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L’URD, le CNID et SADI progressent L’ADEMA, le RPM, le PARENA, le MPR et les autres régressent La CODEM se retrouve dans la cour des grands

Les résultats provisoires définitifs des communales du 26 avril sont désormais connus. Il ne s’agit pas des données recoupées au niveau des formations politiques mais des résultats officiels du ministère en charge des élections, dirigé par le Général Kafougouna Koné. A analyser ces résultats, on remarque que l’ADEMA, le RPM, le CNID, le PARENA, le MPR et les autres ont tous régressé en terme d’élus. L’URD, le CNID, SADI ont fait une avancée significative et la CODEM a réussi une entrée spectaculaire dans le cercle des grandes formations politiques.

Les résultats des communales 2009 classent l’ADEMA en tête du scrutin avec 3157 conseillers soit 35,59% des suffrages exprimés contre 3 667 élus en 2004. Ce qui fait moins de 510 sièges pour les Abeilles.

L’URD occupe la deuxième place avec 1914 conseillers, soit 21,58% des votants contre 1 677 en 2004, ce qui fait une nette progression de 237 élus pour l’URD.

Le RPM qui se maintient à la troisième place avec 765 sièges soit 8,32% des suffrages exprimés régresse parce qu’en 2004 il possédait 1 596 sièges. Ce qui fait que, 831 élus manquent à l’appel.

Le CNID bouscule le PARENA à la quatrième place avec 484 sièges soit 5,46% des suffrages contre 412 en 2004. C’est dire que le parti du soleil levant a 72 élus de plus. Le PARENA talonne son frère ennemi avec 423 sièges soit 4,77% des votants contre 542 élus lors de la précédente élection.

Le PARENA recule donc en perdant 119 sièges.

La CODEM du jeune député Housseïni Guindo brûle également la politesse au MPR en s’adjugeant la sixième place au détriment du parti du tigre avec 409 élus soit 4,61% des votants.

Cette formation politique est l’une des benjamines de la classe politique et n’a pas pris part aux communales de 2004. Son leader est démissionnaire du RPM et il a réussi à subtiliser dans le pays dogon les structures des Tisserands.

Le MPR, l’un des perdants du scrutin avec seulement 361 sièges, soit 4,07% des suffrages a 19 élus de moins qu’en 2004.

SADI du Dr Oumar Mariko revient également de loin avec 247 conseillers soit 2,78% des votants contre 80 en 2004. Il fait une ascension fulgurante avec 167 sièges de plus.

L’UDD avec ses 156 élus et l’US-RDA avec seulement 119 conseillers sont en queue de peloton. Ces deux formations politiques poursuivent leur descente aux enfers.

Tous les autres partis lilliputiens confondus totalisent 836 sièges, soit 9,42% des suffrages exprimés.

Il faut préciser que ce résultat représente 8 871 conseillers des 10 716 sièges à pouvoir dans les 703 communes. Les 1 845 restants représentent les résultats obtenus par les Indépendants et les listes communes dont la répartition des sièges n’a pas encore été faite par le département en charge des élections.

Les grandes formations politiques pourraient donc voir leur nombre d’élus majoré. Ce qu’il faut également savoir, c’est que le taux de participation a atteint 46,08% hors de Bamako.

Au regard de ces résultats, on relève la progression de l’URD, du CNID, de la SADI et l’entrée fracassante de la CODEM dans la cour des grands.

Par contre, même si l’ADEMA reste premier en terme de classement, il n’en demeure pas moins qu’en nombre de sièges les Abeilles ont reculé à l’instar du RPM, du PARENA, du MPR et de bien d’autres partis politiques dans des proportions différentes.

Ce résultat prouve également que l’URD est en train d’abattre un grand travail politique, en améliorant ses différents scores électoraux depuis sa création en juin 2001.

A ce rythme, le parti de Soumaïla Cissé pourrait bien supplanter la formation politique de Dioncounda Traoré qui aura à trancher d’ici à 2012 la question de la candidature du parti à la présidentielle prochaine.

Au regard des ambitions souvent démesurées de certains responsables ADEMA, il ne serait pas étonnant qu’il y ait des incompréhensions voire des divisions au sein de la ruche.

Alors que tous ceux qui aspirent à diriger le pays en 2012, se mettent au travail, dès à présent. La politique n’est certes pas une science exacte mais c’est une science sociale dont les données suffisamment connues permettent de savoir ce que pourrait être demain. Tous les principaux acteurs politiques gardent intactes leurs chances, pourvu qu’ils se remettent au travail, le seul qui vaille et qui paye. A suivre.

Chahana TAKIOU

07 Mai 2009