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Les électeurs maliens étaient appelés aux urnes les 1er et 22 juillet 2007 pour élire les 147 députés de l’Assemblée nationale. Bien avant la tenue de ces scrutins, des formations politiques et les indépendants ont formé des listes communes de candidatures. C’est ainsi qu’on a constaté la formation des listes soit entre les formations politiques ou entre elles et des indépendants qui sont considérés sur papier comme représentant des partis politiques sur les listes desquels ils ont compéti, mais la réalité est tout autre à l’issue des élections.

En effet, dès la proclamation des résultats des décomptes des voix après la fermeture des bureaux de vote, les formations politiques, à travers leurs représentants au niveau des bureaux de vote, se sont attribuées des élus. C’est ainsi que le parti Adéma s’est attribué 55 élus, devant de ce fait la première force politique à l’Assemblée nationale, suivi de l’URD avec 36 députés et des indépendants avec 14 députés, du RPM avec 11 élus de la nation. Suivent ensuite les autres partis ayant obtenu moins de dix députés à ces législatives de 2007.

L’EFFET DES REQUETES

Mais avec la proclamation des résultats définitifs de ces législatives par la Cour Constitutionnelle les choses se sont présentées d’une autre manière et le parti ADEMA s’est retrouvé avec 51 élus, l’URD avec 35 ; le CNID 7, le MPR 8, l’US-RDA 1. Et ce changement est survenu après l’analyse de 100 requêtes sur les 250 déposées au niveau de la Cour Constitutionnelle.

Après ces résultats définitifs, la question qu’on se pose c’est de savoir quelle est la force réelle de ces formations politiques. Lorsqu’on sait que les représentants des partis politiques, surtout le parti ADEMA, qui se targuent d’avoir un nombre élevé d’élus savent qu’ils ne sont pas partis sur liste propre au niveau des circonscriptions électorales où ils ont emporté les élections législatives.

En tout cas, le parti ADEMA comme d’autres partis politiques, en plus des alliances avec des formations politiques, avaient des candidats indépendants sur leurs listes. C’était le cas dans la circonscription électorale de Ségou. Parmi les 7 députés de cette circonscription on comptait deux ADEMA, deux CNID, deux URD et un Mouvement Citoyen qui a été inscrit sur la liste ADEMA.

Ainsi, sur papier, le parti ADEMA a trois élus dans la circonscription électorale de Ségou alors que la réalité est tout autre. Cette réalité existe au niveau de plusieurs circonscriptions électorales. C’est pourquoi déjà, le Mouvement Citoyen s’attribue une vingtaine de députés. D’où vient cette vingtaine de députés du Mouvement Citoyen?

Sachant bien que ce mouvement n’est pas une formation politique, il ne pouvait présenter des candidats que sous les couleurs des formations politiques. Dans ce cas, les représentants du parti ADEMA peuvent-ils se vanter en âme et conscience d’avoir aujourd’hui 51 députés? La question reste posée.

DES ECLAIRCISSEMENTS D’ICI LA RENTREE PARLEMENTAIRE

Même s’il est la première force politique ses responsables doivent revoir réellement le nombre de députés élus pour cette législature avant que les choses sérieuses ne commencent, notamment, la mise place du bureau de l’Assemblée nationale, la formation des groupes parlementaires.

Surtout à un moment où le Mouvement Citoyen doit se transformer en parti politique, il faut s’attendre à ce que ce mouvement retire ses députés élus sur les listes des partis politiques. En ce moment, le nombre d’élus de plusieurs formations politiques sera réduit. Et l’opinion nationale saura exactement combien d’élus de chaque parti politique a obtenu.

En tout cas, tout cela sera éclairci avant la rentrée parlementaire d’octobre qui sera consacrée entre autres à la formation des groupes parlementaires, la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale.

Dado CAMARA

14 août 2007.