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Lancé le 6 mai 2005, le Programme restructuration et de mise à niveau des entreprises industrielles, deuxième objectif stratégique de la politique industrielle du Mali, a mené diverses activités depuis sa création, malgré un niveau très faible de mobilisation des ressources financières. En moins de deux ans d’existence, 28 entreprises ont formulé la demande d’adhérer au programme, sur lesquelles 21 ont eu la caution du Comité de pilotage.

Pour aider le secteur industriel à faire face au nouvel environnement international, marqué par la libéralisation totale des marchés mondiaux et l’érosion des préférences commerciales, le gouvernement a adopté, en janvier 2005, le Programme de restructuration et de mise à niveau des entreprises industrielles (PRMNE).

Rattaché au ministère de l’Economie, de l’industrie et du commerce, ce Programme a pour objectifs de relancer la production industrielle, d’améliorer la compétitivité et la productivité des unités industrielles et de renforcer la capacité des entreprises à suivre et maîtriser l’évolution technologique et à s’adapter aux exigences de l’intégration régionale et de la mondialisation.

La programme, bâti sur un principe de volontariat, est ouvert à toutes les entreprises nationales relevant d’un secteur jugé prioritaire et qui sont déterminées à s’engager dans une démarche de progrès. Ainsi, les unités industrielles qui y adhèrent bénéficieront de primes pour financer partiellement les investissements matériels (20 à 30 %) et immatériels (70%) qu’implique le processus d’amélioration de leur compétitivité.

De sa création au 31 décembre 2007, le PRMNE s’est doté d’un cadre institutionnel avant de s’atteler à l’examen d’éligibilité au programme.
Le comité de pilotage a, depuis lors, tenu huit sessions pour examiner les 28 demandes d’adhésion qu’il a reçues des entreprises.

21 unités industrielles ont vu leurs demandes validées : Comatex, Grande Confiserie du Mali, Grands Moulins du Mali, Société des eaux minérales du Mali, Koumalim SA, Fitina-SA, Sonatam-SA, Omnium-Mali SA, Terres cuites de Bamako, Compagnie commerciale industrielle du Mali, Société de moulage injection et plastique, Société malienne de fil, Société malienne d’industrie et du commerce d’articles de ménages en aluminium, BATEX-CI, SIGAZ, SIKA Mali Nouvelle, NBB, Unité de conditionnement des denrées alimentaires, Unité de production de fertilisant bactérien, Huillerie Alima Koné et Société de fabrication de coton hydrophile.

Seulement les 6% du coût total du programme mobilisés

Sur la même période, le Programme a réalisé vingt une études de pré diagnostic pour l’établissement de restructuration des termes de références, cinq études diagnostics de restructuration et autant de plans stratégiques. Dans le cadre du renforcement des capacités des acteurs du programme, il a été procédé à la formation des consultants locaux, des agents de l’administration et du bureau sur des modules comme le  » diagnostic stratégique « , le  » diagnostic opérationnel et technique « , le  » diagnostic financier et marketing « , le  » diagnostic organisation et ressources humaines « , le  » plan d’affaires, plan de restructuration et de mise à niveau évaluation des rapports de diagnostic « , l’informatique et l’évaluation.

Ces résultats encourageants font que le Mali est aujourd’hui une référence en là matière dans la sous-région, en témoigne le lancement dans notre pays, en juillet 2007, du Programme de restructuration et de mise à niveau de l’industrie des Etats membres de l’UEMOA.

Cependant, malgré ces efforts, force est de reconnaître que le niveau de mobilisation du financement du programme reste faible. Sur un coût global estimé à 5, 675 milliards de FCFA, le programme a mobilisé 342 millions de francs CFA, soit 6% seulement. Aunat dire que malgré les bonnes intentions affichées par l’ensemble des partenaires, la question de financement des activités du programme se pose avec acuité. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la réalisation des missions et nécessite une forte implication des différents acteurs.

Youssouf CAMARA

21 Mars 2008.