles, le travail du Médiateur ne relève certainement pas de la sinécure. Comment ramener tous ces groupes à parler le même langage avec comme maîtres mots, la trêve, le dialogue, la libération des otages, la paix ? Comment amener tous les groupes armés à s’inscrire dans le cadre de l’Accord d’Alger que certains ne reconnaissent pas ?

Comment les amener à abandonner des alliances identitaires pour se regrouper tous au sein de l’Alliance du 23 mai, afin de ne discuter qu’avec la seule, comme représentant légitime de la rébellion du nord ?

C’est au bout d’un travail de fourmi que le Médiateur arriverait à trouver une réponse appropriée à toutes ces questions. La relative accalmie observée au nord est annonciatrice du retour de la paix dans le septentrion malien.

C’est au bout de moult efforts que les représentants des différents groupes rebelles sont sur le point de coordonner leurs violons à Alger. La réussite d’une réunion des groupes rebelles dont les principaux tenants sont Ibrahim Ag Bahanga, Hassane Fagaga, Bâ Moussa Ag Mossa (frère de l’Imam Mohamed Ag Mossa, assassiné le 11 avril) et autres sera déterminante pour les négociations futures.

Le Médiateur ne mettra autour de la même table, l’Etat malien et les rebelles, que lorsqu’il sera sûr que les différentes sensibilités de la rébellion parleront le même langage. C’est dire qu’à ce niveau, certains réglages restent à faire. Ce qui est sûr l’avenir du nord Mali est en train de se jouer en ce moment au pays de Abdoul Aziz Boutéflika.

Loin des tintamarres d’une certaine presse qui ne roule que pour Koulouba et qui ne vit que pour tirer la couverture sur le pouvoir, au lieu d’informer ses lecteurs.

Depuis le retour du médiateur dans le dossier du nord, on assiste à une certaine médiatisation à outrance suivant un angle défini. Cette presse prête aux autorités de Bamako la paternité de la trêve observée par les rebelles et le retour à la table de négociations à Alger. En réalité, il s’agit d’un succès à mi-parcours de la médiation grâce à une implication sans réserve du Médiateur algérien.

Pour certains, la rencontre d’Alger est liée à la « destruction des bases de la rébellion ». Sans prendre certaines informations avec des pincettes, d’autres ont sauté sur l’information qui simulait la mort d’un chef rebelle au cours d’un ratissage de l’armée.

Cette information qui relève probablement de la manipulation sortie des laboratoires de la Sécurité d’Etat est restée dans le domaine des rumeurs. A l’état actuel de nos informations, nous avisons nos lecteurs du doute qui entoure de telles informations.


B. Daou

18 Juin 2008