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«Les organisations d’employeurs africains face au défi de la responsabilité sociale des entreprises». Tel est le thème du 1er Forum sous-régional de réflexion des organisations d’employeurs francophones d’Afrique sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) qui s’est ouvert hier jeudi 23 août pour deux jours au Libya Hôtel de l’Amitié à Bamako. Ladite rencontre est organisée par le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) en collaboration avec le Bureau international du travail (BIT) et l’Organisation internationale des employeurs (OIE). L’objectif majeur est de dégager une stratégie africaine commune pour promouvoir la responsabilité sociale des entreprises du Continent, quelque petites que soient celles-ci.

Quel est le rôle du monde économique dans la société ? Où s’inscrit la responsabilité sociale des entreprises ? Peut-elle engager la responsabilité juridique des entreprises ? Est-il nécessaire de légiférer dans ce domaine ? C’est à ces questions que tentent de répondre, depuis hier, les participants de douze pays – Bénin, Togo, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Niger, Cameroun, Sénégal, Tunisie, Gabon, Maroc et Mali – au 1er Forum sous-régional de réflexion des organisations d’employeurs francophones d’Afrique réunis à Bamako au Libya Hotel de l’Amitié. Avec pour objectif principal d’engager la réflexion en Afrique sur le rôle de ces organisations dans la promotion de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et de ses enjeux.

Plus spécifiquement, il s’agit d’«améliorer les connaissances sur la responsabilité sociale des entreprises et faciliter les échanges d’expériences et de bonnes pratiques ; explorer les incitations possibles pour une plus grande acceptation de la RSE par les entreprises africaines, notamment les PME… ; susciter une réflexion collective des organisations d’employeurs sur leur rôle et leurs responsabilités et renforcer leurs compétences pour une plus forte implication dans la promotion de la RSE ; créer sous forme de réseau électronique un forum d’échanges et d’expériences en matière de RSE».

Selon les termes de référence du Forum, «en théorie, la responsabilité sociale des entreprises est un concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales et environnementales dans leurs activités économiques et dans leurs interactions avec les parties prenantes internes et externes sur une base volontaire».

Pour Moussa Balla Coulibaly, président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), l’intérêt de la rencontre de Bamako réside dans le fait que la notion de responsabilité sociale des entreprises n’a pas été largement débattue a fortiori adoptée avec pour objectif une stratégie commune d’intervention. Le thème, question diversement appréciée selon la perception que l’on a du rôle de l’entreprise dans la société, est un «sujet qui prend de plus en plus de l’importance dans les débats sur l’entreprise et son rôle dans le développement». Et ce forum s’inscrit dans la volonté des organisations patronales de l’Afrique «d’œuvrer de manière à pouvoir accompagner les entreprises dans les défis que celles-ci rencontrent dans le processus de leur développement».

Pour autant, la responsabilité ne doit être considérée ni comme une alternative à la réglementation ni comme relevant du seul domaine des compagnies multinationales. C’est dire que le concept doit aussi concerner les petites entreprises africaines. Pour lesquelles la nécessité s’impose d’adopter, à leur tour, la démarche volontaire d’adhésion aux grandes lignes du «Pacte mondial».

C’est aussi l’avis de M. Haïdara, directeur des bureaux sous-régionaux de l’Organisation internationale du travail (OIT) pour le Sahel à Dakar et Abidjan, du secrétaire général de l’Organisation internationale des employeurs (OIE) à Genève, Antonio Penalosa, représenté par le président du patronat du Niger, Amadou Ousmane, et de Francis Sanzouango, représentant le président du Bureau des activités pour les employeurs au Bureau international du travail (BIT) à Genève.

A rappeler qu’en plus du «Pacte mondial», il y a eu plusieurs initiatives, notamment de la part de l’OIT, qui a proposé un cadre de réflexion sur la question avec l’adoption, en 1977, de la «Déclaration tripartite sur les principes concernant les entreprises multinationales et les pratiques sociales». Sans compter la «Déclaration de 1998» qui contient les normes internationales du travail, les objectifs internationaux en matière de protection de l’environnement et la bonne gouvernance adoptés dans le cadre d’une stratégie concertée et durable de la promotion de la «citoyenneté» des entreprises.

Pour sa part, Maharafa Traoré, secrétaire général du ministère de la Fonction publique, de la Réforme de l’Etat et des Relations avec les institutions, présidant la cérémonie d’ouverture des travaux à la place du ministre Badi Oud Ganfoud, a estimé que les entreprises ne doivent pas seulement être guidées par la recherche du profit : «Là où les droits fondamentaux des travailleurs sont respectés, le développement durable a plus de chance d’être réalisé».

Au programme du Forum, qui privilégie l’approche interactive pour aboutir à la perception africaine et aux actions de promotion de la responsabilité sociale des entreprises, l’on note la position de l’OIE sur la RSE, les initiatives et actions en matière de RSE avec les cas d’Orange Mali, de la SNIM (Mauritanie), d’AngloGold Ashanti Mali SA et la certification de la RSE avec le témoignage du groupe Veritas.

Des recommandations seront également dégagées dans le cadre d’un document dénommé «Déclaration de Bamako» avant la clôture des travaux dans la mi-journée d’aujourd’hui.

Zoubeirou MAIGA

24 août 2007.