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Elle s’inscrit dans un programme global et coûtera 450 millions de Fcfa à l’État

Enfin ! ont dû s’exclamer tous ceux qui sont attachés à la réhabilitation du Fort de Médine, à l’annonce du lancement des travaux à la mi-décembre 2006.

Cet impressionnant ouvrage militaire a été construit en 1855 par le colonel Faidherbe. Situé à 12 km de la ville de Kayes, il constitue l’une des premières constructions du conquérant français sur notre territoire.

Les travaux ont été lancés par Cheick Oumar Sissoko, ministre de la Culture en présence de N’Diaye Ba, ministre de l’Artisanat et du Tourisme et de nombreux autres invités. Ils devront prendre fin en octobre 2007.

Les travaux porteront, dans un premier temps, sur la réhabilitation du Mess des officiers, le bâtiment principal qui se trouve aussi être le plus grand, car il est à deux niveaux.

Longtemps délaissé parce que considéré comme le symbole de la conquête coloniale, le Fort de Médine a été classé en 1992 monument national. Malgré son importance architecturale, le Fort de Médine est dans un état de dégradation avancé.

Les toits de plusieurs édifices sont effondrés. Seuls quelques ouvrages secondaires tiennent comme l’ancienne école des otages, qui continue de recevoir les élèves et leurs maîtres du fondamental.

Les bâtiments de la gare, de la poudrière et de la prison sont aussi encore couverts.
Mais leurs toits sont envahis par des plantes herbacées qui rendent difficiles l’écoulement des eaux de pluies.

Plusieurs murs, notamment le rempart en pierres sèches, qui ceinture le Fort, présentent de larges fissures et sont infestés par des insectes, des rongeurs et des reptiles.

La restauration vise entre autres à enrayer le processus de dégradation du Fort afin de l’intégrer dans le circuit touristique. Étant donné qu’il renferme un pan entier de l’histoire récente de notre pays, il peut également être exploité au plan éducationnel.

Ces travaux qui vont s’étaler sur dix mois permettront la mise en état du premier bâtiment réalisé par le colonisateur français au Soudan. Les matériaux locaux, briques, pierres, chaux seront utilisés pour cela.

Les travaux qui vont s’étaler sur 10 dix mois seront exécutés par l’entreprise Askia Construction avec la supervision des ingénieurs français.

Michel Bélanger expert conseiller technique pour les travaux de rénovation estime que l’aspect original du Fort sera préservé. Ce serait presque à l’identique, a estimé l’ingénieur qui n’est d’ailleurs pas à son coup d’essai, car il déjà restauré deux bâtiments similaires au Sénégal notamment à Thiès.

Après le Mess des officiers, la Tour de guet, l’école, la gare et les murs d’enceinte seront complètement restaurés, a assuré Cheick Oumar Sissoko. En effet, son département vient d’obtenir du budget spécial d’investissement la somme de 450 millions de Fcfa pour cet important travail. Mais l’investissement sera étalé sur trois exercices budgétaires nationaux.

Cette rénovation constitue ainsi un ambitieux projet de développement pour la localité de Médine car il relance déjà l’économie locale. « Ces travaux permettent de rompre la monotonie avec les aller et retour des camions de transport des matériaux, des ouvriers« .

En effet, les travaux vont couvrir une superficie de 11 hectares. En plus de la remise en état du bâtiment principal et des accessoires du Fort, d’autres infrastructures sociales (mosquées, écoles, un campement) seront réalisées.

Ce patrimoine, n’eut été la réalisation du local de la mairie dans sa cour, allait être classé patrimoine mondial par l’UNESCO. Il fut construit en 1855 par Faidherbe qui y soutint un siège de plusieurs mois (avril-juillet 1857) contre les troupes d’El Hadj Oumar.

C’est à partir de Médine que les Français poursuivront leur pénétration au Soudan. Le Fort a servi pendant la seconde guerre mondiale en 1940, d’abri à une partie des réserves d’or de la Banque de France.

Après avoir posé la première pierre, le ministre de la Culture, Cheick Oumar Sissoko a laissé entendre que « le Mali est un pays qui tient à son patrimoine. Devoir de mémoire, devoir de préservation, nous devons enseigner à nos jeunes ce parcours extrêmement élogieux« .

Pour sa part, N’Diaye Ba s’est dit très comblé car c’est la concrétisation d’un rêve pour tous les Kayésiens particulièrement pour ceux de Médine. C’est ici qu’a été réalisé la première école du Soudan français, la première église donc c’est un lieu très important. Qui s’intègre dans un circuit avec les parcs du Baoulé, les chutes de Gouina, du Felou, le barrage de Manantali, le Bafing et la Bagoé. C’est un circuit touristique qui se met en place.

Y. DOUMBIA

L’Essor du 29 janvier 2007.