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Mag’Femmes : Restaurants étrangers à Bamako : Une alternative au chômage

Les propriétaires de ces fast-foods recrutent sur place des jeunes filles pour effectuer la plonge ou pour assurer le service

Depuis quelques années ces établissements poussent dans notre pays comme des champignons. Les propriétaires de ces fast-food sont chinois, vietnamiens libanais. Ils sont aussi Africains. Ils viennent du Togo, du Sénégal, du Nigéria. Ces amis étrangers entreprenants ont inondé le marché de la restauration malienne. Ils font de « bonnes affaires » pour eux même d’abord et pour le plaisir de leurs clients. Actuellement, il ne s’agit pas d’être riche pour manger à sa fin. Dans ces restaurants installés dans les coins et recoins de la capitale les mets sont variés. Les prix sont très abordables, même s’ils varient, selon que le restaurateur soit Asiatique ou Africain.

L’un des avantages de ces restaurants est le fait que le charretier ou le maçon peut y manger les mêmes plats à côté du riche commerçant ou de l’entrepreneur renommé. Ces établissements servent souvent de « cachette » à ceux qui ne s’acquittent quotidiennement pas du prix des condiments, et qui se limitent juste au montant qu’ils ont dans la poche. « Je reconnais que je mange ici à bon prix et je goûte des mets d’autres pays. Cette chaîne gastronomique proposant des menus des contrées lointaines du reste du monde n’existait pas chez nous avant. Il fallait se rendre dans d’autres pays pour se rendre compte du contenu des assiettes de leurs populations », a expliqué le mécanicien Ousmane Daou. Cet ouvrier est un fidèle client du restaurant « chez Sam » en commune VI. Il ne tarit pas d’éloges pour ces restaurateurs. Le gourmet Ousmane est convaincu qu’ils « font du bien à de nombreux Bamakois ».

Le second avantage de ces restaurants tenus par des étrangers est que les propriétaires recrutent sur place de la main d’œuvre pour effectuer les petits travaux. Ce personnel est essentiellement constitué de jeunes filles de l’intérieur du Mali. Elles émigrent à Bamako à la recherche de travail. La plonge ou le service dans la salle du restaurant résorbent le chômage des jeunes paysannes attirées par Bamako, le miroir aux alouettes.

Être en règle. L’établis-sement « Chez Sam » est la propriété d’une ressortissante du Nigéria âgée d’une quarantaine d’années. Elle est arrivée à Bamako en 2008 en compagnie de son jeune frère et d’une nièce. Elle a ouvert son restaurant dans un coin très animé du quartier. Les clients se rassasient de mets nigérians ou de plats maliens.

La nigériane a requis l’anonymat. Elle avoue qu’elle fait de « bonnes affaires » depuis qu’elle a commencé ce travail au Mali. Le gain journalier est consistant. « Je n’ai pas rencontré de difficultés financières. Mon business marche vraiment bien. Dieu merci ! », confie -t – elle souriante. Elle ajoute que « le Mali est un pays qui ne tourmente pas l’étranger. Il suffit d’être en règle avec les autorités ».

Elle reconnaît que ça marche chez elle, parce qu’elle se fait aider dans sa tâche quotidienne par des aide-ménagères maliennes. Elle emploie trois filles. Chacune perçoit un salaire mensuel de 15.000 Fcfa. Ces servantes travaillent de 08 heures à minuit, voire au-delà.

La servante Djénéba Doumbia est âgée de 21 ans. Elle est originaire de Kouremalé. Elle travaille « chez Sam » depuis deux ans. Elle sert les plats, débarrasse les tables des assiettes pour les laver. Au même moment le frère ou la nièce de la propriétaire du restaurant se relaient au comptoir, où les clients passent leurs commandes.

A la différence de Djénéba, la ressortissante de Bla, Assétou, s’occupe des commandes de boissons. « Le salaire est maigre, mais il est régulièrement payé » reconnaît-elle. « Le seul problème est que nos patrons ne comprennent pas notre langue. Même cette barrière se brise. Chaque partenaire comprend quelques mots-clés de la langue de l’autre » conclut Assétou. Le « Coin bleu », est l’entreprise créée par un Togolais d’une trentaine d’années. Il emploie trois jeunes maliennes. Mais à la différence de « chez Sam », chacune a deux jours de repos et perçoit 17.500 Fcfa. « La qualité » du service est-elle le souci de la servante Fatimata ?

Elle répond : « vous n’avez qu’à constater par vous même, et si vous n’êtes pas convaincu vous interrogerez les clients. Je ne suis pas bien placée pour répondre à cette question ». Belle pirouette !

Le Togolais exige avant tout recrutement à ses futurs employés de comprendre le français, lui même ne maîtrisant pas le bambara. Autre restaurant, autre réalité. Nos pas nous conduisent chez une jeune vietnamienne qui n’a pas dévoilé son identité. Elle vend des sandwichs, des nems à emporter et des jus de fruits. Trois jeunes filles sont employées par le restaurant vietnamien. Deux sont originaires de Ségou et la dernière de Kayes. Elles travaillent six jours par semaine, du lundi au samedi pour 15.000 Fcfa chacune.

Le travail consiste à frire les nems, les emballer dans du papier aluminium avant de les remettre aux clients. Les serveuses ont la charge de nettoyer aussi les ustensiles. Kadidia Koné juge que son salaire est faible par rapport au temps qu’elle passe au travail.

Même si c’est pas beaucoup, la Vietnamienne paie le salaire à la fin du mois sans problème. C’est une différence de taille entre elle et mes anciennes patronnes maliennes », atteste Kadidia. Mais, elle a mis l’accent sur l’exigence de sa patronne. Lorsqu’une employée casse une assiette, la patronne n’hésite pas retenir le prix sur le salaire.

Les restaurants gérés par des étrangers sont bien accueillis par l’opinion publique bamakoise. Ces établissements contribuent à résorber le chômage des jeunes venant des villages. Les élèves et étudiantes en vacances dans la capitale pourraient investir le créneau au grand soulagement des parents. Même si le salaire ne suit pas toujours. Qu’elles se souviennent de cet extrait de la fable, « le laboureur et ses enfants » de Jean de la Fontaine. « Travaillez, prenez de la peine : c’est le fonds qui manque le moins ( …) le tavail est un trésor ». Et il n’existe pas de sot métier.

Mohamed Traoré


Entretien des cheveux : Comment lutter contre la crasse ?

Aujourd’hui, les couches de crasse s’entassent sous les cheveux de beaucoup de femmes faute de soins. Selon un adage « la beauté d’une femme repose dans ses mains ». Pourquoi, la chevelure des femmes amasse-t-elle des crasses ? Nous avons posé cette question à certaines promotrices de salon de beauté et de soins corporels. En effet, la plupart des élégantes ont recours aux produits cosmétiques pour faire pousser leurs cheveux.

La promotrice de salon Harmonie, Ana Wattara explique que la cause de la crasse sous les cheveux réside dans le mauvais usage du shampooing. Si les cheveux recèlent des restes de mousse de champooing après un mauvais rinçage, il se forme une couche sur la peau du crâne. La crasse est contagieuse. Par exemple, si deux personnes utilisent une même serviette, alors que l’une est porteuse de crasse, elle peut contaminer l’autre. L’esthéticienne Ana propose sa recette pour combattre la crasse. Elle conseille aux élégantes l’application de la crème top brasse. En utilisant ce tube de façon quotidienne, on peut se rassurer d’être à l’abri de la crasse.

Alimata Terra est promotrice du salon « Etoile beauté ». Sa méthode de lutte contre la crasse est toute autre. Mme Théra traite avec un champoing. Elle utilise un démêlant et un élément naturel qui est le fruit appelé « avocat ». Au bout de trois séances de traitement par mois qui coûtent 15 000 Fcfa, la femme soucieuse est complètement guérie de la crasse, affirme Aminata Théra.

La séance se déroule de la manière suivante. Elle applique le mélange de crème et d’ « avocat » sur les cheveux pendant 30 minutes. Ensuite, les cheveux sont lavés avec de l’eau tiède et séchés à l’aide d’un séchoir. Après, l’esthéticienne applique une autre crème sous les cheveux séchés. Cependant, certaines personnes ont des crasses compliquées. Il leur faut consulter un médecin spécialiste.

De l’avis d’une pharmacienne de la place, les officines pharmaceutiques vendent plusieurs produits contre les crasses. Le plus répandu est le « kloran » une crème très efficace contre la crasse. Elle est appliquée trois fois par mois. Pendant le traitement, il faut éviter l’usage de démêlant qui empêche la crème de produire les effets escomptés.

Fatoumata Cissé

vendredi 10 août 2012,

Essor