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Une minute de silence en mémoire du journaliste Oumar Bouaré a été observée au cours de la conférence de presse organisée par le groupe parlementaire de l’opposition, Paréna-Sadi. Elle avait pour objet d’informer la presse nationale et internationale sur la vision portée par les députés de l’opposition sur ce qui s’est passé cette année, lors des sessions de l’Assemblée nationale et sur les questions importantes de notre pays.

La conférence de presse était animée par le président du groupe parlementaire Paréna-Sadi, Me Hamidou diabaté, le docteur Oumar Mariko et le député Koniba Sidibé. Les élus, a indiqué Me Hamidou Diabaté sont les porte-voix du peuple, aussi bien à l’hémicycle qu’à l’extérieur du parlement. A l’entame de la législature, a souligné Me Diabaté, le groupe parlementaire de l’opposition avait fait une déclaration de politique en précisant ses axes de travail pour une durée de 5ans.

‘’ Nous avons dit que nous serons au côté du peuple et qu’ à cet effet, nous serons aux côtés des travailleurs des villes, des paysans, des ouvriers, des élèves et étudiants,des jeunes diplômés, des femmes confrontées aux mille difficultés de la vie, des commerçants qui sont victimes des monopoles qui faussent le jeu de la libre concurrence et qui font que certains s’enrichissent abondamment au détriment d’autres.

‘’ Le groupe parlementaire, a indiqué son président, avait clairement signalé qu’il interviendra par des questions orales, par des interpellations et qu’il déposera des propositions de loi.

Il a rappelé que lors du vote du budget, il a élaboré, avec des cadres, un document important passant au peigne fin le budget. Au cours des débats, a-t-il rappelé, ils se sont battus fortement pour que ce budget ne soit pas adopté puisqu’il ne prenait pas en compte les intérêts de notre pays.

‘’Le budget comprenait des erreurs qui n’allaient pas tarder à apparaître clairement’‘ a-t-il ajouté. Le groupe parlementaire de l’opposition s’est rendu compte que des coupes sombres ont été faites dans le document et qu’ensuite la réalité pratique du terrain leur a donné raison, notamment concernant la gestion des finances publiques. La politique du budget, est selon lui, important parce qu’il va déterminer le sens des recettes, des dépenses et celui du contrôle qui doit être fait.

La déclaration de politique générale du gouvernement a été, aussi étudiée, par l’opposition parlementaire. ‘’ Nous nous sommes dits que cette déclaration n’est pas capable de résoudre les problèmes du Mali. ‘’ a déclaré le président du groupe Paréna-SADI. L’opposition avait souligné qu’il fallait un autre programme.


CSLP, une autre politique était possible

Me Hamidou Diabaté a critiqué la DPG qui équivaut au PDES qui n’est autre que le CSLP II. Il a laissé entendre que ce sont les mêmes raisons qui ont empêché le CSLP d’atteindre ses objectifs qui feront que le CSLP II n’atteindra pas ses objectifs. Les calculs faits par les autorités politiques du pays, a-t-il dit, ne sont pas des calculs raisonnables.

Il a fait savoir que le taux de croissance attendu était excessif et ne correspondait pas à la réalité : ‘’ Les difficultés auxquelles le pays est confronté, a-t-il indiqué et la réalité pratique nous donnent aujourd’hui raison… nous avons dit qu’une autre politique était possible et montré qu’on pouvait aller par une autre voie, mais, nous n’avons malheureusement pas été entendus.

‘’ Pourtant le groupe parlementaire de l’opposition a voté la majeure partie des projets de loi, a-t-il dit, prouvant, du coup, qu’ils ne sont pas une opposition fermée, aveugle mais une opposition républicaine, respectueuse des institutions pour que la démocratie fonctionne pour le plus grand bien de notre peuple. L’opposition, a-t-il expliqué, vise comme objectifs de faire profiter à tout le monde les bénéfices engrangés et non de laisser une minorité s’en accaparer.

Ce combat consiste, a-t-il précisé, à faire profiter les populations démunies, les femmes et les jeunes des richesses du pays et de soutenir un programme de création d’emplois, de petits barrages, d’espaces irrigués pour l’agriculture et des intrants moins chers.

Il a souligné qu’ils ont combattu le projet de privatisation de la CMDT avec un argumentaire scientifique imparable. ‘’Le projet a été voté et nous sommes convaincus qu’il ne va pas dans le sens des intérêts de la filière coton de notre pays ‘’, a soutenu Me Hamidou Diabaté.

L’opposition parlementaire, a signalé Me Hamidou Diabaté, continuera donc ses luttes contre les privatisations mal réfléchies. Le docteur Oumar Mariko est revenu sur la formation des groupes parlementaires de l’opposition, d’abord constitués du Paréna et du SADI qui furent ensuite rejoints par le RPM qui était déjà présent au sein du bureau de l’Assemblée nationale.

Concernant le règlement intérieur, a souligné Oumar Mariko, l’opposition s’est battue pour que le temps consacré aux questions orales soit fixé à 90 minutes mais la majorité l’a ramené à 60 minutes. La direction de deux commissions, la commission contrôle et la commission des Affaires étrangères leur ont été confiées.

Il était important, a-t-il laissé entendre, que l’opposition soit informée de la gestion des comptes de l’Assemblée nationale. Il a souligné que l’opposition parlementaire a fait des interpellations, posé des questions orales à travers sa personne et celle de Béridogo.


Le sort des soldats tombés au nord

Le docteur Oumar Mariko a fait observer qu’il a déposé une proposition de loi relative aux générations de feux, proposition qui traite des militaires tombés au Nord -Mali dont les familles sont abandonnées après la signature des accords. Il a signalé que le groupe parlementaire de l’opposition compte déposer d’autres propositions de loi.

Me Diabaté, au cours des débats avec les journalistes, a précisé que la mention de haute trahison faite par le député Mariko est une appréciation politique qui ne fait que caractériser un comportement, dans une Assemblée nationale qui est un lieu de formation politique et non un lieu de débats insipides.

Le premier ministre Modibo Sidibé, lors de sa rencontre avec le Paréna, le parti Sadi et le RPM n’a pas répondu à la question relative aux passations de marchés de gré à gré, concernant les engrais, un curieux mutisme qui corrobore les déclarations de l’opposition.

Le député Koniba Sidibé a expliqué les arguments qu’ils ont soutenus pour ne pas faire adopter ce projet de loi. Il a fait savoir que la CMDT sera liquidée après la privatisation des filiales. Il a signalé que le gouvernement voulait une privatisation bâclée sans cahier de charges.

Il a, aussi, contesté le schéma de la privatisation des sociétés qui ne sont pas rentables. La rentabilisation des filiales, a-t-il dit est un objectif irréalisable. Car aucun investisseur, dans les précédentes privatisations n’a fait les investissements prévus. Ces investisseurs, sont prêts, a-t-il assuré, à se débarrasser des sociétés, si elles ne sont pas rentables.

Il a tenu à expliquer que c’est la filière coton qui coûte cher à l’Etat et non la CMDT. De ce fait, parlant du déficit de la CMDT, il a fait la part de la mauvaise gestion et celle des subventions qui sont incontournables. Faut-il liquider la filière coton qui a généré des milliards pour l’Etat ? Koniba sidibé estime que ce n’est pas juste à l’égard des paysans qui se sont tant sacrifiés.

Pour Mariko, la mafia est constituée, par les personnes, dont fait partie Bakary Togola, qui ont pris en otage le marché des intrants agricoles et des marchés de grés à grés surfacturés. Oumar Mariko a souligné qu’il ne fait pas partie des commanditaires de l’incendie de l’Assemblée nationale en 1993 et que par ailleurs, il ne tient pas à faire la publicité de Yaya Sangaré n’a pas le même niveau de compréhension que lui. Le docteur Mariko a fait la genèse de leur rencontre avec le Premier ministre.

C’est le groupe parlementaire de l’opposition, a-t-il affirmé, qui avait demandé de rencontrer le Premier ministre. Ensuite, ils ont demandé que le groupe soit élargi à la direction des partis politiques. Le Premier ministre a alors décidé d’inviter l’opposition.

La formation d’Oumar Mariko a estimé que l’opposition était plurielle mais pas uniforme, car le parti SADI n’est membre d’aucun regroupement et que si Modibo Sidibé voulait inviter l’opposition, il devait les convier séparément.

Le SADI est néanmoins en train de travailler dans le sens de la dynamique unitaire de l’unification et même, pourquoi pas, a-t-il ajouté, de la fusion. Il est pour l’unité idéologique de l’opposition. A l’Assemblée, a-il rappelé, l’opposition est allée avec la même voix et a voté toutes les lois dans le même sens.

Baba Dembélé

05 Aout 2008