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– Bamako fixe 3 préalables pour l’ouverture du dialogue

– La libération des otages
– Le démantèlement de toutes les bases terroristes
– La restitution des armes, munitions et véhicules enlevés.

Le Général Kafougouna Koné, ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, se rendra à Alger à partir du mercredi 16 juillet, dans le cadre de l’évaluation de l’Accord d’Alger du 4 juillet 2006 par les trois parties signataires ( état malien, bandits armés de la région de Kidal, facilitateur algérien). Ce sera sa deuxième visite dans cette ville en deux semaines.

La première remonte à fin juin. Officiellement, elle est présentée comme «une visite de contact».

Dans les faits, le Général Koné, signataire et gestionnaire de l’Accord d’Alger pour la partie malienne, a procédé à un état des lieux général dudit Accord avec les autorités algériennes en charge du dossier, sans avoir rencontré, durant les 72 heures passées à Alger, les représentants des bandits armés qui y ont trouvé refuge depuis la sévère déculottée qu’ils ont prise, les 3 et 4 juin, face aux troupes régulières commandées par le Colonel El Hadj Gamou.

On laisse entendre, toutefois, que le Général Koné serait revenu à Bamako avec deux doléances des mêmes bandits armés, transmises à lui par ses interlocuteurs algériens.

La première porte sur le rattachement du comité de suivi de l’Accord d’Alger à la Présidence de la République du Mali, en vue d’en accroître l’opérationnalité (actuellement, il est placé sous l’autorité du Gouverneur de Kidal).

Dans le même esprit, la seconde vise à attribuer la présidence du même comité de suivi à l’Algérie, ce qui équivaudrait à dessaisir le représentant de l’Etat qu’est l’Inspecteur Général de police, Mahamadou Diagouraga. On espère ainsi amener ce pays à s’impliquer plus activement dans la mise en œuvre des dispositions de l’Accord dont il est le parrain.

Quoi qu’il en soit, ces deux doléances ne seront d’actualité que lorsque s’ouvriront les discussions entre les trois parties. Ce qui ne parait guère acquis d’avance.

Le Général Kafougouna Koné part, en effet, à Alger avec, dans son porte-document, trois préalables arrêtés par le gouvernement : la libération de tous les otages aux mains de Bahanga ou d’autres bandes armées, le démantèlement de toutes les bases terroristes dans la région de Kidal, la restitution de toutes les armes, les munitions et de tous les véhicules militaires ou appartenant à de paisibles ONG, enlevés ou volés par des groupuscules armés.

Autant dire que le Général Kafougouna Koné retourne à Alger pour prendre acte de la reddition des bandits armés. Dans l’état d’affaiblissement et de déconfiture morale où ceux-ci se trouvent, cela n’est pas impossible.

Mais, avant de discuter du degré d’application de l’Accord d’Alger, ils cherchent d’abord à sauver leur tête. Quel sort sera réservé aux soldats qui se sont mutinés au point de donner la mort à leurs frères d’armes ?

Faut-il leur assurer un retour tranquille au sein des forces armées ou les faire passer d’abord par la Cour martiale, quitte à les faire amnistier ensuite par l’Assemblée nationale ? Quid de Bahanga, un civil qui a utilisé des mines anti-personnel pour tuer ou mutiler des forains innocents ? Et de ce comptable qui a fui avec la caisse de son entreprise pour se couvrir après du manteau de «rebelle» ?

Pour sûr, à Alger, si les préalables de Bamako sont acceptés, les débats devront porter sur toutes ces questions, prioritairement à une évaluation de l’Accord d’Alger qui n’est pas le souci premier des bandits armés et qui leur sert surtout d’alibi pour donner un semblant de légitimité à leurs actes criminels.


Saouti Labass HAIDARA

14 Juillet 2008