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S’il existe aujourd’hui un problème, sinon un véritable casse-tête pour les étudiants, les parents d’élèves et le gouvernement, c’est bien cette rétention de notes par le Syndicat National des Enseignants du Supérieur (SNESUP).

En effet, depuis un certains temps, les enseignants du Mali, notamment ceux du Supérieur, procèdent à la rétention des notes des étudiants pour, disent-ils, amener le gouvernement à satisfaire leurs doléances.

Cette forme de chantage, loin d’être un droit, ne fait que compromettre non seulement l’avenir des étudiants, mais aussi celui de l’Ecole malienne.

Faut-il le souligner, au Mali, le secteur de l’Education a toujours été considéré comme une priorité de l’action gouvernementale, en raison de son impact sur le développement et l’avenir du pays.

Le 15 juillet 2005, les acteurs de l’Ecole -dont le gouvernement, les syndicats d’enseignement, les parents d’élèves, et les étudiants- avaient signé un accord de partenariat pour une Ecole apaisée et performante.

Dans cet accord, les syndicats d’enseignants se sont engagés à faire observer, par leurs adhérents, les règles d’éthique et de déontologie de l’enseignement. Pourquoi alors cette rétention de notes ? Ne serait-il pas mieux d’adopter plutôt une autre stratégie de lutte syndicale ?

Dans tous les cas, pour ne pas compromettre l’avenir de ces jeunes étudiants, le Président de la République a maintes fois invité les enseignants à ne pas faire la rétention des notes d’examens, mais à privilégier d’autres voies de recours.


Quand le SNESUP tire trop sur la corde

Exception faite des étudiants du Supérieur, la rentrée académique 2007-2008 est effective dans tous les établissements fondamentaux et secondaires.

Aussi, depuis plusieurs mois, les étudiants du Supérieur ne savent plus à quel saint se vouer. Ils ont tous les yeux braqués sur les enseignants qui, en dépit des immenses efforts consentis par l’Etat, ne veulent pas remettre les notes à l’Administration.

Rappelons que presque tous les points de revendication du SNESUP ont obtenu satisfaction: seuls deux points constituent aujourd’hui la pomme de discorde. Il s’agit de la rémunération des tâches liées aux examens -dépouillement, calcul des notes…-, et la non régularisation des situations administratives de certains enseignants.

Parmi les points qui ont été satisfaits, on peut citer, entre autres, l’indemnisation de primes de logement (50 000 F) que les enseignants perçoivent sur leurs salaires, la surveillance qui était rémunérée à 2000FCFA par jour, et qui est ramenée à 5 000 FCFA, et la correction qui était rétribuée à 100FCFA par copie, et qui l’est aujourd’hui à 500FCFA.

Pour trouver une solution à cette crise qui est pourtant antérieure à sa nomination, le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, le Pr Amadou Touré, a rencontré le SNESUP le 6 Novembre 2007, dans la salle de conférence de son département. Ainsi, on apprend qu’au cours de cette rencontre, le principal point de désaccord -à savoir, la rémunération des tâches liées aux examens- a été débattu.

Dans sa doléance, le SNESUP avait demandé 150 000 FCFA pour lesdites tâches. Dans un premier temps, le gouvernement avait proposé 50 000 FCFA. Suite aux négociations, il a consenti un rajout de 10 000 FCFA, soit 60 000 FCFA en tout. Mais les enseignements ont catégoriquement refusé cette proposition.

Or, selon des sources proches de la Primature, pour l’heure, le gouvernement n’est pas en mesure d’y ajouter un centime, surtout que le budget d’Etat est déficitaire de plus de 72 milliards de FCFA.

Notons néanmoins qu’au Mali, cet accord du gouvernement, relatif aux tâches liées aux examens, est une première du genre. Seuls les enseignants de la Faculté de Médecine, de pharmacie et d’Odontostomatologie (FMPOS) recevaient ces primes, et cela, sur fonds de la faculté elle-même.

De l’avis de certains, le SNESUP doit, pour un début, accepter cette proposition du gouvernement qui, il faut bien le reconnaître, a fait un grand effort. Et peut-être qu’au fil du temps, les choses vont s’améliorer.

Tant que persistera cette pratique de la rétention des notes par les enseignants, l’Ecole malienne ne cessera de patauger dans la boue. Et c’est la responsabilité parentale de ces enseignants qui sera engagée.

Précisons, d’autre part, que ce sont seuls quelques syndicalistes, pilotés par Abdoul Mallé, retiennent toujours les notes; sinon, environ 80% d’entre eux ont déjà déposé les leurs.

Moussa TOURE

12 novembre 2007.